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Marché secondaire / Private equity / dry powder / Lazard
Le marché secondaire du private equity s’apprête à rebondir fortement / Vers des montants records de dry powder
Vouloir investir est une chose, encore faut-il disposer des fonds pour cela. Après avoir connu sa deuxième meilleure année en 2022, le marché secondaire du private equity a nettement ralenti un premier semestre 2023, pour une raison bien précise. Le manque de capitaux a contribué en grande partie à une réduction du volume global à 43 milliards de dollars sur les six premiers mois de l’année, soit une baisse d'environ 28% par rapport au premier semestre 2022, indique le dernier rapport de la banque Lazard, pionnière et leader mondial sur le marché secondaire du private equity.
"Les volumes ont baissé au premier semestre, essentiellement parce que 70 % des acheteurs présents sur le marché secondaire aujourd’hui sont en phase de levée de fonds. Ils sont par conséquent davantage sélectifs dans leur déploiement, ce qui a ralenti l'activité" explique à WanSquare Marion Cossin, associé-gérant de Lazard en charge du marché secondaire à Paris.
Sur ce marché, ce sont les transactions réalisées auprès des Limited Partners ("LP-led") qui sont demeurées majoritaires, leur proportion du total passant de 57% en 2022 à 60% au premier semestre 2023. La raison ? Si historiquement, les acheteurs secondaires se sont beaucoup déployés dans des portefeuilles concentrés, voire dans des "single assets", ils sont aujourd’hui davantage à la recherche d’une diversification que peuvent justement leur procurer ces portefeuilles LP-led.
Décotes à deux chiffres
Cela n’a pas empêché le spread, c’est-à-dire l’écart de valorisation entre les prix souhaités par les vendeurs et ceux voulus par les acheteurs, de continuer à grandir par rapport à 2022. Au premier semestre 2023, environ les trois quarts des transactions LP-led (cessions à l'initiative des investisseurs) réalisées par les répondants à l'enquête de Lazard ont donné lieu à une décote à deux chiffres par rapport à l’actif net réévalué (ANR), indique le rapport.
Ces vendeurs LP’s étant de plus en plus à la recherche de liquidités avec le ralentissement des sorties classiques de fonds - les fusions et acquisitions étant toujours atones et introductions en Bourse à l’arrêt -, ils ont dû en effet revoir à la baisse leurs exigences de valorisation. Mais les choses évoluent toutefois sur ce front des valorisations, les prix des portefeuilles gérés par ces investisseurs privés ayant commencé à s'améliorer sensiblement vers la fin du premier semestre, profitant notamment de l'appréciation des marchés cotés.
Du côté des transactions conduites par les General Partners ou sponsors ("GP-led"), cette amélioration de l’environnement de valorisation est d’ailleurs déjà visible. Elle est particulièrement flagrante pour les transactions réalisées sur un actif unique, ou 58 % des transactions ont été réalisées à un prix égal ou supérieur à l’ANR, témoignant d'un appétit toujours aussi fort pour les actifs de prestige, indique le rapport de Lazard. Les transactions multi-actifs dirigées par les GP’s affichent également des prix solides, avec environ 51 % des transactions réalisées à des prix situés dans une fourchette de 90 à 99 % de l’ANR.
Par ailleurs, les transactions de fonds de continuation ont continué de dominer les volumes du marché dirigé par les sponsors dont elles ont représenté 79%, s’imposant de plus en plus comme la solution de choix. Ces fonds présentant l’avantage de permettre aux gérants de garder de belles sociétés en portefeuille tout en rendant de la liquidité à leurs investisseurs.
2024 pourrait battre tous les records
Si le premier semestre 2023 ne restera dans les annales du marché secondaire, les choses se présentent bien mieux pour la seconde partie de l’année, ainsi que pour 2024. "Nous anticipons un regain d’activité au second semestre, clairement visible dans le deal flow” indique en effet Marion Cossin. Grâce aux levées de fonds, "les acheteurs sont davantage susceptibles de déployer des montants importants sur cette deuxième partie de l’année, ce qui devrait permettre au volume de transactions de s’élever autour de 120 milliards de dollars sur la totalité de 2023, ce qui en ferait la deuxième année record de l’histoire de marché secondaire, après 2021.", explique l’associé-gérant de Lazard en charge du marché secondaire à Paris.
Un optimiste qui est donc nourri par les sommes considérables de dry powder appelées à progressivement alimenter le marché. Des montants records, puisque selon l’enquête de Lazard, 68% des personnes interrogées collectent actuellement des fonds pour de nouveaux fonds phares, avec environ 97 milliards de dollars de capitaux à lever en 2023. Au total, "il y a aujourd'hui environ 160 milliards de dollars qui vont devoir être déployés sur le marché secondaire, ce qui entraînera nécessairement sa forte croissance."
Et tandis que 2023 se dirige vers la deuxième année record de l’histoire du marché secondaire, "l'année 2024 pourrait, elle, marquer un nouveau sommet et dépasser le précédent record de 2021 ", estime Marion Cossin. Et ce, "parce qu’en 2024, tous les investisseurs secondaires auront terminé leur levée. Par conséquent, le phénomène qui a contribué au ralentissement du volume secondaire au premier semestre de cette année, sera principalement achevé au début de l’année prochaine", ajoute-t-elle.
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