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La filière française du gaz reste pleine d’ambitions / Elle espère que les financements seront à la hauteur de celles-ci
"Les industriels vont aux États-Unis parce que l’énergie y est peu chère". Pas de doute pour Jean-François Cirelli, président de BlackRock France, Belgique et Luxembourg, qui a immédiatement souligné le problème majeur de l’énergie et du gaz français et européen. L’ancien président de Gaz de France, de 2004 à 2008, avait vu quelques minutes auparavant Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d’administration d’Engie, mettre en avant "un soutien de l’Europe qui a du mal à se mettre en place " et qu’en conséquence " il y a beaucoup d’incertitudes sur le niveau de soutien, les projets ont à l’inverse des chances de se développer aux États-Unis parce que le cadre d’incitations y est très prévisible".
Pas de catastrophisme cependant pour l’un et pour l’autre durant le congrès annuel FranceGaz, le président de BlackRock France a assuré que ses équipes "n’avaient pas réduit leurs investissements dans le gaz". Chez Engie on reste persuadé que "dans un système énergétique en pleine transition, le gaz va trouver sa place", de sorte qu’à ses yeux le retard pris n’est pas un abandon. Le débat pour un développement plus rapide de la chaîne de valeur est encore à mener néanmoins.
Simplifier
Tel un cri du cœur, de nombreux participants ont martelé le message de la très grande complexité réglementaire à l’échelle tant européenne qu’hexagonale. Fabrice Le Saché, vice-président du Medef en charge de l’Europe, regrettant que "les financements européens soient beaucoup trop complexes " et rapportant qu’il ne cesse de "demander à la Commission européenne d’arrêter tout biais idéologique" afin de permettre au secteur privé de porter des projets.
Un message partagé par David Le Saint, directeur général d’EQTEC France, lequel déplore également que les fonds européens "soient très durs à avoir, c’est parfois kafkaïen". Tout comme il alerte sur la situation d’entreprises devenues à la fois trop importantes pour bénéficier de l’aide de l’État ou du Venture Capital et encore trop risqué pour les fonds infrastructures.
Arrêter
Autre combat porté par nombre d’acteurs, celui d’un secteur de l’énergie étouffé par la taxation qui lui est imposé. Jean-François Carenco, président délégué de la Federec, estimant que "si l’énergie a été le socle de la fiscalité, elle ne peut plus être une vache à lait. Si on veut une énergie qui soit peu chère, on doit revenir là-dessus". Une problématique dont le Medef rapporte que ses partenaires italiens et allemands la mettent également au premier plan de leur préoccupation, comme pour les acteurs hexagonaux : c’est "le couple prix de l’énergie et d’une absence de visibilité qui inquiète". Sur un autre plan, Jean-François Cirelli a argué qu’il fallait "arrêter la destruction de la demande en Europe, si on veut la réindustrialiser".
Les débouchés semblent pourtant là. Laurence Poirier-Dietz, directrice générale de GRDF, a avancé le chiffre de 170 000 emplois supplémentaires pour le secteur du gaz dans les décennies à venir. Certains secteurs semblent tout proches de leur maturité, Jean-Pierre Clamadieu évoquant un secteur de l’Hydrogène dans lequel on "dispose de tous les savoir-faire" et dans lequel la complexité est surtout à chercher du côté réglementaire.
Seul homme politique invité ce matin, les ministres étant empêchés par la réserve électorale de l’élection européenne, le député Renaissance Pierre Cazeneuve, ancien rapporteur de la loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelable, a effectivement insisté sur le rôle des politiques publiques qui doit être de "ne pas bloquer, c’est très français puisqu’on adore les règles".
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