Private Equity / Private equity / Marché secondaire / Lazard / General Partners / Limited Partners
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Private equity / Marché secondaire / Lazard / General Partners / Limited Partners
Le marché secondaire du private equity pourrait atteindre un nouveau record en 2023 / Malgré la crise, il a dépassé les 100 milliards de dollars l’an dernier
Le marché secondaire du private equity a plié sans rompre en 2022. Les difficultés de l’économie mondiale ne l’ont pas empêché l’an dernier de dépasser à nouveau les 100 milliards de dollars de transactions, à environ 102 milliards de dollars, après le record de 126 milliards de dollars de 2021, indique le dernier rapport de la banque Lazard, pionnière et leader mondial sur le marché secondaire du private equity.
Ce faisant, il a "continu[é] à prouver qu'il est une composante très pertinente des marchés de capitaux privés, indépendamment de l'environnement macroéconomique", souligne Holcomb Green, managing director et chef du conseil en capital privé de Lazard, cité dans le rapport. Pour autant, prend-il soin de préciser, "cela ne veut pas dire pas dire notre marché a été épargné par les perturbations macroéconomiques et géopolitiques de 2022", alors que les volumes de transactions ont diminué l’an dernier d'environ 20 % par rapport à 2021.
Les fonds de continuation ont la cote
En cause : d’une part l’écart qui s’est creusé entre les prix demandés par les vendeurs et acheteurs dans un contexte de chute des marchés actions qui a rendu plus difficile l’évaluation de la valeur des investissements privés. D’autre part, les investisseurs secondaires ont fait preuve d’une sélectivité accrue sur le segment des transactions conduites par des General Partners ("GP-led").
Celles-ci, après avoir connu une croissance exponentielle en 2021, ont ainsi marqué le pas, en particulier au second semestre. L’activité GP-led a représenté environ 43% du marché secondaire.
A l’intérieur de cette catégorie, "les transactions de fonds de continuation ont représenté les trois quarts des volumes dirigés par les GP en 2022 ", précise Lazard. Ces fonds permettent à des gérants de fonds d’investissement de garder de belles sociétés en portefeuille tout en rendant de la liquidité à leurs investisseurs.
La banque a constaté également que "face à des conditions de marchés plus chahutées, les actions privilégiées ont émergé comme la deuxième solution de liquidité la plus importante mise en œuvre entre les investisseurs secondaires et les GP". Les actions privilégiées ont représenté 15% environ du marché GP-led l’an dernier contre 6% en 2021.
Effet dénominateur
En parallèle, les investisseurs institutionnels (Limited Partners ou LPs) ont représenté la majorité des opérations, à environ 60 milliards de dollars, avec plus de 500 transactions. Des volumes soutenus par une recherche de liquidité anticipée dans un climat où les distributions de liquidités se sont faites rares en raison de la chute des activités de fusions et acquisitions, des introductions en bourse et des SPAC. Mais également par l’effet dénominateur, soit l’envolée de la part des valorisations du private equity dans les portefeuilles du fait de la chute des valorisations cotées.
D’après l’enquête de Lazard, environ 34% des portefeuilles de LP ont été vendus par des fonds de pension demeurés actifs dans la gestion de leur exposition au private equity. "La majorité des portefeuilles de LP ont été vendus en Amérique du Nord, où les prix restent les plus élevés, l'Europe et l'Asie-Pacifique étant légèrement à la traîne", indique la banque.
A la recherche des liquidités
En ce qui concerne 2023, les acteurs interrogés par Lazard prévoient en moyenne que les volumes atteindront un nouveau record à 135 milliards de dollars. Il y a en effet plusieurs raisons d’être optimiste. Notamment, "les levées de fonds et la réduction de la poudre sèche ont toutes deux pesé de façon significative sur les volumes en 2022, ce qui devrait s'améliorer en 2023 avec l'arrivée de nouveaux capitaux", explique Holcomb Green. D’autre part, "les volumes du marché secondaire sont liés aux niveaux des actifs sous gestion sur les marchés de capitaux privés qui se sont beaucoup développés et demeurent importants après des années de collecte de fonds records", ajoute-t-il.
La troisième raison est que les GP se tournent de plus en plus vers le marché secondaire pour obtenir des liquidités, les marchés des fusions et acquisitions et des introductions en bourse restant difficiles.
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