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Rothschild & Co plie mais ne rompt pas / Le conseil en financement amortit la baisse du M&A
Il s’est écoulé un peu plus de trois mois depuis la présentation du projet visant à retirer Rothschild & Co de la Bourse. Le calendrier prévu de l’opération n’a pas changé, l’objectif de la société de holding familiale Concordia est toujours de déposer son projet d’offre publique d’achat (OPA) simplifiée pour la mi-2023, a indiqué mardi la banque, à l’occasion de la présentation de ses chiffres d’activité du premier trimestre.
Ce qui devrait être la dernière année de cotation de Rothschild & Co à la Bourse de Paris a débuté de façon mitigée. Sans surprise, étant donné les difficiles conditions de marché, l’établissement dirigé par Alexandre de Rothschild a vu ses revenus reculer sur les trois premiers mois de l’exercice en cours. Ils se sont établis à 610,5 millions d’euros, en baisse de 10 %.
Fort logiquement, l’activité de conseil financier, le premier métier du groupe, a pâti d’un nombre plus faible d’opérations sur sa partie conseil en fusions et acquisitions. Ses revenus ont diminué de 21 %, à 326,8 millions d’euros, la banque dressant le constat suivant : "Les difficultés macroéconomiques se poursuivent et ont été exacerbées par la récente volatilité du secteur bancaire, entrainant une baisse sensible du niveau de transactions annoncées et l’allongement de la finalisation des transactions", explique-t-elle. Cela a entraîné une baisse de 29 % des revenus issus du conseil en M & A, à 219 millions d’euros.
Des transactions majeures
Un repli dont l’ampleur mérite cependant d’être relativisée. Elle a été enregistrée "dans un marché en recul de 50 % en valeur et de 40 % en volume", prend soin en effet de préciser la banque, à juste titre. Rothschild & Co s’est en effet classée au deuxième rang mondial en nombre d’opérations réalisées au cours des douze derniers mois glissants jusqu’à mars 2023. En Europe, le groupe a même conservé sa position de leader, par le nombre d’opérations de fusions-acquisitions, une position qu’il occupe depuis plus de 15 ans.
Rothschild & Co est ainsi intervenue au cours du trimestre écoulé dans plusieurs opérations majeures, parmi lesquelles la création d’une co-entreprise de matériaux d’ingénierie entre le chimiste de spécialité Lanxess et le groupe de capital investissement Advent, la fusion entre les foncières britanniques Capital & Counties Properties et Shaftesbury, ou encore la recapitalisation de la compagnie aérienne brésilienne GOL avec la société holding Abra Group, entre autres.
La banque continue d’ailleurs de travailler sur certaines transactions d’envergure, comme la cession par Vodafone de sa participation majoritaire dans sa filiale de tours télécom (Towerco) Vantage Towers, qui regroupe les 83 000 tours de l’opérateur, au fonds KKR, opération à 16 milliards d’euros. Elle est également partie prenante dans la fusion de l’opérateur satellites Eutelsat avec OneWeb pour 7 milliards d’euros.
Dans le même temps, les revenus issus du conseil en financement ont joué le rôle d’amortisseur. Leur hausse de 4 % sur les trois premiers mois de l’année, à 108 millions d’euros, traduit une activité importante du conseil en financement, en restructuration de dettes et en capitaux privés. Un domaine dans lequel Rothschild & Co a tiré son épingle du jeu, se classant au premier rang européen et au troisième rang mondial en nombre d’opérations de restructuration réalisées au cours des douze derniers mois glissants jusqu’à mars 2023.
Le Merchant banking en retrait
A côté de cela, l’activité de Banque privée et de gestion d’actifs a réalisé un trimestre que l’on peut qualifier de solide. Les actifs sous gestion ont augmenté de 6 %, s’élevant à 99,7 milliards d’euros, sous les effets combinés d’une collecte nette de 1,5 milliard d’euros et d’un effet marché positif de 4 milliards d’euros. Tandis que la hausse des taux est venue gonfler les revenus du premier trimestre, en hausse de 20 %, à 196,5 millions d’euros. La marge nette d’intérêt s’est envolée de 363 %, à 60 millions d’euros.
Avec des revenus en baisse de 24 %, à 72,3 millions d’euros, l’activité de Merchant Banking subit de son côté le contrecoup de deux années de revenus exceptionnels liés à la performance des investissements, à la suite de cessions réussies et des revalorisations significatives au sein des fonds de private equity.
Dans ce métier, qui investit les capitaux du groupe et ceux de tiers dans des opportunités de capital investissement et de dette privée, la valeur des actifs investis par Rothschild & Co s’élevaient à 942 millions d’euros à fin mars 2023, dont 751 millions d’euros en capital-investissement et 191 millions d’euros en dette privée, avec des actifs sous gestion de 23,1 milliards d’euros, en hausse de 1 %.
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