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Macro-économie / Taux / Bruno Le Maire / Bercy / Voeux / simplification administrative / Impôts de production / attractivité / union des marchés de capitaux

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Ce qu’il faut retenir des vœux de Bruno Le Maire / Attractivité financière, simplification et Union des marchés de capitaux au menu

Le locataire de Bercy présentait ce matin ses vœux aux acteurs économiques. L’occasion pour lui d’annoncer plusieurs chantiers à venir en 2024 comme notamment des projets de loi, l’un sur l’attractivité financière de la France, l’autre sur la simplification de la vie des entreprises, ou encore la poursuite des travaux sur l’Union des marchés de capitaux avec la mise en place d’un comité d’experts.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - Bertrand GUAY / AFP
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - Bertrand GUAY / AFP

Alors que le ministre de l’Économie et des Finances, prônait, ce week-end à quelques jours de l’annonce du remaniement ministériel, "les vertus de la stabilité à Bercy ", Bruno Le Maire a de nouveau fait part, ce lundi matin, à l’occasion de ses vœux au monde économique, de son souhait de rester en place. "Je suis très heureux de vous retrouver pour ma septième cérémonie de vœux. Tout a changé en sept ans sauf mon enthousiasme, mon engagement et ma détermination, je suis ici pour servir les Françaises et les Français, je suis ici pour servir le président de la République, je suis ici pour servir la majorité. C’est ma fierté et mon bonheur", a-t-il déclaré devant un parterre de grands patrons et d’élus.

Et comme chaque début d’année depuis 2018, le locataire de Bercy a donc profité du pupitre pour annoncer les grands chantiers qu’il compte mener au cours de l’année.

 

Faire de Paris une place financière encore plus attractive

 

Se félicitant d’abord que la France soit restée, l’année dernière encore, la nation la plus attractive d’Europe en termes d’investissements étrangers, Bruno Le Maire a annoncé la présentation prochaine d’un projet de loi "sur l’attractivité financière de la France". Un texte qui sera présenté au Parlement dès le printemps 2024. Pour rappel, le mois dernier, le ministre s’est rendu à New York où il a rencontré de nombreux grands acteurs financiers américains dans l’idée de promouvoir l’attractivité de la France et de les convaincre, - en tout cas ceux pour qui ce ne serait pas encore le cas -, de venir s’installer dans l’Hexagone. "La France avait su tirer le plein parti du Brexit et attirer à Paris les plus grands établissements financiers. L’idée du déplacement de décembre dernier était aussi de recueillir les avis des acteurs américains déjà présents à Paris pour savoir ce que nous pouvons améliorer. L’idée de ce nouveau texte sera donc d’aller encore plus loin de notre démarche ", nous explique le cabinet du ministre.

 

Une vague massive de simplification

 

Par ailleurs, comme annoncé par le président de la République vendredi dernier lors de la traditionnelle cérémonie de la galette à l’Elysée, un projet de loi de simplification de la vie administrative des entreprises sera également dévoilé en mars prochain. Ce texte devrait avoir principalement pour cible les entrepreneurs. "Notre objectif est double : une vague massive de simplification et une transformation du rapport entre administration et entreprises. Notre administration ne doit plus être face aux entrepreneurs, elle doit être avec eux. Elle ne doit pas défendre sa place, elle doit se mettre à leur place. Elle ne doit pas sanctionner, elle doit servir ", a expliqué Bruno Le Maire. En novembre déjà, Bercy avait lancé "Les Rencontres de la simplification" par laquelle une cinquantaine de fédérations professionnelles étaient invitées à faire valoir des propositions en vue de faciliter la vie des entreprises. Dans le même temps, une grande consultation publique avait été lancée. "Nous avons déjà recueilli 730 000 votes et 5400 propositions ", a indiqué le ministre ce lundi matin. Les résultats de cette consultation devraient être connus dans le détail aux alentours du 15 février.

 

Des combats culturels laissés à la main des patrons

 

Autre engagement important en faveur des entreprises : Bruno Le Maire a une nouvelle fois assuré que la baisse des impôts de production aurait bien lieu, sans toutefois revenir sur une date plus proche que celle de la fin du quinquennat promise lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2024 à l’automne dernier.

