Publications, Résultats / Vallourec / New Vallourec / Philippe Guillemot / Résultats trimestriels
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Vallourec / New Vallourec / Philippe Guillemot / Résultats trimestriels
Vallourec se rapproche toujours plus de la redistribution aux actionnaires / Le milliard d’euros de dette semble loin
C’est dans le rouge que la séance s’est ouverte ce jeudi, pour Vallourec à la Bourse de Paris. Le titre a perdu autour de 5 % en début de matinée, avant d’effacer quelque peu ses pertes. Cet après-midi, il s’affichait toujours en baisse de 1 %, à la suite la publication des résultats du premier trimestre du spécialiste des tubes sans soudure. Ce qui a pu pécher ? Peut-être des perspectives de résultat brut d’exploitation (RBE), pour le premier semestre, finalement inférieures aux prévisions des analystes. Car pour le reste, "les résultats du premier trimestre sont en ligne avec les attentes et le désendettement se poursuit. Les perspectives pour le premier semestre sont [certes] inférieures aux attentes (environ - 10 % contre les attentes du consensus) mais le désendettement va se poursuivre (principal objectif des investisseurs)", expliquait ce matin le cabinet Oddo BHF. En cause, donc, un deuxième trimestre lors duquel l’indicateur sera attendu en baisse modérée par rapport aux trois premiers mois de l’année, en raison d’une dynamique du marché des tubes moins allante qu’anticipée aux États-Unis.
Ce qui ne devrait sûrement pas se poursuivre sur le reste de l’année, a souligné le président-directeur général du groupe, Philippe Guillemot, lors d’une conférence de presse téléphonique, tout en indiquant que cette baisse restait à mettre en perspective, au regard des performances que réalisait l’entreprise avant la mise en œuvre du plan stratégique orchestré par le patron du groupe, "New Vallourec".
C’est d’ailleurs cette même latence sur le marché nord-américain qui a été l’une des causes du recul du chiffre d’affaires du groupe sur les trois premiers mois de l’année. Il s’affiche en baisse de 26 % sur un an à taux de change constants, à 990 millions d’euros, du fait d’un effet volume négatif à hauteur de 32 %. Outre de moindres livraisons de tubes pour le segment "Pétrole & Gaz" outre-Atlantique, la fermeture des sites du groupe en Allemagne a nécessairement également eu un impact sur le volume des facturations. Pour mémoire, ceux-ci avaient été fermés dans le cadre du redressement de Vallourec, faute de profitabilité suffisante.
Une marge qui se maintient
Malgré cela, la marge s’est maintenue. Le résultat brut d’exploitation a atteint 235 millions d’euros au cours du premier trimestre, pour une marge correspondante de 23,7 % du chiffre d’affaires (contre 23,9 % un an auparavant). Une diminution à mettre en relation avec la baisse des prix de vente moyens en Amérique du Nord, qui a été compensée par l’amélioration des résultats du segment "Tubes" en dehors de la région.
Surtout, pour le sixième trimestre consécutif, Vallourec a poursuivi son désendettement. Au 31 mars 2024, la dette nette s’élevait à 485 millions d’euros. Elle est à comparer à un endettement d’1 milliard d’euros un an auparavant. Une avancée qui confirme la capacité du groupe à générer du flux de trésorerie, s’est félicité ce dernier, dont la globalité a atteint 102 millions d’euros au cours du premier trimestre. De quoi rassurer les agences de notation, alors que S & P a relevé pour la quatrième fois en deux ans la note de crédit du groupe et que Moody’s et Fitch lui apposent une perspective positive.
"Nous confirmons que 2025 sera l’année où nous ferons un retour à nos actionnaires", a assuré Philippe Guillemot. C’est en effet la date à laquelle le groupe estime qu’il aura atteint la dette nette zéro. L’échéance était jusqu’ici visée, elle est désormais bien confirmée. Et "au plus tard", a ajouté le patron de Vallourec, sous réserve, évidemment, de l’approbation du conseil d’administration quant à cette décision. "Pourquoi ? Parce que nous sommes en avance sur le plan de marche du groupe. Nous comptons poursuivre la baisse de notre dette nette, ce qui conforte notre engagement". Une annonce qui devrait plaire aux actionnaires du groupe, eux qui n’ont pas reçu de dividendes depuis près de dix ans.
Les étapes stratégiques se franchissent
Si les prévisions de RBE pour le premier semestre ont donc été prudentes, Vallourec pourra néanmoins faire valoir d’importantes avancées stratégiques sur la période. En avril, son bilan a été refinancé, notamment grâce au succès d’une émission obligatoire dont la demande a été quatre fois supérieure à l’offre. Une opération qui a permis au groupe d’allonger la maturité de sa dette tout en réduisant ses coûts financiers : "Nous aurons remboursé, à la fin de l’année 2024 et avec deux ans d’avance, l’intégralité de notre prêt garanti par l’État", a d’ailleurs souligné Philippe Guillemot.
La gouvernance a aussi été réorganisée pour s’aligner sur les objectifs stratégiques du groupe, en ce qui concerne les nouvelles énergies. Car Vallourec prévoit d’en tirer 10 % à 15 % de son RBE à l’horizon 2030. Les équipes de Delphy, la nouvelle solution de stockage vertical d’hydrogène que le groupe a inauguré en décembre dernier, ont fait leur entrée au plus haut niveau du groupe, car elle est désormais directement rattachée au président-directeur général. En parallèle, l’ensemble des solutions tubulaires premiums dédiées à la géothermie, à la séquestration du carbone, au solaire et à la biomasse ont été rapprochées du reste de sa gamme de produits afin de créer des synergies commerciales.
Pour 2024, le groupe s’attend ainsi à ce que sa marge de RBE soit élevée, que sa génération de trésorerie globale soit positive et, évidemment, que la dette nette soit significativement réduite par rapport à ce premier trimestre. Un exercice que le groupe devrait d’ailleurs finir aux côtés de son nouvel actionnaire de référence, ArcelorMittal, qui a signé un accord afin de succéder au fonds Apollo à ce poste. La transaction reste pour l’instant soumise aux approbations réglementaires et devrait être finalisée au second semestre de 2024.
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