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Fusions, Acquisitions / Fusions et acquisitions / M&A / Lazard / Rotshc / Rothschild / Goldman Sachs

Fusions, Acquisitions
Fusions et acquisitions / M&A / Lazard / Rotshc / Rothschild / Goldman Sachs

Les fusions-acquisitions françaises ont touché un plus bas de dix ans en 2023 / Lazard, Rothschild et Goldman Sachs ont le mieux résisté

La décrue des opérations de fusions et acquisitions en France se sera poursuivie tout au long de 2023. Leur baisse s’est établie à 20 % sur l’année qui s’achève, montrent les données préliminaires de LSEG. Dans ce contexte historiquement difficile, Lazard a dominé le classement des conseillers financiers, Rothschild & Co et Goldman Sachs complétant le podium de la « League Table » française.
Les fusions et acquisitions françaises ont encore chuté de 20% en 2023 - Getty Images via AFP
Les fusions et acquisitions françaises ont encore chuté de 20% en 2023 - Getty Images via AFP

Il n’y aura pas eu de miracle. Après leur chute libre de 2022, les opérations de fusions et acquisitions en France ont poursuivi leur décrue quasiment au même rythme tout au long de 2023. Sans surprise, le dernier trimestre n’a pas permis de renverser une tendance acquise depuis longtemps. D’après le rapport préliminaire du London Stock Exchange Group (LSEG), les transactions impliquant une entreprise française sont tombées à 125,6 milliards de dollars en 2023, soit 20 % de moins qu’en 2022, un recul proche de celui affiché sur les neuf premiers mois, faisant de 2023 une année noire. Il faut remonter à 2013 pour observer un montant aussi faible.

En attendant que les espoirs de réduction des taux d’intérêt se concrétisent en 2024, l’accès resserré aux marchés financiers rendant le financement des opérations plus difficile et coûteux, combiné au refus des vendeurs de casser les prix malgré un contexte économique toujours incertain, a continué de limiter le flux d’opérations. Dans ce contexte, le moteur le plus en panne a logiquement été celui du private equity. Il n’est ainsi pas surprenant de constater que la seule méga-opération - d’une valeur de plus de 5 milliards de dollars - enregistrée dans l’année, impliquant une cible française, ait eu lieu entre industriels : il s’agit du rachat de l’activité logistique de Bolloré par le groupe maritime français CMA CGM, bouclée cet été.

 

La France n’est plus que le dixième pays le plus ciblé

 

Sur les 125,6 milliards de dollars impliquant des entreprises françaises, les opérations impliquant une cible française sont celles qui ont le plus souffert, chutant à 53,3 milliards de dollars en 2023, soit 31 % de moins que la valeur enregistrée à la même période en 2022. Et ce sachant que les opérations nationales ont représenté la majorité (54 %) de l’activité de fusions-acquisitions des cibles françaises, devant les opérations entrantes (46 %). La France recule encore ainsi d’un cran supplémentaire dans la hiérarchie, n’étant plus que le dixième pays le plus ciblé pour les fusions et acquisition dans le monde cette année, après avoir déjà dégringolé en 2022 à la neuvième place d’un classement dont elle était encore sixième en 2021. Dans le même temps, les transactions sortantes françaises, totalisant 43,2 milliards de dollars, ont davantage limité la casse avec une baisse de 10 % par rapport au cumul annuel de 2022.

Au milieu de ce marasme, au classement des banques d’affaires les plus actives en matière d’opérations impliquant des entreprises françaises, c’est Lazard qui a le mieux tiré son épingle du jeu en 2023. Avec un montant de 23,4 milliards de dollars pour 70 opérations, la banque du boulevard Haussmann a récupéré un leadership qu’elle avait abandonné depuis deux ans à l’américaine Goldman Sachs, celle-ci figurant cette année au troisième rang avec un total de 21,3 milliards de dollars pour 21 opérations. La deuxième place est occupée par Rothschild & Co - qui a quitté la Bourse cette année - avec un total 23,3 milliards de dollars et un nombre de transactions logiquement plus important (140) compte tenu de son expertise de prédilection auprès des small et mid-caps. Suivent Morgan Stanley (20,8 milliards de dollars), BNP Paribas (20 milliards de dollars), JP Morgan (19,3 milliards de dollars), Société Générale (15,6 milliards de dollars), Crédit Agricole CIB (12,7 milliards de dollars), Centerview Partners (11,4 milliards de dollars) et BofA Securities (11,2 milliards de dollars).

 

Les commissions de M & A à un plus bas de trois ans

 

Autre donnée intéressante par ailleurs : d’après les estimations de LSEG, 3,1 milliards de dollars de commissions de banque d’investissement ont été générés en France en 2023, soit 11 % de moins que l’année dernière à la même époque. Alors que les commissions de souscription sur les marchés de capitaux de dette ont augmenté de 45 % en glissement annuel pour atteindre un record historique de 1,4 milliard de dollars, les commissions sur les marchés de capitaux d’actions ont diminué de 54 % pour atteindre leur niveau le plus bas depuis que la statistique existe, c’est-à-dire l’an 2000. Les commissions sur les fusions et acquisitions conclues ont diminué de 33 % pour atteindre leur plus bas niveau en trois ans, soit 1 milliard de dollars américains, tandis que les commissions sur les prêts syndiqués ont chuté de 23 % pour s’établir à 553,1 millions de dollars américains, soit le total le plus bas depuis le début de l’année 2017.

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