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Pour Alstom, l’augmentation de capital, c’est maintenant / Désendettement à marche forcée

Alstom n’aura pas tardé à passer de la parole aux actes. Sitôt avoir réalisé une émission d’obligations hybrides de 750 millions d’euros, le groupe dirigé par Henri Poupart-Lafarge vient de lancer l’augmentation de capital promise d’un montant de 1 milliard d’euros. Combinées aux cessions d’actifs, ces opérations doivent permettre de réduire l’endettement de 2 milliards d’euros, laissant le temps à l’entreprise d’optimiser sa performance opérationnelle et sa génération de trésorerie.
Alstom a donné le coup d'envoi de son augmentation de capital de 1 milliard d'euros - Photo by HENDRIK SCHMIDT / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
Alstom a donné le coup d'envoi de son augmentation de capital de 1 milliard d'euros - Photo by HENDRIK SCHMIDT / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Autant battre le fer tant qu’il est chaud, avec la certitude d’un environnement de marché financier propice à court terme. Moins de trois semaines après sa présentation, l’entreprise de transport ferroviaire attaque déjà le volet le plus crucial de son important plan de désendettement : l’augmentation de capital de 1 milliard d’euros, celle dont l’annonce initiale avait fortement désarçonné les investisseurs, mais rendue nécessaire par une dette nette qui s’élevait à 3 milliard d’euros à fin mars.

Prévue pour être exécutée au plus tard à la fin du mois de septembre, elle sera finalement bouclée dès le 17 juin prochain, date de première cotation des 76,9 millions de nouvelles actions à émettre, avec une période de souscription se déroulant du 30 mai au 10 juin inclus. Une volonté d’aller vite visiblement très bien accueillie sur le marché : l’action Alstom gagnait lundi plus de 4% en tête de l’indice SBF 120 (le titre est sorti en mars du CAC 40), à 19,5 euros. Et ce, bien que le prix de souscription de 13 euros annoncé fasse ressortir une décote de près de 30% par rapport au dernier cours de clôture. Les actionnaires ont, il est vrai, la possibilité d’éviter la dilution liée à l’opération en y participant, à l’image de Bpifrance et de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui détiennent respectivement 7,5% et 17,4% du capital, et qui se sont engagées à y souscrire au prorata de leurs participations.

Pour ce faire, les actionnaires recevront un droit préférentiel de souscription (DPS) par action détenue, cinq DPS donnant droit à la souscription d'une action nouvelle. L’opération est de toute façon garantie par un syndicat bancaire comprenant BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, J.P. Morgan et Société Générale en tant que coordinateurs globaux, chefs de file et teneurs de livre associés, mais aussi BofA Securities, Citigroup, Mizuho et Natixis en tant que teneurs de livre associés et BBVA, CIC et Deutsche Bank en tant que co-teneurs de livre. Un large panel d’établissements financiers devant assurer, quoi qu'il en soit, le succès de cette opération qui constitue la pierre angulaire du plan de désendettement en trois points élaboré par Bernard Delpit, le directeur financier de la société depuis juin.

Le lancement de cette augmentation de capital intervient ainsi quelques jours après l’annonce du succès d’une émission d’obligations supersubordonnées (ou "hybrides") de 750 millions d’euros, considérée pour moitié par l’agence Moody’s comme des capitaux propres ("equity credit"). Sachant que le plan s’appuie également sur un programme de cession d’actifs d‘environ 700 millions d’euros déjà bien engagé. Après la cession pour 75 millions d’euros de sa participation dans le constructeur ferroviaire russe Transmashholding (TMH) réalisée en janvier, le groupe a annoncé la vente de son activité de Signalisation conventionnelle en Amérique du Nord à l’allemand Knorr-Bremse AG : celle-ci devrait être bouclée dans le courant de l’été, générant un produit de cessions d’environ 630 millions d’euros.

Ces trois mesures que l’on peut qualifier d’ "inorganiques" visent à réduire la dette de 2 milliards d’euros. Elles doivent permettre à Alstom de maintenir sa notation de crédit dans la catégorie investissement, le temps que le plan d’amélioration de la performance opérationnelle et de la génération de trésorerie produise ses effets. Le groupe n’a pas le droit à l’erreur. Sa marge d’exploitation ajustée doit passer d'environ 3,8 % fin mars 2024 à plus de 5 % d'ici mars 2025, avec la génération d’un flux de trésorerie disponible positif et durable. Les progrès sont principalement attendus à compter du second semestre de l'exercice 2024/2025 du fait des contrats à faible marge dans le carnet de commandes qui ne se résorbent que lentement et de la saisonnalité du fonds de roulement.

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