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Alstom sur de meilleurs rails / Une commande allemande géante qui va dans le bon sens
C’est un gros contrat qui tombe à point nommé pour rappeler le dynamisme du secteur ferroviaire, sur lequel évolue le constructeur français Alstom, qui s’efforce depuis plusieurs mois de regagner la confiance des investisseurs. Le deuxième trimestre démarre fort pour Alstom (dont la comptabilité fonctionne en exercice décalé, avec un deuxième trimestre courant du 1er juillet au 30 septembre) qui a annoncé mercredi la signature d’un accord-cadre d’un montant de 2,8 milliards d’euros avec la compagnie allemande de transport Hamburger Hochbahn concernant la livraison de 374 nouvelles rames de métro pour la ville de Hambourg.
Cette commande de grande ampleur survient après un premier trimestre qui s’est avéré à l’inverse plutôt pauvre en la matière, n’en dénombrant que quatre, pour un montant total de 1,8 milliard d’euros : un contrat de services d’une valeur d’environ 400 millions d’euros avec un client de la région AMECA (Afrique-Moyen-Orient-Asie centrale), 323 millions d’euros pour des locomotives en Italie, un contrat de matériel roulant et signalisation d’environ 670 millions d’euros remporté auprès d’un client européen, et une commande de 430 millions d’euros pour le métro de Londres.
En ajoutant les commandes de petites et moyennes tailles (base orders) qui se situent généralement entre 1,5 à 2 milliards d’euros par trimestre, les commandes enregistrées sur le trimestre écoulé devraient s’établir autour de 3,6 milliards d’euros selon les calculs des analystes de JP Morgan et d’Oddo BHF. Dès lors, le ratio book-to-bill rapportant les nouvelles commandes aux facturations devrait se situer autour de 0,8 fois, à comparer à 0,93 fois à la même période de 2023. Un niveau assez en retrait des attentes du consensus, qui table sur des commandes un peu supérieures à 4,6 milliards d’euros.
Pour autant, alors que le groupe doit publier le 23 juillet prochain ses commandes et son chiffre d’affaires du premier trimestre, cette relative faiblesse des commandes du début de l’exercice 2024-2025 n’est ni vraiment surprenante, ni fondamentalement inquiétante. "Elle avait été annoncée par le groupe lors de la publication des résultats annuels", rappelle le cabinet Oddo BHF. A cette occasion, Alstom avait prévenu que "le phasage [serait] moins favorable au premier semestre par rapport au second". Ce qui "ne doit en aucune façon être interprété comme les prémices d’un changement de tendance ou d’une année faible en termes de commandes", ajoute-t-il.
Même raisonnement du côté de JP Morgan. "Les grosses commandes sont irrégulières et nous pensons que les prises de commandes du premier trimestre ne reflètent pas les fondamentaux de l’industrie, que nous considérons comme toujours solides", écrit jeudi la banque américaine dans une note, celle-ci tablant "sur une amélioration du rapport commandes-facturation au cours des prochains trimestres".
Tandis qu’il devrait donc continuer de disposer d’une bonne visibilité sur la croissance de son chiffre d’affaires dans les années à venir, le groupe, qui est désormais piloté par un binôme composé de Philippe Petitcolin et Henri Poupart-Lafarge, va rester particulièrement surveillé cette année sur sa capacité à générer du cash-flow après ses importants déboires de l’an dernier en la matière.
L’entreprise a semble-t-il regagné un certain crédit en la matière. JP Morgan veut ainsi croire que "le pire en matière de flux de trésorerie est derrière nous". Pour plusieurs raisons. D’une part, la plupart des contrats à faible marge ou à marge zéro hérités du passé arrivent à leur terme, et représentent désormais un carnet de commandes inférieur à 2 milliards d’euros, qui devrait tomber à moins de 1 milliard d’euros l’an prochain. D’autre part, le processus d’intégration de Bombardier arrive à son terme, avec des coûts d’intégration qui devraient baisser sensiblement cette année et cesser l’année prochaine.
Un autre argument joue également en faveur d’Alstom. "Notre confiance dans le redressement des flux de trésorerie est également motivée par l’attention portée par le nouveau directeur financier, Bernard Delpit, qui a amélioré de manière significative les informations communiquées pour aider les investisseurs à comprendre les facteurs qui influencent le fonds de roulement", indique JP Morgan, qui a repris jeudi le suivi d’Alstom avec une opinion positive "surpondérer".
Tandis qu’Alstom prévoit une réduction de son fonds de roulement d’environ 1 milliard d’euros au cours des trois prochaines années, des "prises de commandes plus importantes que prévu pourraient permettre d’améliorer les attentes de la direction, car la réduction du risque du bilan devrait renforcer la confiance des clients dans la capacité d’Alstom à exécuter des contrats pluriannuels à long terme", ajoute la banque.
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