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Atos engage la vente de ses premiers joyaux stratégiques / Les logiciels de contrôle des centrales nucléaires valorisés 270 millions d’euros
Pas de temps mort pour Atos. Sitôt annoncé le choix de son futur repreneur, le groupe informatique est maintenant sur le point de céder Worldgrip, sa filiale hautement critique qui conçoit les systèmes de pilotage des centrales nucléaires pour EDF. Une activité tellement stratégique que Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, avait explicitement exprimé fin mai sa volonté qu'elle ne tombe pas entre les mains d’un investisseur étranger dans le contexte de restructuration en cours du groupe français.
Le choix finalement entériné de l’offre de reprise d’Atos de David Layani et de ses alliés créanciers, devant celle du tandem formé par l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky et le fonds alternatif Attestor, élimine a priori ce risque. En creux, la décision de vendre en urgence la filiale n’est pas forcément un signal rassurant quant à la position de trésorerie de l’entreprise, qui était de 1 milliard d’euros à la fin du premier trimestre. Sachant qu’il peut s’écouler quelques mois entre l’accord définitif de restructuration financière attendu d’ici en juillet, et la fin de la procédure accélérée qui doit ensuite le mettre en œuvre. La question étant de savoir si les 350 millions d’euros de financement supplémentaire négociés à court terme suffiront à faire le pont.
Atos a annoncé mardi soir être entré en négociations exclusives avec Alten afin de lui céder Worldgrid. En tant que groupe d’ingénierie externalisée très présent dans le secteur nucléaire, et client historique d’EDF, l’acheteur présente le profil adéquat. Celui-ci a grillé la politesse à son concurrent Assystem qui faisait figure de favori, étant d’ailleurs très actif sur le front de la croissance externe avec trois acquisitions réalisées en début d’année dans le digital, le management de projet et l’ingénierie dans le secteur du nucléaire. "Pour l’emporter, Alten aura payé le prix fort", note Invest Securities. Tandis que les rumeurs évoquaient un prix de cession de 250 à 300 millions d’euros, les négociations ont été engagées sur la base d’une valeur d'entreprise de 270 millions d'euros, pour une entité qui a généré en 2023 un chiffre d'affaires d'environ 170 millions d'euros (et dont la rentabilité n’a pas été communiquée).
Prochaine étape, la vente des activités sensibles touchant à la souveraineté du pays en matière de défense pour lesquelles le gouvernement français, par l’entreprise de l’Agence des participations de l’Etat (APE) avait envoyé en avril une lettre d’intention pour racheter les systèmes militaires, les supercalculateurs et produits de cybersécurité, soit l’équivalent des deux tiers des l’activité BDS (Big Data & Security) d’Atos, pour un prix situé entre 700 millions d’euros et 1 milliard d’euros en valeur d’entreprise. "La phase de due diligence avec l’Etat français […] progresse de manière satisfaisante", a indiqué Atos le 3 juin. L’émission d’une offre confirmatoire non engageante est attendue pour mi-juin 2024. En espérant que ces cessions réalisées à des prix plutôt avantageux suffisent à sécuriser les finances du groupe de services numériques.
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