Macro-économie / Taux / Zombies / entreprises / Crise sanitaire / France / fonds de solidarité
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Pandémie : un des versants du « quoi qu’il en coûte » n’aurait pas favorisé la zombification / Les subventions d'exploitation n'auraient pas permis la survie d'entreprises non viables
Si entreprises zombies en France il y a, ce ne serait pas du fait du fonds de solidarité. Le gouvernement avait déployé cet instrument pendant la pandémie pour limiter les retombées économiques des différents confinements.
Pour mémoire, les entreprises devaient justifier d’une perte d’au minimum 50 % de leur chiffre d’affaires par rapport à leur niveau de 2019 pour avoir accès au fonds de solidarité. La plupart du temps, et dans la limite de 10 000 euros, l’intégralité de cette perte était remboursée par la puissance publique (20 % du chiffre d’affaires pouvait être remboursé dans la limite de 200 000 euros). Si bien que la facture s’est élevée à 40 milliards d’euros au total pour l’Etat sur l’ensemble des années durant lesquelles ce dispositif fut en vigueur.
D’aucuns ont mis en cause cet outil arguant qu’il aurait favorisé la survie d’entreprises structurellement en difficulté et ce faisant la zombification de l’économie française. Rappelons qu’une firme dite zombie est une entreprise dont l’excédent brut d’exploitation est durablement insuffisant pour couvrir ses dépenses d’intérêts. L’existence de ces entreprises est pénalisante pour une économie car elles influeraient à la baisse sur la croissance de la productivité et contreviendraient à une allocation optimale des ressources.
Une étude de la Direction générale des Entreprises (DGE), organisme qui a conçu, chiffré, et écrit les textes du dispositif et qui dépend du ministère de l’Economie et des Finances, affirme que le fonds de solidarité n’aurait pas contribué à la survie d’entreprises non viables. S’il y avait participé, alors "le taux de défaillance des entreprises intensément bénéficiaires aurait fortement progressé avec la diminution des aides et aurait été plus élevé que celui des entreprises non bénéficiaires", résume Cyril Recco, chef de projets "Analyse économique des aides d’Etat" au sein de la DGE.
Ce sont les secteurs du commerce, du transport-entreposage et de l’hébergement-restauration, (ils ont bénéficié à eux trois de 60 % du total des subventions d’exploitation), qui ont fait l’objet d’une analyse de la DGE. "Dans les deux ans qui suivent les principaux versements du fonds de solidarité, les risques de défaillances des commerces aidés n’étaient pas significativement supérieurs à ceux qui n’ont pas été aidés", rapporte Cyril Recco, qui avance que le constat est identique pour l’hébergement-restauration.
Enfin, dans le transport et entreposage, "les entreprises les plus aidées (dernier quartile) présentent toujours un risque de défaillance inférieur aux entreprises non aidées pendant la sortie de crise. Au total, entre 2021 et octobre 2023, leur probabilité d’entrer en défaillance est inférieure aux entreprises moins aidées ou non aidées", a calculé l’économiste.
Une étude du Conseil d’analyse économique menée par Mathieu Cros, Anne Épaulard et Philippe Martin indique que si les défaillances d’entreprise se sont effondrées en 2020, les variables (d’abord la dette et la productivité du travail) qui permettaient de prédire en 2019 quelles entreprises allaient entrer en défaillance étaient les mêmes en 2020. "Cela suggère que la réduction des faillites d’entreprises n’altère pas le processus de création – destruction", écrivaient les trois chercheurs. "Ceci confirme la neutralité des dispositifs de soutien déployés en 2020", interprétait Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France, qui était alors cheffe économiste de la Direction générale du Trésor.
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