Private Equity / Marché secondaire / Lazard / fonds de continuation / M&A / IPO
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Marché secondaire / Lazard / fonds de continuation / M&A / IPO
Le marché secondaire se dirige tout droit vers une année historique / Les fonds de continuation sont devenus une option de sortie normalisée
Il n’en est qu’à ses débuts et il montre déjà tout son potentiel. Après une année 2021 record, le marché du secondaire serait sur le point d’en signer une nouvelle en 2024. Au premier semestre, il a en effet généré un volume estimé à 71 milliards de dollars, selon le dernier rapport intermédiaire publié par Lazard, soit une hausse de 64 % par rapport à la même période l’année dernière, avec 330 transactions dirigées par des LPs. "Si nos prévisions se confirment, 2024 sera une année historique avec un volume estimé à environ 150 milliards de dollars, soit une augmentation de quasiment 40 % par rapport à l’année dernière, sachant que le dernier record s’était établi à 126 milliards de dollars en 2021 ", commente pour WanSquare, Marion Cossin, associée-gérante chez Lazard, à la tête de l’activité Private Capital Advisory à Paris.
L’heure du déploiement
Un engouement qui s’explique, selon elle, par plusieurs facteurs. "D’abord, le marché du M & A continue à être un peu grippé. Ce faisant, les gérants ont tendance à se tourner vers le marché secondaire pour générer des liquidités. Une tendance constatée depuis 18 mois environ, ce n’est donc pas un phénomène nouveau", rappelle Marion Cossin. Autre explication : de nombreux fonds secondaires, tels que ceux de Blackstone, de Lexington, ou de Goldman Sachs, dont les levées étaient en cours l’année dernière, les ont clôturées depuis, portant ainsi les volumes de "dry powder" à près de 180 milliards de dollars. "Ces fonds qui ont levé des montants records ont donc logiquement cherché à se déployer", constate l’associée-gérante qui nous fait remarquer aussi la présence de nouveaux entrants sur le marché secondaire au cours du premier semestre. "Des fonds dont on entend parler depuis quelque temps mais qui ont récemment commencé à chercher assez activement des deals en Europe ", poursuit-elle.
L’Europe se montre de fait de plus en plus attractive. Certes, elle représente, au premier semestre, environ 40 % des volumes des fonds de continuation au niveau mondial contre 60 % pour les Etats-Unis mais le Vieux continent gagne du terrain, progressant de 12 points sur un an, au détriment de l’oncle Sam. "L’activité en Europe avait été ralentie par la guerre en Ukraine. Nous assistons donc encore dans une certaine mesure à un phénomène de rattrapage. Mais, il s’agit surtout d’un effet de normalisation ; certains gérants de fonds d’investissement en Europe n’avaient pas encore utilisé cet outil et se tournent aujourd’hui vers le marché secondaire pour générer des liquidités. Le fonds de continuation représente aujourd’hui une option de sortie normalisée, ce qui n’était pas le cas avant", analyse Marion Cossin.
Un profil de risque moindre
Il faut dire que les fonds de continuation présentent de sérieux avantages. "Malgré le peu de recul dont nous disposons compte tenu de la jeunesse de ce marché, les données existantes montrent que les retours réalisés par les LPs investissant dans des fonds de continuation "single asset" sont plutôt en ligne avec les rendements des fonds de private equity classiques. Or, les fonds de continuation présentent un profil de risque plutôt inférieur à ces derniers car ils sont constitués de très beaux actifs que les gérants connaissent déjà, aux côtés d’un management avec lequel ils ont l’habitude de travailler. C’est ce qui explique aussi que de nouveaux entrants choisissent de se positionner sur ce marché ", souligne l’associée-gérante.
Une activité riche au premier semestre qui s’est aussi ressentie chez Lazard, pionner et leader sur le marché secondaire avec une équipe constituée il y a vingt ans. "Nous avons également connu une activité record au cours des six premiers mois de l’année, Lazard ayant ‘closé’les deux plus gros single asset du marché en Europe en 2024, CVC / Multiversity et Astorg / Normec. Un niveau d’activité encore très soutenu est attendu au deuxième semestre ", se félicite Marion Cossin.
Un choix stratégique
De fait, si le marché du M & A et les introductions en Bourse semblent rebondir, ceux-ci ne représentent en rien une menace pour le marché secondaire. "Les fonds de continuation sont devenus une option de sortie normalisée pour les gérants de fonds d’investissement et c’est aussi une option bien accueillie par les LPs. L’essentiel des deals réalisés ne sont pas des fonds de continuation défensifs, avec un gérant qui estime qu’il ne peut pas vendre un actif et se tourne vers le marché secondaire. Dans la plupart des cas, les gérants souhaitent au contraire garder la société en portefeuille, car celle-ci présente par exemple des perspectives de croissance intéressantes, ou encore car le gérant souhaite continuer à travailler avec le management. Le fonds de continuation est donc devenu un vrai choix stratégique. Dans cette logique, le marché du M & A est indépendant du secondaire. D’ailleurs, le précédent record de volume de fonds de continuation a été enregistré en 2021, alors même que le marché du M & A était à son apogée", observe Marion Cossin.
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