Macro-économie / Taux / Fonds norvégien / Résultats trimestriels
Macro-économie / Taux
Fonds norvégien / Résultats trimestriels
Cet hiver, le Fonds norvégien a engrangé 100 milliards d’euros sur ses placements / Les valeurs technologiques n’y sont pas pour rien
Les performances des marchés actions font les affaires du Fonds norvégien. La valeur du plus gros fonds souverain mondial a progressé de 12% au cours du premier trimestre, ce qui représente une augmentation de 166 milliards d’euros. Au 31 mars, il pesait ainsi plus de 1500 milliards d’euros. L’institution chargée de recycler les revenus pétro-gaziers de la Norvège a enregistré une entrée nette de capitaux de 8 milliards d’euros (ils lui ont été reversés par le gouvernement grâce à la rente liée aux hydrocarbures) tandis que la dépréciation de la couronne norvégienne a généré une hausse de 55 milliards d’euros de la valeur de ses actifs – le Fonds est intégralement investi à l’étranger.
L’essentiel de l’accroissement de la valeur du Fonds provient ainsi du rendement total généré par les actifs qu’il détient. Ses placements ont généré un rendement total de 9,12% durant les trois premiers mois de l’année (soit 10 points de base de moins que son indice de référence). "Nos investissements en actions ont enregistré un rendement très solide au cours du premier trimestre, notamment grâce au secteur technologique", a déclaré Trond Grande, directeur général adjoint du Fonds norvégien. Le rendement total de ses placements en actions fut de 6,3% sur les trois premiers mois de l’année.
Plus des deux tiers des actifs sous gestion du fonds représentent des actions d’entreprises cotées et un peu moins de la moitié de ces placements concernent des firmes américaines. Fin 2023, les plus grosses détentions du Fonds norvégien, en valeur absolue, étaient Microsoft (33,06 milliards d’euros), Apple (31,1 milliards d’euros), Alphabet (18 milliards d’euros), Amazon (16,4 milliards d’euros), Nvidia (13,5 milliards d’euros) et Meta (10,4 milliards d’euros). Autant d’entreprises plébiscitées par les investisseurs en raison des perspectives de croissance mirifiques auxquelles elles sont associées. En moyenne, leur cours a bondi de près de 40% cet hiver : seul Apple a vu son cours reculer tandis que Nvidia a connu la meilleure performance avec une capitalisation boursière en hausse de 87% entre janvier et mars.
Pour le reste, les investissements obligataires du Fonds ont perdu 0,4% au premier trimestre alors que les placements immobiliers et ceux, encore très marginaux, dans les projets d'énergies renouvelables non cotés ont cédé respectivement 0,5% et 11,4%.
En mars 2023, le ministère des Finances de la Norvège avait demandé à la Banque centrale de Norvège (qui abrite le Fonds norvégien) d'examiner si investir dans le private equity pouvait s'avérer pertinent pour le Fonds. Après analyse, l'institution d'Oslo a répondu par l'affirmative en novembre dernier arguant, entre autres, que "les sociétés non cotées représentent une part toujours plus importante de la création de valeur mondiale". Les rendements historiques montrent que "les investissements en private equity donneront des rendements après coûts supérieurs à ceux des actions cotées à long terme", ajoutait-elle, recommandant d'y consacrer entre 3 et 5% de la valeur du Fonds.
La semaine dernière, Trygve Slagsvold, ministre des Finances de la Norvège, a évoqué le sujet en conférence de presse. "Nous ne nous intéresserons pas aux actions non cotées pour le moment", a-t-il déclaré, citant comme raisons : des frais plus élevés, une classe d'actifs moins transparente et la nécessité d'un large consensus politique. "Nous continuerons à y réfléchir", a-t-il toutefois indiqué. Rappelons que lors de sa création en 1996, le Fonds se limitait aux obligations d'État. Il faudra attendre 1998 pour que son univers d'investissement soit élargi aux actions cotées. Puis, en 2010, le ministère des Finances a autorisé l'investissement dans des biens immobiliers non cotés. Viendront ensuite les infrastructures non cotées en 2019.
A noter que depuis 2011, le mandat de gestion s'est ouvert aux investissements dans des sociétés non cotées à condition que le conseil d'administration de ces dernières ait exprimé une intention de solliciter une cotation sur un marché réglementé et reconnu.
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