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Alstom va procéder avant l’été à une augmentation de capital d’un milliard d’euros / Le marché salue le rétablissement de la situation financière du groupe
L’action Alstom était en nette hausse ce matin à l’ouverture après l’annonce par le groupe des résultats de son exercice 2023-2024 clos le 30 mars dernier et surtout après la mise en place d’un plan de recapitalisation – attendu depuis des mois – qui va lui permettre de conserver une notation "Investment grade". Il faut dire qu’Alstom est passé pas loin de la cote d’alerte au début de l’hiver, lorsque le groupe a reconnu avoir enregistré un cash-flow négatif de 1,15 milliard d’euros au cours de son premier semestre. Ce qui a entraîné une division par deux du cours de Bourse au grand dam des deux principaux actionnaires : la Caisse de Dépôts et de Placement du Québec et Bpifrance.
Si les comptes de l’exercice écoulé sont moins mauvais que ce qui était attendu par le marché avec un résultat d’exploitation ajusté en hausse de 17 % tout près du milliard d’euros, un résultat net en forte baisse, mais positif de 44 millions, et un free cash-flow négatif à hauteur de 557 millions d’euros, c’est le prochain rétablissement de la situation bilancielle qui rassure les investisseurs.
Le plan en trois points concocté par Bernard Delpit (ex-Safran et ex-Groupe Bruxelles Lambert) inclut deux cessions pour un montant global de 705 millions d’euros. Il n’y a pas de suspense là-dessus puisque celle de TMH a été réalisée en janvier pour 75 millions d’euros. Et la seconde, concernant l’activité de signalisation aux États-Unis se situe entre le "signing" et le "closing" et va rapporter 630 millions d’euros. Ce qui est un très bon prix. Le deuxième élément du plan consiste en l’émission d’obligations hybrides pour un montant d’environ 750 millions d’euros. C’est ce que l’on appelle des obligations "vanille" qui seront remboursées dans cinq ans, porteront intérêt entre 6 et 7 % avec un coupon susceptible d’être décalé. Ces titres sont considérés en normes IFRS pour leur totalité comme des capitaux propres. Moody’s ne les compte qu’à hauteur de 50 % de l’émission : soit pour 375 millions d’euros. Enfin le troisième pilier est une augmentation de capital classique pour un milliard d’euros, qui sera souscrite par les deux actionnaires principaux au prorata de leur participation et qui fera l’objet d’une garantie de la part de BNP Paribas, Cacib, J.P. Morgan et la Société Générale.
Ces deux opérations de marché seront réalisées en principe au plus tard à la fin du mois de septembre. Mais il y a de bonnes chances pour qu’elles se déroulent avant l’été si la conjoncture boursière reste favorable. Pour cela il faudra d’abord que la société publie son document universel d’enregistrement, autour du 15 mai, et que l’Autorité des Marché Financiers appose son visa sur les deux prospectus d’opérations financières.
Une fois tout cela mené à bien, Moody’s devrait pouvoir confirmer sa notation "Investment grade" au début du mois d’octobre prochain. Si Alstom va récupérer 2,4 milliards de cash, l’agence de notation considérera qu’il s’agit d’un désendettement à hauteur de 2 milliards en raison du traitement particulier réservé aux obligations hybrides. Les liquidités récupérées permettront de rembourser des billets de trésorerie pour un montant de 1 033 millions d’euros et une facilité de crédit renouvelable pour un montant de 175 millions d’euros. Par ailleurs la facilité de crédit de 2,25 milliards d’euros susceptible d’être renouvelée en octobre prochain sera résiliée. Ce qui mettra définitivement fin à une période de douze mois qui aura vu le groupe perdre la confiance d’une partie de ses actionnaires.
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