Evenements / Veolia / Traitement de l'eau / PFAS / Déchets dangereux / Etats-Unis
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Veolia / Traitement de l'eau / PFAS / Déchets dangereux / Etats-Unis
L’éveil de conscience de l’Oncle Sam a tout pour donner des ailes à Veolia / Des ambitions de croissance à la hauteur des enjeux de santé et de dépollution des Etats-Unis
Si les États-Unis sont l’une des patries de Veolia depuis 1869, c’est bien seulement au cours des cinq dernières années que le groupe y a connu sa croissance la plus spectaculaire en doublant. En 2023, le chiffre d’affaires a atteint dans le pays les 5,4 milliards de dollars, soit 11 % des revenus globaux de l’entreprise (49 milliards de dollars). Une performance qui est venue confirmer les États-Unis comme le deuxième marché du groupe, après la France, et sur un total de 44 pays où Veolia est présent depuis son rapprochement avec Suez.
Objectif : doubler
Et pour les années à venir, les ambitions du géant mondial de l’eau et des déchets sont immenses. "L’objectif est de doubler notre taille aux États-Unis d’ici 2030, d’y faire progresser de 50 % le chiffre d’affaires et de gagner 200 points de base de rentabilité des capitaux investis (ROCE) d’ici 2027", a fièrement annoncé la directrice générale de Veolia, Estelle Brachlianoff, qui nous avoue passer désormais beaucoup de temps outre-Atlantique, lors d’un événement organisé à New York ce jeudi et auquel WanSquare a été convié. Des objectifs qui s’inscrivent dans la droite ligne du nouveau plan stratégique couvrant la période 2024-2027, "GreenUp" et reposant sur ce que la dirigeante nomme des "boosters" de croissance déjà identifiés comme les technologies de l’eau et le traitement des déchets dangereux.
Pour y parvenir, certes, le groupe possède déjà aux États-Unis des fondamentaux solides. Outre ses nombreux actifs répartis à travers le pays, il est le 1er du secteur s’agissant des services de l’eau, d’assainissement et de technologies d’eau, et 3e sur l’eau régulée et le traitement des déchets dangereux. Mais Veolia entend aussi profiter de ce qu’il semble être une prise de conscience environnementale collective qui s’opère depuis quelque temps aux États-Unis. Une enquête réalisée par l’entreprise montre, en effet, que les Américains attendent des actions : "plus de la moitié d’entre eux sont convaincus que le changement climatique et les pollutions qui en résultent peuvent détériorer leur santé et leurs conditions de vie ", a expliqué la directrice générale.
Des solutions indispensables
En conséquence, le marché américain des services à l’environnement est en pleine expansion, représentant environ 25 % du marché mondial. " Une croissance due à la réindustrialisation stratégique, à la rareté de l’eau et aux problèmes de pollution, ainsi qu’aux enjeux de santé publique. Une croissance qui par ailleurs est soutenue par une réglementation ambitieuse, comme le Chips Act visant à relocaliser les usines de semi-conducteurs, ou l’Inflation Réduction Act (IRA) pour les usines de batteries, le tout avec des politiques d’investissements. Sans oublier que le 10 avril dernier, de nouvelles normes nationales obligatoires d’eau potable concernant les substances chimiques, PFAS, (marché de la décontamination estimé à 200 milliards de dollars) ont été adoptées", a détaillé Estelle Brachlianoff.
Autant d’outils qui doivent permettre à Veolia d’être idéalement positionné pour être "le chaînon manquant qui fait le lien entre la demande de protection en matière de compétitivité, de souveraineté, de santé et d’équilibre des écosystèmes et l’offre de solutions", a-t-elle poursuivi. De fait, pour mener à bien toutes ces activités, les industriels ont besoin d’eau pure, de traitement d’effluents pour obtenir une licence d’opérer, etc. "Par exemple, il faudra environ 375 millions de m3 d’eau sur l’ensemble de la chaîne de valeur pour produire un térawattheure de capacité en batterie aux États-Unis en 2030. Une tonne de lithium, c’est 1,5 million de m3 d’eau ", nous rappelle la directrice générale.
Un modèle à exporter
L’on notera cependant que Veolia n’a pas attendu la réglementation pour se montrer proactif.
A New York, le groupe a commencé à travailler, dès 2019, en étroite collaboration avec les autorités locales pour lancer un plan robuste de gestion des PFAS pour les puits d’eau potable, anticipant ainsi les normes élaborées par l’État de New York et l’Environmental Protection Agency (EPA) pour ces substances chimiques. De plus, l’entreprise a également installé des solutions de traitement pour des puits d’eau potable du New Jersey, via son usine de traitement des eaux de Haworth, que WanSquare a visitée, soit la plus grande usine d’eau potable de Veolia en Amérique du Nord. "La lutte contre la pollution par les PFAS est un exemple concret de la manière dont Veolia apporte des solutions écologiques innovantes au défi de la dépollution. Aux Etats-Unis, où la réglementation a évolué plus rapidement qu’en Europe, nous avons plus de 50 projets additionnels à différents stades pour répondre aux nouvelles normes. Avec notre expertise mondiale dans les technologies de pointe du traitement de l’eau, les Etats-Unis représentent un réservoir d’expertise dont pourraient bénéficier toutes nos géographies où la réglementation a évolué favorablement," a déclaré Estelle Brachlianoff.
Dans le même esprit, à Port Arthur, près de Houston au Texas, c’est l’une des meilleures installations thermiques des Etats-Unis de Veolia sur le traitement des déchets dangereux qui est installée.
Et pour la directrice générale, quel que soit le résultat de la future élection présidentielle de novembre, et même si selon Marty Durbin, senior vice-président policy de la Chambre de commerce des Etats-Unis "des clauses de l’IRA seront certainement modifiées ", l’ambition de Veolia restera à 100 % validée.
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