WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Argentine / économie / Récession

Macro-économie / Taux
Argentine / économie / Récession

L’économie argentine évolue toujours sur un fil / Javier Milei doit encore faire le plus dur

L’objectif du nouveau président argentin d’en finir avec le déficit public est en bonne voie d’être atteint pour cette première partie d’année, cependant les chantiers restent immenses pour mener à bien sa réforme de l’économie. Gouvernant sans le soutien d’une majorité des députés, il doit également arriver à calmer la grogne sociale.
Javier Milei, le président argentin, a commencé à procéder aux coupes dans les dépenses publiques promises lors de sa campagne. Tomas Cuesta / Getty Images South America / Getty Images via AFP
Javier Milei, le président argentin, a commencé à procéder aux coupes dans les dépenses publiques promises lors de sa campagne. Tomas Cuesta / Getty Images South America / Getty Images via AFP

Les jours passent et le mal argentin demeure. Alors que cela fait désormais près de trois mois que Javier Milei préside aux destinées de l’Argentine, l’ampleur de la tâche reste immense pour celui qui avait fait campagne en proposant un virage radical. Il avait réussi à rassembler autour du rejet d’années de péronisme et son constat que la classe politique argentine avait largement échoué à réformer le pays a convaincu ses compatriotes.

Bruno De Moura Fernandes, responsable de la recherche macroéconomique chez Coface, a confié à WanSquare qu’il "n’était plus possible de tirer encore sur un système arrivé à bout de souffle, comme les gouvernements successifs l’ont fait à tour de rôle." L’économiste nous avait rapporté, lors de la présidentielle, que le seul coût des mesures populistes de Sergio Massa, alors ministre de l’Économie, pour tenter de se faire élire était chiffré à hauteur de 1,5 point de Produit intérieur brut (PIB).

 

Court terme

 

Les premières semaines au pouvoir de Javier Milei ne lui ont pas permis de changer la face de l’économie, cependant il a réussi à juguler à court terme l’expansion des dépenses publiques. Un constat partagé par Ariel Emirian, chef analyse macroéconomique de Société Générale, qui observe que "pour la première fois depuis longtemps, le pays a été capable d’afficher un excédent budgétaire. Cette situation est cependant largement due à des coupures dans les dépenses publiques ainsi qu’à la création d’arriérés auprès de ses fournisseurs".

Les succès dont se targue Buenos Aires sont également dus à un phénomène bien particulier, Ariel Emirian soulignant que "les revenus publics bénéficient également de l’inflation qui les fait gonfler mécaniquement ". Concernant les bonnes nouvelles potentielles pour l’économie argentine, le chef analyse macroéconomique de Société Générale note "que la récolte agricole du 1er trimestre devrait être relativement bonne, mais pas spectaculaire pour autant". Le Fonds monétaire international est d’ailleurs peu optimiste pour cette année, tablant sur une récession de 2,8 % du PIB argentin.

 

Nœud gordien

 

Bruno De Moura Fernandes voit également l’économie sud-américaine se contracter cette année, de l’ordre de 2,5 %, et explique à WanSquare que "cela pourrait aller beaucoup plus bas ". Les maigres succès de Javier Milei étant difficiles à répliquer, tout particulièrement sur la question des restrictions des changes. L’économiste de chez Coface nous rappelle que "l’administration a pu réunir 10 milliards de dollars et en attend 15 autres pour rendre libre la conversion entre le peso et le dollar. Pourtant un tel choix serait très risqué et chez le gouvernement il existe une peur que les dettes de la Banque centrale envers les banques du pays soient converties en dollars."

Engagé dans un bras de fer avec les gouverneurs de régions, le président tente de leur couper les vivres pour faire des économies considérables. Bruno De Moura Fernandes y voit "un des principaux problèmes pour Javier Milei, il aura besoin du soutien des députés inféodés à ces gouverneurs pour faire passer ses textes de loi visant à déréguler l’économie". Des concessions financières ne sont également pas à exclure dans les prochaines semaines.

 

Aller jusqu’au bout

 

Un soutien politique plus large qui serait le bienvenu pour Javier Milei, alors que plusieurs de ses mesures récentes pourraient rapidement devenir impopulaires. L’économiste de chez Coface nous détaillant qu’il y a eu dans le même temps "la remise en place de l’impôt sur le revenu et une actualisation des retraites moindre que l’inflation. Du fait de l’envolée de l’inflation depuis décembre, les retraités ont perdu sur un an près de 30 % de leur pouvoir d’achat en terme réel ".

Conséquence de ce consensus politique difficile à établir, la dollarisation de l’économie et la suppression de la Banque centrale ne sont plus à l’ordre du jour dans un avenir proche. Ariel Emirian indique qu’en 1991 "il avait été possible de le faire (ancrage sur le dollar, ndlr), on partait alors cependant d’un niveau beaucoup plus haut en termes de niveau de vie et un consensus politique plus important était réuni ". Cette expérience avait d’ailleurs été abandonnée avant la fin du siècle, face à l’appréciation du billet vert.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article