Evenements / Société Générale / Assemblée générale / Banque
Evenements
Société Générale / Assemblée générale / Banque
Société Générale : et si l’ère Krupa venait (vraiment) de commencer / Une deuxième chance pour convaincre que la méthode à suivre est la bonne
Que ses actionnaires se rassurent, Société Générale n’est pas à vendre. Étonnés par les propos du président de la République, lors de l’événement Choose France, la semaine dernière, qui plaidait pour plus de consolidation dans le secteur bancaire européen, sans toutefois nommer lui-même la banque de la Défense, les actionnaires du groupe avaient besoin d’être rassurés.
Le directeur général, Slawomir Krupa, s’y est employé durant l’assemblée générale de la banque rouge et noire ce mercredi. "Nous n’avons pas vocation à commenter la politique européenne du président de la République mais la probabilité d’une opération d’ampleur transfrontalière en Europe est de mon point de vue nulle. Ce type d’opération est improbable en Europe pour toute une série de raisons, en premier lieu réglementaires, comme la surcharge importante en capital liée à la taille des banques ou le non-achèvement de l’Union bancaire. Par ailleurs, il existe aussi une raison industrielle, les synergies étant historiquement très difficiles à extraire ", a répondu celui qui fête ses un an à la tête de Société Générale.
Une transformation menée à bas bruit
Le directeur général n’a aujourd’hui qu’une obsession : renforcer son entreprise. "Qu’elle soit forte, performante, pour justement pouvoir saisir les opportunités, en tant qu’acteur, d’une consolidation en Europe ", a expliqué Slawomir Krupa. Et pour y parvenir, il a un plan : celui dévoilé le 8 septembre dernier lors du Capital Market Day de la banque.
Une feuille de route allant jusqu’à 2026 qui avait été jugée trop prudente par les analystes se montrant toujours plus impatients de voir des résultats concrets arriver. Si bien que la capitalisation boursière de Société Générale tourne aujourd’hui autour des 22 milliards d’euros - "mais le titre a progressé de 17 % par rapport au 22 mai 2022, soit au-dessus de la performance du CAC 40 ", a toute de même tenu à souligner le directeur général - quand celle de Crédit Agricole vaut le double, et celle de BNP Paribas quasiment le quadruple.
Et pourtant, l’ancien patron de la banque de financement et d’investissement du groupe veut y croire. "Un chemin qui est long et ardu mais une trajectoire dont nous ne dévierons pas", a-t-il garanti. "Depuis un an, nous nous transformons. Des efforts d’ampleur, très importants, sont menés mais à bas bruit. Pourtant, obtenir une position solide contribuera à la revalorisation de l’action ", a promis le directeur général.
Pas de retard sur le plan
De fait, en un an de mandat, Slawomir Krupa s’est montré très actif. Plusieurs chantiers ont été lancés, et ce pour répondre à ses trois mots d’ordre : capital, rentabilité et économies. Ainsi, la fusion dans la banque de détail en France entre Crédit du Nord et Société Générale, rassemblés sous la bannière SG, a poursuivi sa mise en œuvre, comme celle de LeasePlan et ALD Automotive pour créer la nouvelle marque Ayvens. D’autres projets ont été lancés, à l’instar du rapprochement avec le canadien Brookfield dans la dette privée. La création de la co-entreprise entre la banque et l’américain Alliance Bernstein, avec pour objectif de devenir un leader du métier actions, a enfin été lancée. Pour mémoire, la cible ROTE de Société Générale doit être comprise entre 9 % et 10 % en 2026, "soit un doublement par rapport aux dernières années ", a précisé Slawomir Krupa.
Côté économies, qui devront elles avoir atteint 1,7 milliard d’euros en 2026, la vente de nombreuses filiales en Afrique pour se recentrer dans les pays où le groupe est leader, tout comme celle de ses activités de financement d’équipements professionnels au groupe BPCE, ont été engagées. L’on notera d’ailleurs que la rémunération du directeur général est restée inchangée par rapport à l’année dernière.
En parallèle, la banque met de côté trimestre après trimestre, pour renforcer son capital. "D’ici 2026, nous aurons consolidé un matelas de fonds propres (le niveau cible de ratio CET 1 doit être porté à 13 % en 2026 sous Bâle IV, avec un niveau minimum basé sur un coussin de 200 points de base, ndlr) capable non seulement de faire face à des chocs de toute nature mais qui offre des opportunités de croissance", a-t-il martelé.
Penser long terme
Autant d’efforts qui doivent renforcer la solidité de Société Générale pour les décennies à venir. " La perspective de long terme est au cœur de notre stratégie ", a assuré Slawomir Krupa, pour qui "une fondation solide apporte une performance durable pour les actionnaires, les salariés et la société ". Et visiblement, les actionnaires y croient aussi, les résolutions présentées en assemblée générale ayant toutes été adoptées à plus de 90 % des votes.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