Une annonce que n’a sans doute pas manqué de noter le président du Medef, Patrick Martin, présent à la cérémonie. Elle ne fut probablement pas la seule. Alors que le patron des patrons ne cesse de demander plus de confiance des pouvoirs publics envers les entreprises, l’approche libérale du ministre des Finances et de l’Économie a dû séduire, ce lundi matin. Sur le sujet de l’emploi des plus de 55 ans par exemple, plutôt que de choisir de contraindre par la loi ou la réglementation, Bruno Le Maire a appelé tous les entrepreneurs de la nation à accomplir une véritable révolution culturelle. "Vous chefs d’entreprise, vous avez une responsabilité particulière : vous devez rompre avec cette pratique d’un autre temps - la mise à la retraite déguisée de vos salariés les plus âgés. Dans la négociation en cours, j’invite les partenaires sociaux à faire preuve de la plus grande ambition pour l’emploi des plus de 55 ans. […] c’est toute la filière senior dont il faudra revoir le fonctionnement pour obtenir de véritables résultats", a-t-il déclaré.

Dans le même esprit, le locataire de Bercy a incité " les entreprises qui ont augmenté les salariés en 2023 à continuer dans cette voie en 2024, en utilisant tous les instruments à leur disposition primes défiscalisées, heures supplémentaires", a encouragé Bruno Le Maire.

 

Financer la décarbonation industrielle

 

Le ministre a souhaité également soutenir la décarbonation des entreprises. Alors qu’il a fait de la réindustrialisation verte l’un de ses chevaux de bataille, le locataire de Bercy est bien conscient qu’elle réclame que plusieurs dizaines de milliards d’euros soient investies chaque année. Un rôle que ne peut pas assumer entièrement la puissance publique à travers des crédits d’impôts et des subventions eu égard à la taille de la dette qui est la sienne.

"Nous ne pourrons pas réussir sans mobiliser massivement l’épargne privée grâce à̀ une véritable Union des marchés de capitaux", a ainsi fait valoir Bruno Le Maire, qui a annoncé charger le gouverneur honoraire de la Banque de France, Christian Noyer, de piloter une mission sur ce sujet.

Dans le détail, l’ancien gouverneur de la Banque de France va présider un comité d’experts auquel est confié une mission dédiée à "l’approfondissement de l’Union des marchés de capitaux en vue de la prochaine mandature européenne". Pour mémoire, initiative lancée en 2015 par l’Union européenne (UE), l’Union des marchés de capitaux vise à créer un marché unique du financement en Europe et faciliter ainsi les investissements transfrontaliers notamment en levant des obstacles règlementaires.

Reste que malgré des progrès en la matière, "les marchés de capitaux européens demeurent insuffisamment développés et profonds, et l’écart vis-à-vis des marchés américains s’est creusé", déplore Bercy, qui explique qu’une nouvelle approche, "à la fois ambitieuse et réaliste, doit être explorée, par la France et ses partenaires européens, en se concentrant sur l’adoption d’un nombre limité d’actions réellement transformatrices des conditions de financement des entreprises au sein de l’Union européenne".

 

Diversité d’experts

 

C’est pourquoi, le comité d’experts, composé notamment de Robert Ophèle, ancien président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et président actuel de l’Autorité des normes comptables (ANC), Delphine d’Amarzit, directrice générale d’Euronext Paris et membre du directoire d’Euronext, Nicolas Calcoen, directeur général délégué d’Amundi, Anne Pointet, directrice générale adjointe de la banque privée de BNP Paribas, Frédéric de Courtois, directeur général délégué d’Axa et Bertrand de Mazières, conseiller spécial du président de la Banque européenne d’investissement (BEI), sera chargé "de formuler des recommandations concrètes, qui pourront être portées au niveau européen dans les cinq années à venir ", indique le ministère de l’Économie et des Finances.

"Nous devons donc constituer une véritable équipe d’Europe de l’épargne et de l’investissement. L’objectif de ce comité sera de contribuer à nourrir un plan d’actions européen en ce sens", a déclaré Bruno Le Maire.

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