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Philippe Petitcolin dans le cockpit du train Alstom / Une direction duale pour remettre le groupe sur les bons rails

Pour la troisième fois seulement de son histoire, Alstom est depuis jeudi piloté par une gouvernance dissociée entre un président et un directeur général. Le nouveau binôme composé de Philippe Petitcolin et Henri Poupart-Lafarge devra relever le défi de redresser les finances du groupe sur la durée, avec une plus grande discipline, afin de lui permettre de dégager un flux de trésorerie structurel à même de rassurer définitivement les marchés.
Philippe Petitcolin, le nouveau président d'Alstom - DR
Philippe Petitcolin, le nouveau président d'Alstom - DR

La dissociation des fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général d’Alstom approuvée jeudi par les actionnaires du groupe réunis en assemblée générale constitue un événement en soi. Ce n’est que la troisième fois de toute l’histoire de l’entreprise quasi centenaire qu’elle n’est pas dirigée par un unique président-directeur général.

Et encore faut-il observer que les deux seules fois où cela s’était produit auparavant correspondent à des phases de succession. Une transition de quatre ans de mars 1991 à janvier 1995 lorsque Pierre Bilger avait d’abord pris les commandes de la direction générale avant de pleinement succéder à Jean-Pierre Desgeorges en tant que PDG. Puis une transition éclair au premier trimestre 2003, lorsque Patrick Kron avait brièvement occupé la tête de la direction générale avant de prendre la totalité de la succession de Pierre Bilger.

Le contexte est cette fois-ci totalement différent puisque si le conseil d’administration qui s’est tenu jeudi soir immédiatement après l’assemblée générale a dissocié la gouvernance en nommant Philippe Petitcolin en tant que président du conseil d’administration, Henri Poupart-Lafarge gardant ses fonctions générales, la décision de mettre en place cette direction duale remonte à novembre dernier, lorsqu’Alstom avait reconnu étudier la possibilité de procéder à une augmentation de capital (depuis réalisée) afin de remettre d’aplomb son bilan fragilisé par une consommation de cash incontrôlée.

Le navire Alstom a tellement tangué que le conseil d’administration a décidé d’épauler celui qui vient de passer huit ans et plus de deux mandats en tant que PDG, par Philipe Petitcolin, industriel aguerri ayant longtemps œuvré au développement du groupe Safran, également président du conseil d’administration de KNDS, maison mère des fabricants de blindés français Nexter et allemands KMW

Si la situation de l’entreprise s’est heureusement redressée au second semestre de l’exercice 2023-2024 achevé fin mars, celle-ci doit maintenant convaincre de sa capacité à générer structurellement un flux de trésorerie positif, et donc à redresser sa rentabilité, le second semestre 2024-2025 s’annonçant clé pour mesurer les effets des efforts entrepris en ce sens.

Des efforts qui passent "par une meilleure planification" alors que la spécificité de l’activité d’Alstom nécessite de conjuguer le calendrier des clients avec la planification industrielle, la planification de l’ingénierie, de la chaîne d’approvisionnement, qui "ne sont pas statiques comme dans d’autres industries", mais "extrêmement mouvantes et donc la nécessité d’investir dans le planning est absolument clé pour l’avenir", a expliqué jeudi Henri Poupart-Lafarge devant les actionnaires. Le dirigeant soulignant également la nécessaire "discipline dans la soumission des offres, concernant les termes de paiement, les conditions techniques, ou les pénalités".

Les 600 millions d’euros de cash générés au second semestre 2023-2024 veulent dire "que ces actions ont commencé à porter leurs fruits", mais évidemment, le travail est "loin d’être terminé et il va falloir renforcer ces actions, continuer à travailler de manière à ce que cette génération de cash soit la plus pérenne et la plus stable possible", a ajouté Henri Poupart-Lafarge.

Celui-ci va donc désormais travailler en binôme avec Philippe Peticolin, qui a souligné pour sa part qu’Alstom était "une très belle société" ayant dû faire face "à une crise de croissance externe", une partie des récentes difficulté d’Alstom étant liées à l’acquisition en 2022 du canadien Bombardier Transport. "À la présidence de ce conseil, je ferai à la place qui sera la mienne, tout ce que je pourrai pour rendre votre société, notre société plus compétitive et plus performante", a-t-il promis.

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