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Worldline / Wilfried Verstraete

Worldline face au chantier de sa transformation / Wilfried Verstraete, désigné successeur de Bernard Bourigeaud, à la manoeuvre

Choisi pour succéder à Bernard Bourigeaud à la présidence du conseil d’administration de Worldline, Wilfried Verstraete devra relever le défi de la transformation du spécialiste des paiements électronique, confronté à un environnement devenu adverse. Il se retrouve d’ores et déjà à pied d’œuvre au sein du comité stratégique, au moment où le groupe et le Crédit Agricole lancent leur coentreprise spécialisée dans les services monétiques, après avoir obtenu le feu vert de Bruxelles.
Wilfried Verstraete va prendre la présidence de Worldline - Photo by ERIC PIERMONT / AFP
Wilfried Verstraete va prendre la présidence de Worldline - Photo by ERIC PIERMONT / AFP

C’est un défi de taille qui attend Wilfried Verstraete à la tête de Worldline. Tout juste coopté au conseil d’administration du groupe en vue de sa prochaine nomination comme président, celui qui a dirigé l’assureur crédit Euler Hermes pendant douze ans arrive à l’aube d’une transformation majeure pour le champion français des paiements. Un chantier dont la nécessité s’est imposée brutalement à la fin de 2023, alors que le groupe s’est retrouvé pris entre l’enclume d’un contexte macroéconomique détérioré, et le marteau du durcissement réglementaire du secteur face à la montée de la cybercriminalité.

Le premier se traduit par une moindre consommation des ménages, et le second par l’arrêt des services proposés par Worldline auprès d’une partie de son portefeuille de clients. Les deux fragilisant un modèle économique indexé sur le nombre de paiements effectués au travers des solutions du groupe. C’est ce cocktail qui a soudainement sauté aux yeux lors du spectaculaire avertissement sur résultats lancé par le groupe en octobre dernier.

Une situation à laquelle Worldline a commencé à apporter de premières solutions d’urgence, avec le lancement début février de son plan de transformation "Power24", qui doit aboutir à une diminution d’environ 8 % de ses effectifs. Le but étant de renforcer la compétitivité en réduisant les coûts. Et tandis que le chantier de réorganisation débute à peine, le groupe va pouvoir le mener à bien avec le soutien et sous la protection du Crédit Agricole, entré à son capital à hauteur de 7 %. Sachant que les liens renforcés entre la banque verte et Worldline sont également de nature opérationnelle. Les deux groupes viennent de recevoir l’autorisation de Bruxelles à la création de leur entreprise commune dans le domaine des services monétiques aux commerçants en France, un projet dévoilé il y a près d’un an. Ils ont ainsi annoncé mercredi la naissance de leur entreprise commune, qui devrait être opérationnelle en 2025, celle-ci étant détenue à hauteur de 50 % du capital plus une action par Worldline et consolidée par intégration globale.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la nomination de Wilfried Verstraete, immédiatement à pied d’œuvre puisque déjà intronisé au comité stratégique et d’investissement du board de Wordline ainsi qu’au comité des nominations conduisant les travaux d’évolution du conseil, dont il est prévu que le nombre d’administrateur soit ramené de 15 à 12 lors de la prochaine assemblée générale de juin prochain. Wilfried Verstraete prend ainsi la succession de Georges Pauget, président du conseil d’administration par intérim depuis le décès en décembre dernier de Bernard Bourigeaud, le fondateur d’Atos.

Sa mission sera de redonner une orientation stratégique à long terme à l’entreprise. Car si le groupe envisage 2024 comme une année de transformation devant lui permettre de pivoter vers un modèle opérationnel plus optimisé et plus agile, la manière dont il compte atteindre ses ambitions à moyen terme mérite d’être éclaircie. D’autant que celles-ci – croissance organique du chiffre d’affaires à un chiffre de milieu à haut de fourchette et amélioration continue de l’excédent brut d’exploitation ajusté à partir de 2024 notamment – sont jugées ambitieuses par les analystes et les investisseurs. Des réponses seront attendues lors de la journée investisseurs prévue au second semestre 2024 et dont la date n’a pas encore été arrêtée.

Avant de présider le directeur d’Euler Hermès de 2009 à 2021, Wilfried Verstraete, de nationalité belge, a aussi été directeur financier d’Allianz Global Corporate & Specialty après avoir dirigé l’assureur-crédit Atradius, de 2004 à 2006. Il a par ailleurs travaillé de 1996 à 2004 au sein de France Télécom où il a successivement occupé les fonctions de directeur financier de Mobistar en Belgique, de Wanadoo à Paris et d’Orange à Londres.

Wilfried Verstraete est diplômé en économie de l’Université Libre de Bruxelles (VUB). Il a un mastère de gestion financière des entreprises de la Vlaamse Economische Hogeschool de Bruxelles et est un ancien élève de l’International Executive Program de l’Insead.

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