Private Equity / Private equity / Ardian / Tikehau Capital / Eurazeo / Mark Benedetti / William Kadouch-Chassaing / Henri Marcoux
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Private equity / Ardian / Tikehau Capital / Eurazeo / Mark Benedetti / William Kadouch-Chassaing / Henri Marcoux
L’industrie des actifs privés a des cartouches en réserve / La consolidation pourrait s'accélérer et la recherche des investisseurs de détail se poursuit
L’année 2023 n’aura pas été de tout repos pour l’écosystème des actifs privés. Les taux d’intérêt à la hausse ont contraint les capacités de financement et ébranlé la confiance des investisseurs, tandis que la morosité des marchés d’actions et des fusions-acquisitions a compliqué les sorties. Alors, terminé l’âge d’or du private equity ? À l’inverse, "le meilleur est à venir", a assuré mardi le directeur général d’Ardian, Mark Benedetti, à l’occasion d’une table ronde organisée lors de l’évènement Future of Finance de Bloomberg.
Changer d’approche
Effectivement, les temps ont changé. "Cela ne signifie pas que nous ne pouvons plus créer de valeur. Cela change simplement la manière dont nous devons approcher l’investissement. Mais le besoin en capital est énorme. Nous continuons à collecter de l’argent", a de son côté soutenu le co-CEO d’Eurazeo, William Kadouch-Chassaing. Pour le directeur général adjoint de Tikehau Capital, Henri Marcoux, la stratégie est claire : "Chez Tikehau Capital, nous pensons que le positionnement sur le marché intermédiaire est une bonne opportunité. L’Europe compte plus de 23 millions de petites et moyennes entreprises (PME) en quête de ressources, en termes de capitaux propres ou de dette. Ces PME représentent plus des trois quarts de l’emploi en Europe. Mais il n’est pas facile d’investir sur ce terrain de jeu. Il faut avoir une présence globale car l’Europe est un marché énorme. Notre choix, chez Tikehau Capital a été de créer une grande plateforme [mondiale] pour sélectionner nos investissements".
D’autant que des thématiques d’investissement ont émergé en force, à l’instar de l’intelligence artificielle ou encore des infrastructures, qui gagnent toujours plus en popularité. Certains fonds ont des stratégies précises, d’autres œuvrent sur davantage de catégories. Alors pour créer les plateformes les plus performantes qui soient, l’industrie ne gagnerait-elle pas à se consolider ? "Le marché se consolide", a observé Mark Benedetti. "D’un côté, vous avez des petits fonds, qui ont peut-être un produit unique, excellents dans ce qu’ils font - par exemple un fonds d’exploration de l’intelligence artificielle. Cela existera toujours. De l’autre, vous avez des groupes qui peuvent offrir de multiples produits à leurs clients. Je pense que le milieu de tout cela sera poussé d’une manière ou d’une autre", a-t-il poursuivi.
Gagnant-gagnant
En prenant l’exemple d’un fonds de pension américain qui a 400 positions dans son portefeuille de capital-investissement, pour deux gestionnaires pouvant s’en occuper, le dirigeant l’a assuré : les clients sont de plus en plus à la recherche de groupes pouvant leur offrir de bons rendements, stables, mais aussi des produits différents dans l’ensemble des secteurs dans lesquels ils souhaitent investir. De quoi pousser, à son avis, aux rapprochements dans le private equity.
D’autant que lever des fonds est plus complexe depuis un certain temps. Et puis, d’autres opportunités grandissent, à l’instar de celle des investisseurs privés. Chez Ardian, par exemple, "25 % de la somme que nous avons levée cette année provenait du canal des grandes fortunes", a indiqué Mark Benedetti. La mécanique est gagnante de tous les côtés. Elle représente une manne financière significative pour les fonds, tandis que les investisseurs de détail peuvent se voir offrir des perspectives de rendement intéressantes. "Nous avons été précurseurs sur ce marché chez Tikehau Capital", s’est félicité Henri Marcoux. Le groupe avait par exemple signé, dès 2019, un partenariat avec Fideuram, filiale de Intesa Sanpaolo, permettant aux clients particuliers de la banque privée italienne d’avoir accès à des solutions d’investissement sur les marchés privés européens.
"La difficulté est de faire connaître le produit et de gérer la problématique de la liquidité", a poursuivi le directeur général adjoint de Tikehau Capital. À William Kadouch-Chassaing d’anticiper que les investisseurs de détail seraient sans aucun doute fondamentaux pour la croissance future de l’industrie, d’autant que la réglementation évolue - et notamment en Europe avec Eltif 2 - en ce sens. "Ce n’est pas un jeu pour tout le monde, il faut être équipé pour cela. Il faut chercher des solutions […] et disposer de tous les types de compétences en interne", a pointé le co-CEO d’Eurazeo. Et de conclure : "Nous allons jouer à ce jeu".
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