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Air France - KLM

Air France – KLM ne redécolle pas / Le contrôle des coûts sera déterminant

Air France – KLM a vu ses pertes se creuser au premier trimestre, la compagnie ayant souffert d’une nette hausse de ses coûts unitaires sous l’effet de charges salariales et de perturbations opérationnelles censées être temporaires. Au vu d’un cours de Bourse au plus bas, les investisseurs demandent à être convaincus de la capacité du groupe redresser la barre sur le reste de l’année, qui devrait heureusement bénéficier d’une forte dynamique de réservations.
Air France - KLM a enregistré des pertes plus fortes qu'attendu au premier trimestre - Photo by REMKO DE WAAL / ANP MAG / ANP via AFP
Air France - KLM a enregistré des pertes plus fortes qu'attendu au premier trimestre - Photo by REMKO DE WAAL / ANP MAG / ANP via AFP

Il y a un paradoxe apparent dans la situation d’Air France – KLM. Le groupe sort d’un exercice 2023 qui a entériné son redressement, permettant notamment le retour à des fonds propres positifs, mais son cours de Bourse évolue à ses plus bas niveaux historiques. L’action de la compagnie aérienne franco néerlandaise chute d’ailleurs de plus de 3 % mardi, à 9,73 euros, après la publication de ses résultats du premier trimestre 2024.

Si elle est bien sortie de la crise dans laquelle l’avait plongé la pandémie, l’entreprise fait face à certains vents contraires, a priori temporaires, tandis qu’elle alimente le doute sur sa capacité à contrôler ses coûts. La demande est pourtant là. Air France-KLM a accueilli 20,9 millions de passagers à bord de ses avions au premier trimestre, soit 6,2 % de plus que l’année précédente, "profitant d’une demande de voyages structurellement robuste", a indiqué mardi le directeur général du groupe, Benjamin Smith.

Et la compagnie en profite, puisque l’augmentation de 4,5 % de ses capacités (mesurée en sièges kilomètres offerts) ne l’a pas empêché de faire progresser (de 2,1 %) sa recette unitaire par passager, grâce à un coefficient de remplissage lui aussi en hausse et à l’optimisation des prix (le yield). Le chiffre d’affaires s’est ainsi accru de 5,1 % par rapport au premier trimestre 2023, s’élevant à 6,7 milliards d’euros.

 

Hausse de 4 % du coût unitaire

 

Le bât blesse en revanche du côté de la rentabilité. La perte d’exploitation de 489 millions d’euros est plus élevée qu’anticipé par le consensus des analystes (460 millions d’euros), plus importante aussi, de 183 millions d’euros, par rapport à il y a un an. Car si la recette unitaire par passagers a rapporté 124 millions d’euros de plus que l’an dernier, la hausse du coût unitaire a été bien plus forte, atteignant 243 millions d’euros (+4 %), tandis que l’effet positif de la baisse de la facture carburant s’est retrouvé neutralisé par la baisse de la recette unitaire dans le cargo.

Cette activité cargo avait bénéficié de l’envolée des tarifs du fret aérien lors de la pandémie, mais le marché est depuis revenu à la normale, comme illustré par la baisse de 26 % du "yield". Sachant aussi que le groupe dispose de capacités relativement faibles en Asie qui est la zone la plus dynamique. Une situation à laquelle "la mise en œuvre complexe d’un système informatique" évoquée par le groupe n’a rien arrangé, ayant entraîné un surcoût de 23 millions d’euros.

La détérioration des comptes s’explique d’ailleurs aussi et surtout, par la hausse de ses coûts. Aux perturbations opérationnelles liées à la chaîne d’approvisionnement (manque de pièces détachées) déjà subies à la fin de l’année 2023, s’est ajouté l’effet des augmentations de salaires versées en janvier sous forme de paiement exceptionnel aux salariés de la filiale néerlandaise KLM. Les deux éléments ont représenté chacun 0,8 % de l’évolution du coût unitaire. "Nous restons néanmoins confiants dans notre capacité à atteindre nos objectifs de coûts unitaires pour 2024", a déclaré Benjamin Smith. Le groupe veut ainsi croire que la hausse de ses coûts se limitera entre 1 et 2 % cette année.

 

Les JO en vue

 

Il est vrai qu’une partie de leur augmentation observée au premier trimestre est censée n’être que ponctuelle. Au vu de leur réaction plus que prudente, les investisseurs demandent cependant à être convaincus que la situation peut s’améliorer sur ce front, ainsi que sur la capacité du groupe à générer durablement du cash-flow. Après le flux très négatif du quatrième trimestre 2023 (-1,2 milliards d’euros), le cash-flow s’est limité à 140 millions d’euros sur les trois premiers mois de 2024, pénalisé par le paiement du report des charges sociales, retraites et impôts sur les salaires hérités de la pandémie.

Heureusement, l’activité devrait continuer à être tirée par une saison estivale qui s’annonce porteuse. "Les réservations pour l’été restent importantes, stimulées par les Jeux olympiques et paralympiques de Paris", souligne ainsi Pilar Auguets, analyste chez Fitch Ratings. Celle-ci rappelant qu’il y a "une certaine saisonnalité dans l’évolution du chiffre d’affaires, le premier trimestre étant généralement plus faible pour le secteur, tandis que le deuxième et le troisième trimestre sont plus solides".

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