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Alstom doit maintenant relever le défi du cash-flow / Le second semestre 2024-2025 sera clé
Alstom a finalement apporté les réponses précises et détaillées que la communauté financière attendait pour tourner la page d’un bilan trop tendu. Au-delà de son plan de désendettement désormais défini, l’entreprise fait aussi face à un autre défi : convaincre de sa capacité à générer sur le long terme un free cash-flow positif. Sans quoi, comme le remarque le cabinet Octo Finances, il sera difficile au groupe dirigé par Henri Poupart-Lafarge "de conserver durablement sa note ‘investment grade’". Faire donc en sorte, non seulement de ne plus connaître d’accident tel que l’écart d’un milliard d’euros subitement découvert l’an dernier, mais démontrer une capacité structurelle à générer du cash-flow.
Lors de la publication mercredi de ses résultats annuels au titre de l’exercice 2023-2024 achevé fin mars, Alstom a annoncé prévoir un flux de trésorerie libre positif, dans une fourchette de 300 millions à 500 millions d’euros pour l’exercice en cours et d’au moins 1,5 milliard d’euros en cumulé au cours des trois prochains exercices.
A très court terme cependant, bien qu’Alstom soit parvenu à dégager 562 millions d’euros de cash-flow libre au second semestre 2023-2024 grâce à une meilleure gestion de ses stocks et de ses coûts, le flux de trésorerie va retourner dans le rouge, dans une fourchette estimée de -300 à -500 millions d’euros. "Le groupe va faire face à plusieurs vents contraires et notamment le cash-out associé aux charges de restructuration et aux frais financiers", mais aussi une dégradation de la variation du besoin en fonds de roulement (BFR) des contrats, explique le bureau d’études Oddo BHF.
Il y a le fait, d’une part, que le BFR reste soumis à de la volatilité en raison notamment de la saisonnalité des encaissements d’acomptes. D’autre part, les efforts engagés par l’entreprise pour améliorer sa rentabilité ne seront pas immédiatement visibles, que ce soit en termes de qualité des prises de commandes, d’efficacité de la chaine d’approvisionnement, ainsi que d’efficacité des coûts pour les frais généraux et les achats indirects.
Ce n’est pas un hasard si le groupe indique que la la progression de sa marge d’exploitation ajustée sera "plus marquée au second semestre de l’exercice fiscal 2024-2025", le but étant de faire remonter la marge opérationnelle ajustée à 6,5 % sur l’ensemble de l’exercice, contre 5,7 % sur l’exercice écoulé. D’ailleurs, l’agence Moody’s ne dit pas autre chose, ayant bien identifié que les progrès d’Alstom pour améliorer sa rentabilité se produiront "principalement à partir du second semestre", en raison notamment de contrats à faible marge dans le carnet de commandes.
Au-delà, sur les trois prochaines années, Alstom vise à porter sa marge autour de 8 à 10 % à fin mars 2027. Cela peut paraître utopique à ce stade, mais le groupe dispose de plusieurs leviers. Au premier rang desquels figure l’écoulement des contrats déficitaires récupérés lors du rachat en 2021 du canadien Bombardier. En ajoutant à cela une sélection plus stricte des contrats et une part plus importante des activités de signalisation et des services plus rentables, Alstom peut donc espérer y parvenir. A une condition toutefois : "la bonne exécution des contrats sera clé pour éviter des dépassements de coûts et des pénalités", prévient Octo Finances.
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