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L’intégration financière de la zone euro est à nouveau jugée décevante / La BCE s’inquiète de l’impact pour les financements sur le continent
"Malgré des efforts législatifs importants au cours de la dernière décennie, les activités de marché financier transfrontalier et le partage des risques n’ont pas augmenté". À l’instar du conseil franco-allemand des experts économiques récemment, Jérôme Henry, conseiller principal DG-Politique macroprudentielle et stabilité financière pour la Banque centrale européenne (BCE), regrette la trop faible avancée de l’union bancaire.
Plusieurs phénomènes sont décrits dans le rapport produit sur la question par la BCE, laquelle statue que le financement via l’emprunt recule et que "le mix de financement de l’économie de la zone euro s’est déplacé vers les capitaux propres". Une dynamique en partie expliquée par la hausse des taux, le resserrement des normes de crédit ou encore l’incertitude autour des prévisions de croissance. Les valorisations attractives des actions pourraient également avoir joué sur les flux.
Passer à l’action
L’habituel appel à une action provenant des politiques est formulé pour travailler à "l’élaboration d’une stratégie et la création d’un environnement de mobilisation de l’épargne et du financement". Une proposition articulée autour de trois leviers est faite ; il est ainsi proposé de procéder au "dégel" d’une partie "des dépôts improductifs détenus par les ménages de la zone euro", de faire en sorte que les marchés obligataires et boursiers soient davantage attrayants tant pour les émetteurs que les investisseurs et enfin de s’attacher à ce que les investisseurs étrangers soient plus enclins à investir sur les marchés financiers de la zone euro.
Sortir la calculette
Des mesures qui doivent permettre d’étancher la soif de financement en Europe lors des prochaines années. Un chiffrage est proposé concernant les dépenses liées à la question militaire, les simulations de la BCE évoquent que "si les États membres de l’UE augmentaient leurs dépenses de défense à 2 % du PIB par an (selon l’engagement de l’OTAN), cela impliquerait un total supplémentaire estimé de plus de 400 milliards d’euros de prix constants pour les pays membres de la zone euro par rapport au niveau observé avant le début de la guerre de la Russie en Ukraine".
Une somme qui n’est d’une part pas exhaustive et à laquelle il faut ajouter les difficilement calculables besoins de la transition énergétique. Le rapport évoque à ce sujet un besoin pour l’Union d’injecter "des sommes considérables jusqu’en 2030 et au-delà pour soutenir la transition verte ". Il est rappelé que lors des dix dernières années ce sont en moyenne "764 milliards d’euros par an (soit l’équivalent de 4,8 % du PIB de l’UE en 2022)" qui ont été investis par l’UE afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Pour juger des sommes supplémentaires à allouer à cet objectif, il est fait usage d’une estimation de la Commission européenne ; cette dernière évoque que pour réduire le déficit actuel d’investissement, il faudrait allouer 477 milliards d’euros supplémentaires chaque année. Un montant qui conduit à un total de 1 241 milliards d’euros par an, ce qui équivaut à 7,8 % du PIB de l’UE en 2022. L’essentiel de ces efforts supplémentaires serait dû d’une part au secteur des transports et de l’autre à l’immobilier résidentiel.
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