Levées de fonds / EY / capital risque
Levées de fonds
EY / capital risque
Sans faiblir, les levées de fonds dans la French Tech n’ont pas encore repris leur souffle / Les logiciels et les services informatiques en tête grâce à l’IA
Pas vraiment de reprise, mais pas d’aggravation non plus. Au premier semestre de 2024, les levées de fonds dans la French Tech sont restées alignées sur leur niveau de l’année précédente, lors de laquelle elles avaient marqué un coup d’arrêt : selon le baromètre EY du capital-risque français, 413 sociétés ont levé 4,26 milliards d’euros sur les six premiers mois de 2024. Ce qui correspond à une stabilisation sur le plan de la valeur et à une légère hausse de 5 % sur un an du côté du nombre d’opérations. "Ces chiffres sont le reflet de l’état de convalescence de la French Tech après le gros coup de froid des 18 derniers mois", commente l’associé chez EY Franck Sebag.
Un coup de froid qui n’aura pas empêché certaines entreprises de réaliser des opérations remarquées. Dans le "top 5" figure évidemment la levée de fonds du champion français de l’intelligence artificielle (IA) Mistral AI, ou encore celles des greentech Electra et Hysetco, celle du spécialiste de la planification financière et stratégique Pigment ou encore le premier tour de table de H Company, qui a levé 220 millions de dollars à son lancement.
Les plus petites opérations restent bien dynamiques
Les sept opérations supérieures à 100 millions d’euros recensées par le cabinet d’audit financier et de conseil regroupent ainsi près d’1,5 milliard d’euros levés, soit une augmentation de 54 % en valeur, même si leur effectif reste stable. En revanche, du côté des levées de fonds allant de 0 à 10 millions d’euros, la proportion s’affiche en hausse : le nombre d’opérations y a grimpé de 15 %.
Et si les greentech avaient mené la danse tout au long de l’année 2023 et qu’elles continuent à s’attirer les faveurs des investisseurs depuis le mois de janvier, les entreprises des logiciels et des services informatiques ont pris la première place du podium sectoriel à date. Avec 75 opérations représentant 1,46 milliard d’euros, les levées de fonds du secteur font état d’une nette progression sur un an (+ 50 %) en termes de valeur. Et cela "malgré une baisse importante du nombre d’opérations (- 30 %). Cette performance s’explique principalement par l’accélération des projets autour de l’IA générative", rappelle Franck Sebag.
Un risque de changer les règles
À l’échelle européenne, les levées de fonds françaises conservent ainsi leur deuxième place. La France creuse d’ailleurs un peu plus l’écart avec l’Allemagne, sa principale concurrente. Outre-Rhin, les montants levés ont atterri à 3,65 milliards d’euros au premier semestre de l’année, soit une baisse de 12 % sur un an. En revanche, le Royaume-Uni reste bien coiffé de son titre de champion : les fonds levés y ont même grimpé de 21 % sur un an pour atteindre 8,47 milliards d’euros.
Reste maintenant à voir comment se déroulera la suite. Le baromètre d’EY le souligne bien : la France a réussi à se hisser parmi les leaders mondiaux de l’innovation sur la dernière décennie. Ceci grâce à un écosystème pleinement connecté à l’international, capable de proposer des solutions qui font la différence dans les secteurs les plus prometteurs. Selon la dernière étude annuelle de la "Europe Startup Nations Alliance", l’Hexagone est d’ailleurs très bien placé dans la mise en œuvre des normes, dans l’accès aux financements ou encore dans la protection de la propriété intellectuelle de ses jeunes entreprises innovantes par rapport à la moyenne européenne. "Dans le climat d’incertitude actuel, il est impératif de maintenir le cap et surtout de garder à l’esprit qu’un brusque changement des règles du jeu pourrait mettre un frein à cette dynamique", prévient Franck Sebag.
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