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Entreprises / Actions / Nicolas Dufourcq / Bpifrance / Sénat / Délégation aux entreprises

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Nicolas Dufourcq / Bpifrance / Sénat / Délégation aux entreprises

Nicolas Dufourcq soutient l'efficience du guichet unique de Bpifrance / Des effets de levier d'autant plus primordiaux dans un contexte budgétaire tendu

Auditionné par les membres de la délégation sénatoriale aux entreprises, dans le cadre de la mission d’information "Financement de l’entreprise de demain", le directeur général de Bpifrance est revenu sur le caractère opérationnel de la banque publique d’investissement auprès des PME françaises. Et alors que les objectifs de réduction du déficit budgétaire et de la dette publique française devraient venir peser dans une certaine mesure sur les dotations de l’État à Bpifrance, Nicolas Dufourcq a appelé à préserver les financements à forts effets de levier.
Nicolas Dufourcq (Photo by SEBASTIEN BOZON / AFP)
Nicolas Dufourcq (Photo by SEBASTIEN BOZON / AFP)

Décarbonation, transition environnementale, nouvelles technologies, passage à l’export, évolution des compétences, besoin de réindustrialisation national… difficile d’être une entreprise française en 2024 ? Pour faire face à ces défis de taille et devenir les sociétés de demain, pas de secret : ces dernières auront besoin de financements. C’est dans cet esprit que la délégation aux entreprises du Sénat a entrepris au mois de janvier une mission d’information consacrée à la thématique, confiée à la sénatrice du Loiret Pauline Martin et aux sénateurs Pierre-Antoine Lévi et Fabien Gay, respectivement élus du Tarn-et-Garonne et de la Seine-Saint-Denis.

Tout ceci alors que les entreprises françaises disposent de moins de fonds propres que leurs homologues européennes, explique la délégation dans son exposé des motivations ayant mené à l’initiation de cette mission. Et que le rôle de l’État, en soutien à ces investissements, est remis en cause dans un contexte budgétaire tendu. Autant de sujets que Bpifrance connaît bien, pour côtoyer bon nombre des principales concernées : de 2013 à 2023, 40 % des PME et 60 % des ETI françaises ont bénéficié au moins une fois de son soutien. Nicolas Dufourcq, le directeur général de la banque publique d'investissement, était donc entendu par les sénateurs jeudi.

 

Un catalogue trop fourni ?

 

Mais qui dit financements efficaces, dit aussi lisibilité. De fait, Olivier Rietmann, sénateur de la Haute-Saône et président de la délégation a souhaité interroger le dirigeant sur la question. Sur le seul plan des aides à la transition écologique des entreprises, a-t-il pointé, la revue élaborée par l’Inspection générale des finances en 2023 avait recensé 340 dispositifs dont la complexité pouvait être appréhendée par les entreprises. "Ma position et je l’affiche, consiste à dire que lorsque vous êtes patron de PME, la force de vente qui s’adresse à vous, c’est celle de la Bpi, c’est celle-là que vous connaissez", a entamé Nicolas Dufourcq. "Dans toutes les entreprises, vous avez des catalogues de produits qui sont très complexes. C’est universel. Et le rôle d’un chargé d’affaires [de Bpifrance], c’est de les simplifier, de prioriser deux ou trois choses et d’orchestrer une solution", a-t-il poursuivi.

En clair, a expliqué le patron de Bpifrance, lorsque l’État cherche à pousser des dispositifs vers les PME, il passe par la "branche entreprise" qu’est la banque publique d’investissement. En témoigne le travail réalisé en partenariat avec l’Ademe, a souligné Nicolas Dufourcq, avec qui Bpifrance réalise par exemple des bilans carbone et des diagnostics de décarbonation, opérés au travers d'un porte-à-porte auprès des dirigeants effectué par Bpifrance, avant de leur proposer les prêts nécessaires à ces investissements. "L’Ademe est très adaptée aux grandes entreprises, mais n’a pas le réseau pour faire du face-à-face avec l’ensemble des PME françaises. Nous avons 200 000 clients actifs. La Bpi est équipée pour cela", s’est félicité Nicolas Dufourcq, en pointant que sur la question environnementale (parmi bien d'autres), le "côté opérationnel de la Bpi en exécution des politiques publiques ce sont 55 agences locales et la formation de nos chargés d'affaires : l'inscription dans leurs objectifs commerciaux et dans leur part variable des objectifs de porte-à-porte de masse du Plan climat".

