WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Eurazeo / dry powder / William Kadouch-Chassaing / ESG / actifs sous gestion

Entreprises / Actions
Eurazeo / dry powder / William Kadouch-Chassaing / ESG / actifs sous gestion

La collecte d’Eurazeo ralentit mais ne rompt pas / Le groupe peut aussi s'appuyer sur bilan robuste

Le troisième trimestre d’Eurazeo a montré la poursuite de la bonne exécution de ses levées de fonds et de la rotation de ses actifs, tandis que l’activité des sociétés du portefeuille demeurait bien orientée. La société ne dévie pas de son ambition de doubler ses actifs sous gestion à près de 60 milliards d'euros à horizon de cinq à sept ans.
Virginie Morgon, directrice générale d'Eurazeo - Nicolas TAVERNIER/REA
Virginie Morgon, directrice générale d'Eurazeo - Nicolas TAVERNIER/REA

La collecte ralentit mais est déjà prête à repartir. Eurazeo a levé 2,1 milliards d’euros auprès d’investisseurs tiers sur les neufs premiers mois de l’année 2022, a annoncé jeudi la société d’investissement qui avait déjà levé 1,8 milliard d’euros au cours du premier semestre, traduisant un troisième trimestre en décélération. Les levées de fonds attirent toujours les investisseurs, mais la dégradation de l’environnement macroéconomique n’est pas sans effet sur leur comportement. "Le contexte les rend un peu plus prudents, ce qui se traduit par un temps de collecte qui s’allonge, notamment auprès des investisseurs institutionnels, alors que la clientèle des particuliers reste en revanche très dynamique", explique à WanSquare William Kadouch-Chassaing, le directeur général Finances & Stratégie d'Eurazeo.

La relative prudence de la clientèle institutionnelle n’empêche pas Eurazeo d’anticiper une collecte d’environ 3 milliards d’euros pour l’ensemble de l’année 2022, traduisant un rattrapage certain après ce troisième trimestre en demi-teinte. Une confiance qui s’explique par le fait que la société vient tout juste de débuter les levées de fonds de plusieurs de ses stratégies flagships, aussi bien "Growth" que "Mid-Large Buyout" ou "Secondaire". Le groupe a aussi lancé un fonds dans la très à la mode thématique des infrastructures durables, et classifié article 9 selon la classification SFDR (Sustainable Finance Disclosure).

 

Poursuite des cessions d’actifs

 

Une certaine atonie s’observe aussi dans l’évolution des actifs sous gestion, qui s’élevaient à 32,4 milliards d’euros à fin septembre, certes en hausse de 20% sur douze mois, mais qui sont stables par rapport à fin juin (32,5 milliards d’euros). Les actifs gérés pour le compte d’investisseurs tiers (Limited Partners, LP) s’élèvent à 23,2 milliards d’euros, en hausse de 21% sur douze mois, et en léger repli par rapport aux 23,4 milliards d’euros de la fin du premier semestre. Les commissions de gestion continuent elles à progresser nettement, s’élevant à 280 millions d’euros sur neuf mois, contre 181,4 millions d’euros à fin juin, et en hausse de 22% par rapport à la même période un an plus tôt.

Dans un contexte où le prix des actifs est orienté à la baisse et les rendements espérés de l’épargne plus faibles, la gestion alternative (par opposition aux actifs cotés) fait preuve de résistance. La collecte positive que continue de réaliser Eurazeo traduit l’attrait de ses stratégies d’investissement dans un horizon de long terme. Ce n’est pas un hasard si le groupe a maintenu jeudi sa trajectoire de doublement de ses actifs sous gestion vers un objectif de 60 milliards d'euros à horizon cinq à sept ans, ainsi qu'une augmentation de la marge de FRE ("Fee related earnings") à moyen terme à 35-40%, contre environ 30% en 2021.

Le modèle économique d’un acteur de la gestion alternative comme Eurazeo repose d’abord sur la capacité à pouvoir céder à bon prix les actifs dans lesquels il a investi plusieurs années auparavant, afin de pouvoir rémunérer ses clients. Or, s’il l’on entend certains acteurs de marché expliquer que les cessions deviennent plus difficiles, notamment en raison de banques plus réticences à financer les acquéreurs, Eurazeo semble ne pas être touché à ce stade.

En matière de cessions d’actifs, "sur le segment de milieu de marché où l’on opère, c’est-à-dire les entreprises qui vont de la PME à l’entreprise de taille intermédiaire (ETI), les transactions pour les bons actifs restent liquides, les acquéreurs parviennent toujours à se financer. ", explique William Kadouch-Chassaing. Les cessions finalisées sur neuf mois 2022 s’élèvent à 2,4 milliards d’euros, en ligne avec le montant réalisé à la même période de 2021. Des ventes qui continuent d’être réalisées à très bon prix. Le groupe vient ainsi d’annoncer la cession de Nest New York, marque leader dans le secteur de la parfumerie lifestyle, à un groupe d’investisseurs mené par North Castle Partners. L’opération, qui valorise NEST à environ 200 millions de dollars, fait ressortir pour Eurazeo un multiple brut de 2,7 fois l’investissement initial.

 

5,2 milliards d’euros de poudre sèche

 

Positionné sur des segments structurellement porteurs tels que la santé, les services aux entreprises, le digital, les marques consommateurs fortes ou la transition énergétique, le portefeuille d’Eurazeo s'avère "relativement protégé au regard des risques spécifiques que pose la dégradation conjoncturelle en matière de ralentissement du pouvoir d’achat, d’inflation ou d’augmentation des taux d’intérêt.", indique William Kadouch-Chassaing. Le chiffre d’affaires économique des sociétés du portefeuille porté au bilan a ainsi progressé de 38% sur les neuf premiers mois de 2022, à périmètre et change constants.

Face à une année 2023 entourée d’une incertitude importante, Eurazeo peut en outre s'appuyer sur une situation financière solide. Le groupe, qui n’a pas de dette au bilan, dispose de 5,2 milliards d’euros de capital d’engagements clients n’ayant pas encore été déployé (dry powder), auxquels s’ajoutent des lignes de crédit non tirées. "Il est important pour nous de conserver une structure robuste de façon à pouvoir faire face à différents scénarios pour l’avenir. Cette robustesse nous servira qu’il advienne, que la période soit difficile où qu’elle offre des opportunités : dans ce cas nous disposerons de marges de manœuvre pour investir.", souligne William Kadouch-Chassaing.

Sur les neufs premiers mois 2022, les investissements du groupe ont totalisé 3,8 milliards d’euros, contre 4,1 milliards d’euros un an plus tôt. Et la part des critères ESG (environnement, social et gouvernance) dans les investissements est appelée à devenir prépondérante, 89% des fonds d’Eurazeo en cours de déploiement ou de levée étant aujourd’hui classés articles 8 ou 9 au sens du règlement européen Disclosure.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article