WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Droit des sociétés / Portrait / Cabinet d'avocats / M&A / Julie Vern Cesano-Gouffrant / Santé

Droit des sociétés
Portrait / Cabinet d'avocats / M&A / Julie Vern Cesano-Gouffrant / Santé

exclusif Julie Vern Cesano-Gouffrant, une avocate très en vue sur la consolidation du secteur de la santé / Une associée en M&A chez Winston & Strawn destinée à porter à la robe

EXCLUSIF. Malgré une incursion de trois ans au sein de la direction juridique d’UTC, l’associée monde au cabinet Winston & Strawn se plaît trop à négocier des deals, et plus particulièrement dans le secteur de santé, - un financement privé du système de soins français qu’elle n’hésite pas à aller plaider auprès des sénateurs -, pour laisser tomber son métier d’avocate. Une vocation que certains avaient décelée très tôt. Portrait.
Julie Vern Cesano-Gouffrant (©Winston & Strawn)
Julie Vern Cesano-Gouffrant (©Winston & Strawn)

Ce n’est pas tous les jours qu’un avocat est invité à s’exprimer au Parlement. C’est pourtant ce qui est arrivé à Julie Vern Cesano-Gouffrant, associée au cabinet Winston & Strawn qui fut auditionnée, le mois dernier, par les membres de la mission d’information sénatoriale sur la financiarisation du système de santé. "Cela montre que le cabinet est très bien identifié pour la profondeur de son expertise dans ce secteur ", souligne l’avocate de 42 ans dans un entretien accordé à WanSquare.

 

Des financements privés indispensables et à défendre

 

Pour mémoire, rapportée par les élus Corinne Imbert, secrétaire de la commission des affaires sociales (Les Républicains), Olivier Henno (Union Centriste) et Bernard Jomier (Socialiste), tous deux vice-présidents de cette même commission, cette mission a pour objectif de mieux comprendre la place croissante des acteurs financiers dans l’offre de soins et d’identifier ses conséquences notamment sur l’organisation du système de santé français, les conditions d’exercice des professionnels et les modalités de prise en charge des patients. "Nous sommes très heureux d’avoir pu porter notre parole et faire valoir nos positions devant les sénateurs car nous estimions que les propos tenus sur la thématique sont, de façon générale, très à charge. Le terme ‘financiarisation’ ne nous convient d’ailleurs pas, il est péjoratif. Nous préférons plutôt parler de consolidation du secteur de la santé. Notre cheval de bataille est de faire en sorte que les investissements et la consolidation demeurent possibles dès lors qu’ils sont vertueux. Le secteur public et la sécurité sociale ne peuvent en effet assumer seuls le financement d’un système de soins performant, d’autant que l’innovation coûte très cher et consomme beaucoup de ressources financières ", assure le conseil d’acteurs devenus majeurs dans de nombreuses spécialités du secteur.

 

Tout quitter pour faire du droit

 

Selon l’avocate, tout l’enjeu est en effet de pouvoir faire entendre et comprendre qu’un partenaire financier bien choisi peut permettre aux professionnels de santé de proposer une offre de soins plus complète, de meilleure qualité et dans des délais ne faisant encourir aucune perte de chance aux patients, tout en bénéficiant des expertises extra-financières de ces partenaires. "Cela représente toute la controverse sur la présence ou non d’investisseurs non professionnels de santé dans le capital des structures d’exercice", souligne l’associée qui a entendu parler des blocs opératoires pendant toute son enfance.

De fait, avec un père chirurgien vasculaire, une mère anesthésiste et un frère directeur de clinique, Julie Vern Cesano-Gouffrant aura pu elle aussi choisir de devenir médecin. Elle a préféré la robe… et plutôt deux fois qu’une. Certes, sa mère lui a longtemps répété qu’elle était faite pour l’avocature, mais c’est engagée en deuxième année de langues étrangères à Bordeaux pour préparer le CELSA que l’étudiante découvre le droit. "J’ai été franchement séduite par la matière et j’ai donc décidé de reprendre mes études à zéro en m’inscrivant à l’Université Panthéon-Assas à Paris", nous confie-t-elle.

 

A bonne école

 

Son Master en poche, elle hésite à se spécialiser en droit des sociétés ou en droit fiscal. "Lors d’un entretien pour un stage au sein du cabinet Freshfields Bruckhaus Deringer, j’ai pu échanger avec un collaborateur senior en M&A- private equity et j’ai décidé que ce domaine serait ma spécialité", poursuit Julie Vern Cesano-Gouffrant. Entrée au sein de la firme anglaise comme stagiaire, elle y sera ensuite juriste le temps de prêter serment en 2007. " L’un de mes premiers dossiers importants fut de l’audit et la prise de participation au sein d’une entreprise majeure dans le secteur des systèmes de sécurité. Le cabinet cherchait en effet très tôt à apprendre le métier à ses avocats pour développer leurs compétences. ‘L’école’ Freshfields Bruckhaus Deringer fut très formatrice", se souvient-elle.

En 2008, Julie Vern Cesano-Gouffrant décide de rejoindre les équipes de Ginestié Magellan Paley-Vincent. "J’ai eu l’opportunité d’intégrer un cabinet français plus petit, avec une taille de département M&A divisée par trois. Dans ce contexte, j’ai très vite été responsabilisée auprès des clients, ce qui fut très motivant après seulement trois ans de barreau", constate l’avocate. Elle apprendra beaucoup auprès de Philippe Ginestié, fondateur du cabinet et expert des sujets de transmission d’entreprises en conseillant notamment les entreprises familiales Hermès ou Galeries Lafayette, et Catherine Paley-Vincent, reconnue sur les sujets santé. "C’est aussi à cette époque que j’ai eu l’occasion de travailler sur mon premier dossier santé. Il s’agissait de l’accompagnement des fondateurs du groupe d’établissements de santé privé, Elsan. Le domaine de la santé est donc venu tout naturellement dans ma carrière", nous explique Julie Vern Cesano-Gouffrant qui y sera nommée counsel en 2014.

 

Retour à ses premiers amours

 

Néanmoins, la même année, l’avocate fera un pas de côté en intégrant la direction juridique d’UTC (United Technologies). "Je venais juste d’avoir mon premier enfant. J’ai été contactée par un chasseur de têtes et je me suis laissée tenter. Je traitais surtout des sujets de risk management en assurant que les contrats signés par les business unit ne mettaient pas en danger le groupe en termes de droit de la concurrence notamment. J’y faisais donc tout sauf du M&A. Si j’ai pu vivre une autre facette de mon métier, j’ai vite compris que l’avocature et le jeu de la négociation me manquaient", constate Julie Vern Cesano-Gouffrant.

C’est ainsi qu’elle rejoint la firme américaine Winston & Strawn en juin 2017. "Gilles Bigot, associé en M&A spécialisé sur les dossiers santé, m’a recrutée pour devenir son 'adjointe'. En reprenant mon métier, j’ai tout de suite eu l’impression de revenir à la maison. Six mois après j’étais promue associée", relate-t-elle.

A cette époque, le bureau de Paris est en pleine transformation. "C’est le moment où Winston & Strawn a réduit sa taille pour se recentrer sur certains secteurs d’activité. Nous étions seulement une dizaine d’avocats, certaines rumeurs prétendaient même que nous allions fermer. Notre mission était au contraire de relancer pleinement le bureau. ce qui fut fait avec succès", se félicite celle qui fut nommée associée monde du partnership américain en janvier 2023.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article