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Le Medef veut une Europe qui entreprend / Des propositions pour revenir dans la compétition internationale
Patrick Martin n’avait cessé de le marteler pendant sa campagne à la présidence du Medef l’année dernière : "Nous voulons investir le champ des idées et notamment au niveau européen. L’Europe sera l’une des priorités de mon mandat", déclarait-il alors dans un entretien accordé à WanSquare. C’est donc dans ce contexte que le président du mouvement patronal, accompagné de Fabrice Le Saché, vice-président en charge de l’Europe (une nouvelle fonction voulue par Patrick Martin), a présenté ce mardi matin les 30 propositions du Medef à destination du futur exécutif européen qui sera choisi à l’issue des élections du 9 juin prochain.
Remédier au décrochage européen
Des propositions issues d’un tour de France entrepris par l’organisation professionnelle entre décembre 2023 et avril 2024 et au cours duquel 1 200 chefs d’entreprise dans tout le territoire ont été entendus. "La création de l’Europe est à l’origine un projet économique (la CECA, la Communauté européenne du charbon et de l’acier). Nous sommes convaincus que la prospérité économique est la condition de la réussite de l’Europe. L’Europe est le premier marché mondial avec 450 millions d’habitants. C’est aussi le premier espace commercial au monde, la Chine s’y intéressant de plus en plus fortement. Mais il nous semble que les décideurs européens ne prennent pas suffisamment la mesure que l’Europe doit s’inscrire dans la compétition internationale", a expliqué Patrick Martin, en introduction de ses propos devant la presse, s’appuyant sur quelques chiffres, selon lui, très parlants. "Nous constatons un décrochage alarmant de l’Europe par rapport aux États-Unis. Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro ne représente que 57 % de celui de son homologue américain. Pourtant, le Vieux continent dispose de tous les moyens pour réussir. L’Europe doit prendre conscience de ses forces. Nous voulons une Europe qui se projette vers l’avenir", a-t-il insisté.
Un fonds souverain européen pour les technologies stratégiques
Ainsi, les propositions sont réunies en huit têtes de chapitres. "Huit défis pour huit réponses du Medef ", a indiqué Fabrice Le Saché. Parmi ceux-ci, le Medef réclame, sans surprise, un choc de simplification incluant par exemple la systématisation du "test PME" et des "tests compétitivité", pour améliorer l’efficacité de la norme. "Entre 2017 et 2022, ce sont 850 nouvelles obligations européennes qui ont été introduites pour les entreprises, soit plus de 5 422 pages de réglementation, et avec bien souvent du reporting à faire en plus. Cela a représenté une charge administrative estimée à un coût de 4 % du PIB", a rappelé le vice-président du mouvement patronal qui a toutefois souligné la prise de conscience de la Commission européenne sur le sujet. "L’année dernière, Ursula von der Leyen a promis une réduction de 25 % des normes européennes. Nous attendons toujours aujourd’hui le résultat ", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le Medef milite pour une Europe de la production avec la création d’un fonds souverain européen au service des technologies stratégiques et représentant 10 % du budget annuel de l’Union européenne (contre 12 milliards d’euros seulement aujourd’hui). "Un dispositif qui doit engendrer, par effet de levier, jusqu’à 200 milliards d’euros d’investissements privés", a insisté Fabrice Le Saché, plaidant aussi pour la création "d’un Buy European Act".
Une Europe stratège
Concernant la transition énergétique, l’organisation patronale souhaite voir adopter une directive bas carbone afin de "sanctuariser la reconnaissance de la diversité et la complémentarité des solutions bas carbone, l’application concrète du principe de neutralité technologique, et le rôle primordial de l’innovation dans la transition écologique". "Il faut laisser l’innovation au marché. L’Europe ne peut pas déterminer seules les technologies pertinentes pour les années à venir. Les États-Unis, par exemple, grâce à l’Inflation Reduction Act (IRA), passent par l’incitation plutôt que par la norme. Nous souhaitons donc une Europe qui soit davantage stratège, une réflexion qui vaut aussi pour la France", a déclaré Patrick Martin, qui s’est défendu de tout euroscepticisme. "Nous ne voulons pas moins d’Europe, mais mieux d’Europe", a-t-il assuré. Enfin, le Medef souhaite lui aussi voir se développer l’Union des marchés de capitaux, pour financer les entreprises et leur compétitivité.
Pour l’heure, et en attendant les résultats des prochaines élections européennes, l’organisation patronale organisera le 18 avril prochain un grand débat autour de sept têtes de liste françaises. Le Medef va aussi démarrer d’ici les prochaines semaines un grand tour d’Europe pour rencontrer cette fois-ci ses homologues patronaux.
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