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Nouveau nucléaire : EDF n’y arrivera pas seul / Un indispensable financement partagé avec l’État à trouver en 2024

Auditionné par la Commission d’enquête sénatoriale portant sur la production, la consommation et le prix de l’électricité aux horizons 2035 et 2050, Luc Rémont est revenu sur les investissements indispensables à prévoir dans le cadre du programme sur le nouveau nucléaire voulu par le président de la République, Emmanuel Macron, soit les 6 EPR 2 qui doivent être livrés à partir de 2036. Selon le patron d’EDF, des discussions avec l’État auraient démarré en vue d’un financement partagé, avant une décision finale d’investissement qui devrait intervenir en fonction de la Commission européenne en 2025.
Luc Rémont, président-directeur général d'EDF (©Photo by Matthieu RONDEL / AFP)
Luc Rémont, président-directeur général d'EDF (©Photo by Matthieu RONDEL / AFP)

De l’aveu même de Luc Rémont, président-directeur général d’EDF, le programme du nouveau nucléaire représente un défi colossal. "Nous sommes aujourd’hui en phase d’ingénierie, d’études. Il est important de bien identifier les capacités à construire et à fabriquer en série les EPR 2. Le temps de construction est l’un des facteurs de réussite de ce programme", a-t-il confié aux membres de la Commission d’enquête sénatoriale sur l’électricité.

Mais Luc Rémont sait aussi que la technique ne fera pas tout. Encore faudra-t-il financer ce programme. Or, si à ce jour, selon le patron d’EDF, 2 milliards d’euros de fonds propres (portés à 3 milliards d’euros d’ici la fin de l’année) ont déjà été engagés par le groupe, ce dernier a bien conscience qu’il ne pourra pas le financer seul. "Aucun site de production en Europe n’est réalisé sans financement public. Nous sommes dans un environnement de marché qui fait que la fluctuation des prix affecte la capacité à lever les financements nécessaires sans forme de garantie publique. Le risque principal est que nous parlons de montants colossaux (plus de 50 milliards d’euros pour 6 EPR, ndlr) à lever sur les marchés financiers, cela dépasse largement la capacité de ce qu’une entreprise peut lever. Cela concerne tout le secteur, il n’y a donc pas de raison qu’EDF fasse exception à la règle ", a-t-il rappelé.

C’est donc dans ce contexte que l’entreprise a entamé des discussions sur les modalités de financement de ce projet avec l’État. "L’idée étant d’avoir une aide proportionnée aux besoins de définir un niveau de risque acceptable pour l’État tout en associant nos partenaires financiers ", a ajouté Luc Rémont. Des discussions qui devraient durer, selon lui, tout au long de l’année 2024, pour aboutir à une première décision commune sur les conditions de lancement du programme entre le conseil d’administration du groupe et l’État. "Nous espérons donc pendant cette période pouvoir trouver un financement avant de passer à la phase de discussions avec la Commission européenne dans le cadre des autorisations des aides d’État qui devrait ensuite aboutir, en 2025, à la décision d’investissement finale ", a expliqué le dirigeant.

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