WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / défaillances d'entreprises / Banque de France

Entreprises / Actions
défaillances d'entreprises / Banque de France

Un vent de défaillances souffle sur l’immobilier et la construction / L'effet de rattrapage ne fait pas tout

Les défaillances d’entreprises se situaient toujours sous les moyennes enregistrées avant la pandémie à la fin du mois de mars, il n’empêche que leur progression suit son cours. Certes, l’effet de rattrapage en est une des raisons. Mais n’est pas le seul coupable : le ralentissement de la croissance économique joue aussi son rôle.
(Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Jusqu’où ira le rattrapage des défaillances d’entreprises ? Il semblerait en tout cas qu’il suive son cours. Le nombre de défaillances d’entreprises reste toujours inférieur à son niveau moyen tendanciel mesuré sur la période pré-pandémique, mais s’en rapproche et poursuit son mouvement de rattrapage, a fait savoir la Banque de France en publiant son bulletin mensuel sur le sujet. A fin mars, le nombre provisoire et cumulé de défaillances sur les douze derniers mois a atteint 58 287, contre 59 342 en moyenne sur la période 2010-2019. Mais par rapport à mars 2023, cela représente tout de même une hausse significative de 27,2 % des défaillances d’entreprises.

 

Évidemment, tous les secteurs de l’économie ne sont pas logés à la même enseigne. En termes de progression, la hausse des défaillances est particulièrement marquée dans celui des activités immobilières. Les 2 126 cessations d’activités qui y ont été recensées sur les douze derniers mois font valoir une progression de 43,7 % sur un an (et de 7,2 % au regard de la période 2010-2019). La construction rencontre la deuxième progression la plus importante, avec une hausse de 33,6 % des défaillances sur un an (mais en baisse de 15 % par rapport aux moyennes enregistrées avant le Covid-19). La Banque de France en recense 12 478 sur douze mois à fin mars 2024. 

 

 

 

Le ralentissement de l’économie en cause

 

 

Rien de bien étonnant, dans la mesure où les deux secteurs pâtissent d’une crise désormais bien installée. Car si la progression des défaillances d’entreprises reste à mettre en relation avec le rattrapage de leur retard observé pendant la période Covid, en raison des aides publiques qui avaient permis à un certain nombre d’entreprises de garder la tête hors de l’eau (près de 50 000 défaillances en moins avaient été enregistrées sur la période 2020-2023), le ralentissement actuel de l’économie joue aussi son rôle, rappelle la Banque de France. La construction reste par ailleurs suivie de près par de nombreux autres secteurs en termes de progression ( + 32,4 % dans les activités financières et d'assurance, + 30,6 % dans les transports et l'entreposage), tandis qu'en termes de valeur, le commerce et la réparation automobile prend la tête du classement avec 12 523 défaillances enregistrées sur douze mois à fin mars 2024.

 

Sur le plan de la taille des structures, les petites et moyennes entreprises (PME)  restent les plus touchées. En leur sein, les microentreprises représentent la quasi-intégralité des défaillances, soit 53 311 sur 58 231. Mais la progression la plus notable chez les PME est à observer du côté des TPE, avec une hausse de 54,3 % des défaillances sur un an. Preuve que le mouvement de rattrapage et que le poids de la conjoncture restent difficiles à porter pour toutes les entreprises, les plus grandes d’entre elles ne semblent pas épargnées par la dynamique : les défaillances d’ETI et de grandes entreprises ont progressé de près de 70 % sur un an, pour un total de 56 sociétés – contre 33 à fin mars 2023.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article