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Rencontres économiques d'Aix-en-Provence
Rencontres économiques d’Aix-en-Provence / France : la formation serait l'une des clés pour aller vers le plein-emploi
Quelles recettes la France peut-elle appliquer pour atteindre le plein-emploi ? Une question on ne peut plus cruciale sur laquelle ont bûché plusieurs panélistes durant les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Pour mémoire, sur ces dix dernières années, le taux de chômage de la France s’est établi à un record lors du quatrième trimestre 2014 et du deuxième trimestre 2015 à 10,5 %. Depuis lors, il est allé jusqu’à refluer de 3,4 points fin 2022 et début 2023 avant de remonter de 0,4 point sous l’effet du ralentissement économique (7,5 %, soit 2,34 millions de personnes).
Le taux d’emploi des 15-64 ans, lui, a progressé de 4,2 points sur la même période (68,9 %). “L’Allemagne a un taux d’emploi de 77 %, ce qui représenterait pour la France 4 millions d’emplois supplémentaires. Cela a l’air énorme mais si on regarde depuis 2018, la France a créé 2,5 millions d’emplois, c’est donc atteignable”, a expliqué Stéphane Carcillo, chef de la division "Emplois et Revenus" à l’OCDE.
Lors du débat, l’attention a notamment été portée sur les problèmes d’appariement sur le marché de l’emploi. D’après la Dares, direction statistique du ministère du Travail, la France comptait 546 600 emplois vacants au premier trimestre 2024 dans les entreprises du secteur privé (hors agriculture, particuliers employeurs et activités extraterritoriales). De sorte que plus d’une entreprise sur trois (36 %) indique connaître des difficultés de recrutement, selon la Banque de France.
“Pour descendre significativement en dessous des 7,5 %, il faut bien sûr que l’on ait une économie florissante […] mais le point numéro 1 est de mieux accompagner les demandeurs d’emplois pour les aider à avoir plus confiance en eux pour trouver le chemin du marché du travail”, a déclaré Alain Roumilhac, président France & Europe du Sud de ManpowerGroup.
Pourtant, ” la France dépense 35 milliards d’euros par an pour la formation professionnelle, soit pratiquement autant que le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche”, a rappelé Stéphane Carcillo, indiquant que si une réforme avait été faite, “il manque le volet ‘évaluation’”.
Pour Inès Seddiki, co-fondatrice de Ghett-up - Projet Jeunesse(s), la meilleure manière d’atteindre le plein-emploi est de revaloriser le travail. "Dans le top 10 des métiers en tension, il y a les infirmières, les enseignants, le bâtiment etc. pourquoi ? Ce sont des métiers très précaires, pénibles, à horaires hachés et où l’on n’est pas reconnu à sa juste valeur", a-t-elle estimé.
Un point de vue pleinement partagé par Olivier Lenel, président du directoire de Forvis Mazars France. "Il y a une corrélation forte entre plein-emploi et la valeur que l’on donne au travail. Il y a un sujet du 'care' de la population active, nous avons une responsabilité d’avoir des collaborateurs en bonne santé, c’est-à-dire qui sont à l’aise dans leurs baskets, voient du sens à leur travail, confiants dans leur avenir professionnel", a-t-il jugé, soulignant l’importance de la formation.
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