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Technologies de l’eau : Veolia s’apprête à prendre une belle longueur d’avance sur le marché / Une nouvelle offre PFAS dont l’ambition se chiffre déjà en milliard
Quelle meilleure ville que celle aux 123 sources thermales pour parler de l’eau ? Après Londres en début d’année pour présenter le plan stratégique GreenUp et discuter énergie, et New York au printemps sur le thème des déchets dangereux, c’est à Budapest que Veolia a décidé de dévoiler les ambitions de son troisième booster de croissance : les technologies de l’eau.
Il faut dire que le groupe, historiquement présent en Europe, y a hérité, dans le cadre du rachat de l’ex-Suez, du site d’Oroszlany, en Hongrie, l’une de ses trois usines mondiales (il y en a une autre dans le Minnesota et une en Chine) spécialisées dans les solutions de traitement de l’eau, et la plus grande de technologie membranaire au monde. La "Rolls" des usines rattachée à la division mondiale Water Technologies, pilotée par Anne Le Guennec. Pour mémoire, celle-ci a enregistré à fin 2023 un chiffre d’affaires de 4,7 milliards d’euros (réparti de manière équilibrée entre les différentes zones géographiques, les business line et les marchés) et est une activité rentable avec 534 millions d’euros d’Ebitda.
Forte de plus de 4 400 brevets sur les technologies d’eau et premier dépositaire en Europe, l'entreprise dispose déjà d’une base de clients solide, venus de tout horizon : 20 % sont des municipalités, 80 % des industriels. Ces derniers sont de fait les principaux acteurs confrontés aux problématiques de l’eau, que ce soit pour des questions de licence d’exploitation ou de conformité à la réglementation. Le secteur des mines pour le lithium ou celui de la microélectronique, sont par exemple très consommateurs d’eau, mais il y a aussi les secteurs de la pharmacie (GSK, Pfizer et Johnson & Johnson sont déjà clients), de la cosmétique, des data centers (Amazon) ou de l’agroalimentaire (Unilever, Nestlé, etc).
Et avec une demande croissante en solutions innovantes de traitement d’eau – si bien que le marché représente aujourd’hui environ 220 milliards d’euros, en progression constante de 2 à 3 % par an – c’est donc logiquement que Veolia compte aller plus loin, et surtout plus vite, en capitalisant sur tous ses savoir-faire. "Nos clients doivent avoir la même capacité de services d’eau, où qu’ils se trouvent dans le monde. Or, nous sommes capables de délivrer toutes les solutions, des plus simples aux plus complexes, nécessitant toute sorte de traitement jusqu’à l’eau ultrapure, l’idée étant de ne pas simplement s’engager sur un projet mais bien d’accompagner sur le long terme notre client", a expliqué Anne Le Guennec. Ainsi, le groupe vise une croissance entre 6 à 10 % par an, "soit trois fois plus vite que le marché", a annoncé la directrice générale du groupe, Estelle Brachlianoff.
Pour y parvenir, le groupe a identifié cinq activités prioritaires : le traitement des micropolluants dans l’eau potable, le traitement biologique avancé et réutilisation des eaux usées, la récupération des sels et métaux stratégiques, l’eau ultrapure et les modèles durables de dessalement. "Ces offres devront générer un milliard d’euros d’ici 2027. Mais cela sera complété notamment par la rétention des clients, et des acquisitions sélectives, de taille modérée dans les nouvelles technologies et la santé. Notre business model est gagnant. Tout cela nous permettra de générer une augmentation d’environ 10 % de l’Ebitda et de 300 points de base entre 2023 et 2027 de la marge d’Ebitda", a précisé Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances et des achats de Veolia.
Ce n’est pas tout. Veolia a également annoncé ce jour le lancement d’une nouvelle offre, "BeyondPFAS". Une stratégie pionnière voulue clé en main tout au long de la chaîne pour gérer les polluants éternels. "Qui va du diagnostic, à la définition du besoin, jusqu’à l’envoi en usine de traitement des déchets dangereux, soit l’illustration parfaite de notre capacité à combiner l’ensemble de nos expertises", a détaillé Estelle Brachlianoff. Et là encore, c’est un milliard d’euros de chiffre d’affaires qui est visé sur cette activité d’ici la fin de la décennie, soit une croissance multipliée par 20 d’ici 2030.
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