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Fusions, Acquisitions / Fusions et acquisitions / M&A

Fusions, Acquisitions
Fusions et acquisitions / M&A

Les fusions-acquisitions ont probablement touché leur point bas / La reprise des opérations suivra celle des introductions en Bourse

Bien qu’elle continue de se faire attendre, la reprise du marché des fusions et acquisitions se met doucement en place, avec un point bas qui devrait avoir été touché au dernier trimestre 2023, voire au premier trimestre 2024 concernant l'Europe. Le retour des introductions en Bourse devrait en être l’un des signaux précurseurs, en attendant l'effet moteur des futures baisses de taux des banques centrales.
PhotoAlto via AFP
PhotoAlto via AFP

"Je pense que nous sommes au début d'un cycle pluriannuel de fusions et d'acquisitions". Ainsi s’exprimait Ted Pick, PDG de Morgan Stanley, lors de la conférence téléphonique sur les résultats du premier trimestre de la banque américaine, début avril. Le fait est qu’après deux années consécutives de baisse, la reprise des opérations de fusions et acquisitions est attendue avec impatience.

Les premiers signaux de l’amorce d’une reprise commencent d’ailleurs à poindre. Les opérations de fusions et acquisitions ont augmenté de 5 % à 10 % en glissement annuel au premier trimestre, avec 10 440 opérations estimées à fin mars, pour un montant total de 694,2 milliards de dollars, indique Pitchbook dans son dernier rapport M&A. Les volumes ne sont pas exceptionnels, loin de là, ils marquent même une décélération par rapport au quatrième trimestre 2023, mais il s'agit néanmoins d'une amélioration en rythme annuel. Observée depuis deux trimestres, cette amélioration "est le signe d'une lente reprise des opérations de fusion et acquisition", estime Tim Clarke, analyste senior, Private Equity, chez Pitchbook. "Nous pensons que le troisième trimestre 2023 sera considéré comme le creux du cycle actuel, et le premier trimestre 2024 a conforté cette perspective", ajoute-t-il.   

Pour l’heure, le frein à une reprise plus rapide des opérations de LBO se situe du côté des acheteurs de capital-investissement. Les grandes opérations de LBO sont handicapées par des coûts d'emprunt élevés. Les banques prêtent certes à nouveau, mais surtout pour refinancer d'anciens prêts de capital-investissement, et non pour financer de nouvelles opérations. Un blocage qui pourrait être résolu rapidement si les banques centrales commençaient à entamer une baisse de leurs taux directeurs. Or, sur ce plan, les dernières nouvelles semblent inciter à la patience, certains économistes n’écartant pas l’hypothèse d’un maintien des taux à leurs niveaux actuels jusqu’à la fin de l’année.

Si l’on s’intéresse plus particulièrement à l’Europe, le scénario de reprise des opérations de M&A pourrait être un peu décalé. "Le premier trimestre 2024 a été le trimestre le plus faible en termes de valeur des transactions de fusions et acquisitions en Europe depuis les confinements du Covid-19 du deuxième trimestre 2020. La valeur des transactions au premier trimestre a baissé de 12,1 % en glissement annuel et de 26,2 % en glissement trimestriel, l'appétit pour les fusions et acquisitions ayant encore diminué", constate pour sa part Nicolas Moura, analyste en capital-investissement pour la région EMEA chez PitchBook. Mais ce faible début d'année "pourrait bien s'avérer être le creux de la vague" selon lui.

En attendant, les multiples de transaction en Amérique du Nord et en Europe ont évolué de manière latérale au premier trimestre 2024, prolongeant la tendance stable qui a caractérisé la majeure partie de l'année 2023. Le multiple médian de valeur d’entreprise sur Ebitda pour les transactions de fusions-acquisitions annoncées ou clôturées au premier trimestre 2024 est resté relativement inchangé à 9,4 fois contre 9,5 fois en 2023.

Dans le même temps, les multiples des transactions publiques (cotées en Bourse) continuent eux à augmenter. Mesurés sur la base des sociétés du S&P 500, les multiples de négociation ont bondi de près de 10 % en 2023 et d'environ 5 % au premier trimestre 2024, pour atteindre une médiane de 15,4 fois l'Ebitda et de 4 fois le chiffre d'affaires, indique Pitchbook. Cet "écart grandissant entre les marchés publics et privés finira par ouvrir une fenêtre pour les introductions en bourse", estime Tim Clark, qui rappelle que "l'amélioration du climat sur les marchés publics inaugure ou renforce souvent la reprise des fusions et acquisitions, car elle donne le ton aux vendeurs potentiels".

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