WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Sur les marchés / CAC 40

Sur les marchés
CAC 40

Les marchés ne sont pas vraiment rassurés à l'issue du 1er tour / Le rendement à 10 ans français à un plus haut de 8 mois

Avec un rebond d’un peu plus de 1% après le premier tour des élections législatives, la Bourse de Paris se montre en partie soulagée. Le pire n’est pas arrivé, mais l’instabilité politique qui a toutes les chances de persister à l’issue du second tour n’est pas de bonne augure pour la prime de risque sur la France et l’Europe. Si le spread franco-allemand se détend légèrement, le rendement de l’OAT française à 10 ans atteint un plus haut depuis près de 8 mois.
Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Un certain soulagement était manifeste lundi sur les marchés français et européens après le premier tour des élections législatives en France. A la Bourse de Paris, le CAC 40, qui avait chuté de près 1,96% la semaine dernière pour atteindre son niveau le plus bas depuis fin janvier, a rebondi de 1,1%, à 7,561 points.

Si l’on s’intéresse dans le détail aux valeurs, les secteurs qui avaient été les plus vendus dans les premiers jours suivants l’annonce de la dissolution, c’est-à-dire les valeurs bancaires et les "utilities" (services aux collectivités), sont ceux qui ont connu lundi le plus fort rebond, à l’image de BNP Paribas (+3,6%), Société Générale (+3,1%), Engie (+2,96%) et Crédit Agricole (+2,8%).

Du côté des emprunts d’Etats, le spread (l’écart) entre les rendements français et allemand à 10 ans, indicateur clé du risque de crédit de la France, se resserrait autour de 80,1 points de base, en deçà de ses 85 points de base de vendredi, signe d’un léger apaisement.

Non pas que les investisseurs s’enthousiasment devant la victoire du Rassemblement national, et de son allié Eric Ciotti des Républicains, qui ont obtenu 33,15% des suffrages exprimés, devançant le Nouveau Front populaire, fruit de l’union des gauches et de l’extrême-gauche, qui a, lui, recueilli 27,99% des suffrages, loin devant la majorité présidentielle, Ensemble et son allié Horizons et ses maigres 20,04%. Mais, premier constat, "le scénario le moins favorable pour les marchés, celui d’une majorité absolue de l’alliance des gauches, est quasiment écarté", observent Sebastian Paris-Horvitz et Xavier Chapard de La Banque Postale Asset Management.

Le fait est que c’est celui qui inquiète le plus les milieux économiques. La fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (iFRAP) a ainsi estimé à 160,4 milliards d’euros l’augmentation nette des dépenses qui serait induite par la mise en œuvre du programme du Nouveau front populaire d’ici 2027, contre un surplus de 14,5 milliards d’euros pour celui du Rassemblement national. Et si le RN s’est engagé à respecter le Pacte de stabilité et de croissance de l’Union européenne, le NFP rejette, lui, explicitement les contraintes des règles budgétaires de l'UE.

En revanche, les résultats montrent aussi que le scénario qui aurait réduit le plus fortement le risque politique, celui d’une large coalition autour du centre, qui était certes le moins probable, se retrouve désormais écarté.

"Il ne reste donc que deux scénarios réalistes : celui d'une majorité absolue pour le Rassemblement national et celui d'un parlement sans majorité absolue plausible que ce soit pour un parti ou une coalition", notent les analystes de City Research. Or, si "le scénario d'un gouvernement intérimaire soutenu par un large électorat mais ne représentant qu’une minorité parlementaire, ne constitue évidemment pas une situation stable, celui d'une majorité d'extrême droite, bien qu'institutionnellement plus clair, soulèverait également des questions", ajoutent-ils. Il augurerait d’une relation conflictuelle entre le gouvernement et le président, vu le nombre important de divergences affichées sur des sujets clés, que ce soit en matière économique, de politique de défense ou de relations internationales.

Et cette instabilité, qui devrait résulter qu’il arrive après les élections, resterait peu propice aux prises de positions des investisseurs. L'indice Stoxx Europe 600, le plus large indice européen, a ainsi limité sa hausse à 0,4% lundi soir, à 513,6 points.

Et si le spread franco-allemand s'est légèrement resserré, le rendement de l'OAT française à 10 ans prenait 5 points de base lundi, pour s’établir à 3,34 %, son niveau le plus élevé depuis début novembre 2023, tandis que le bund allemand progressait de 11 points de base, à 2,608%. "Le scénario central d’un parlement sans majorité justifie une prime de risque, sur la France et surtout sur l’Europe, un peu moins élevée qu’avant les élections, mais qui devrait persister dans le temps", estiment Sebastian Paris-Horvitz et Xavier Chapard de La Banque Postale Asset Management.

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article