Private Equity / Lazard / Marché secondaire / fonds de continuation
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Lazard / Marché secondaire / fonds de continuation
Marché secondaire : 2023 pourrait être une année record
Un record pour un premier semestre. Le volume total du marché secondaire s’est élevé à 59 milliards de dollars au cours des six premiers mois de l’année, en augmentation de 23%, selon le dernier rapport de la banque Lazard, pionnière et leader mondial sur le marché secondaire du private equity. "Malgré le contexte économique actuel, le premier semestre a été très actif et est plutôt en ligne, voire même au- dessus avec ce que l’on avait pu observer en 2021 ", explique à WanSquare Marion Cossin, responsable des opérations secondaires pour la France chez Lazard.
Pour l’ensemble de l’année 2022, Lazard s’attend à une année un peu près en ligne avec 2021 pour le marché secondaire avec un volume total de 115 milliards de dollars (environ 9% en dessous du volume de 2021 à 126 milliards de dollars). "Le contexte fait que les investisseurs secondaires sont plus sélectifs aujourd’hui et font davantage attention aux montants qu'ils déploient ", observe-t-elle.
Une démocratisation des fonds de continuation
Il faut dire que le marché secondaire du private equity a été extrêmement dynamique en 2021 avec un volume mondial à 126 milliards de dollars. "Le contexte actuel a conduit certains gérants de fonds d’investissement à réfléchir à des solutions alternatives pour trouver de la liquidité pour leurs investisseurs au-delà des trois options classiques possibles à savoir une cotation en bourse, une cession à un investisseur financier ou à un investisseur stratégique ", indique-t-elle.
Leur choix s’était alors porté sur les fonds de continuation qui permettent à des gérants de fonds d’investissement de garder de belles sociétés en portefeuille tout en rendant de la liquidité à leurs investisseurs. "Des gérants de fonds d’investissement de grande qualité de type Astorg , CD&R ou ICG ont adopté ce type d’opérations. Cet engouement était lié aux bénéfices que présentent les fonds de continuation pour les GPs et le fait que les investisseurs secondaires avaient levé des montants records", constate Marion Cossin.
Des tickets plus petits
Cependant, alors que le single asset (actif unique) avait connu un vrai essor en 2021, le montant du ticket est aujourd’hui réduit. En effet, si Lazard note, dans son rapport, que les opérations secondaires de type single asset sont toujours le segment le plus important de l’activité Sponsor-Led, elles ne représentent que 43% du volume total au premier semestre contre 51% en 2021.
De même, la taille moyenne des tickets des investisseurs Lead dans les opérations GP-Led a significativement diminué mais reste supérieur à 100 millions de dollars en moyenne. Celle des tickets syndicate a connu une baisse encore plus importante avec environ 85% de tickets inférieur à 50 millions de dollars au premier semestre 2022 contre environ 71% en 2021. "Les investisseurs secondaires sont devenus plus sélectifs en 2022 notamment sur les opérations dites "single-asset" après avoir énormément déployés l’année dernière. Ils souhaitent privilégier désormais les portefeuilles diversifiés. Néanmoins, les opérations single asset restent d'actualité, nous en avons closé seulement 4 au cours des trois derniers mois ", précise Marion Cossin.
Des cessions en augmentation
La tendance serait donc plus à l’autre catégorie d’opération secondaires, - les opérations historiques -, à savoir les cessions de portefeuille pour le compte d’investisseurs dans des fonds d’investissements. Celles-ci avaient baissé en 2021. Or, aujourd’hui, beaucoup d’investisseurs traditionnels sont justement à la recherche de liquidité alors que tous les gérants sont actuellement en levée de fonds. "On a observé en 2022 une forte demande de liquidité de la part des LPs traditionnels (fonds de pension, sociétés d'assurance, family office...) et nous nous attendonc donc à un intérêt accru de leur part pour des cessions de portefeuille. En effet, en 2021, si 50% des 126 milliards de dollars représentant le marché secondaire était alloués dans les fonds de continuation, en 2022, nous nous attendons à plus de 50% du volume par des cessions des portefeuilles ", observe Marion Cossin.
Une tendance qui pourrait toutefois de nouveau s’inverser l’année prochaine. 2023 devrait même être l’année de tous les records. "Le volume du marché secondaire pourrait s’élever à 150 milliards de dollars", estime Marion Cossin. Les raisons ? Dans un contexte économique plus difficile, davantage de gérants pourraient se tourner de nouveau vers les fonds de continuation pour récupérer de la liquidité. "En 2023, certains investisseurs qui se montrent aujourd’hui sélectifs auront terminé leur levée de fonds et ils seront donc plus flexibles au niveau des investissements", prédit Marion Cossin.
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