 

La méthode initiale

 

Et de pointer que "la simplification c’est surtout - et c’est la philosophie de la création de Bpifrance il y a onze ans maintenant - le guichet unique. C’est la méthode, ce guichet unique simplifie tout". Conclusion, selon le dirigeant : la simplification se fait par ce guichet unique et par le contact client. "Beaucoup plus que par un travail surplombant sur le catalogue de produits, où l’on va supprimer quelque chose à partir de Paris", a-t-il poursuivi, en admettant que certains dispositifs n’étaient pas utilisés, ce qui pouvait donner une impression de complexité. "Il faut reconnaître que certains produits marchent mieux que d’autres. Et les produits fondamentaux sont ceux de conseil, tout ce qui est physique, humain. Et ensuite les produits de financements, le tout assis sur la conviction intime que nous avons, qui est celle d’aller vers des produits à effet de levier. Je pense que nous en avons pour des années de sur-dette à 110 % [du PIB]. Le produit de garantie, les fonds de garantie… tout ce qui est à effet de levier doit être priorisé. C’est le métier de la Bpi", a insisté Nicolas Dufourcq.

Une déclaration faisant écho à une réponse qu’il avait donnée quelques instants auparavant, alors que le président de délégation sénatoriale aux entreprises l’interrogeait sur les conséquences que la trajectoire des comptes publics aurait sur son activité. "Le gouvernement cherche près de 50 milliards d’euros d’économies, c’est l’estimation par la Cour des comptes de ce qui sera nécessaire d’ici à 2027. Dans ce contexte, vous attendez-vous à ce que les dotations à Bpifrance, qui sous-entendent certaines activités comme la garantie de prêts bancaires, fassent l’objet d’un rabot dès le prochain projet de loi de finances ?", a soulevé Olivier Rietmann.

 

Deux priorités

 

Pas de suspense, il semblerait que les dés soient déjà jetés. Les contraintes budgétaires sont incontestablement là, a observé Nicolas Dufourcq : "Nous avons dû nous serrer la ceinture sur le programme 134 et sur un certain nombre de lignes d’equity, en particulier, mais qui concernent plus le programme Quartiers 2030", ainsi que sur une subvention verte qui ne devrait pas être poursuivie. Pas de réductions considérables à l’échelle du problème rencontré par les comptes publics, a-t-il souligné. Plutôt "seulement" quelques dizaines de millions d’euros.

"Nous sommes totalement solidaires de l’objectif de réduction du déficit budgétaire et de la dette publique française. Mes collaborateurs le savent, c’est une obsession personnelle. J’affirme avoir une culture budgétaire, ne serait-ce que parce que j’ai commencé ma carrière comme responsable du financement de la Sécurité sociale, avenue de Ségur. Donc il faut trouver des solutions", a-t-il assuré. Reste que l’impact de ces dizaines de millions d’euros ne devrait pas être négligeable pour les entreprises françaises, car ils ont des effets multiplicateurs significatifs. Alors, que soutenir en priorité ? Deux choses, a conclu Nicolas Dufourcq. Ce qui est évidemment à fort effet de levier - comme la garantie ou le cofinancement - et le conseil, soit notamment les crédits affectés à la direction de l'accompagnement. De quoi répondre aux interrogations des sénateurs, dont les conclusions des travaux relatifs à cette mission d’information "Financement de l’entreprise de demain" seront présentées le 27 juin prochain.

 

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