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Instabilité politique : quelles conséquences sur les investissements des entreprises ? / Un coup de frein sec sur les ambitions des ETI

Les batailles politiques déstabilisent les entreprises. Si bien que certaines d’entre elles, dont des ETI, ont d’ores et déjà décidé de réorienter leurs enveloppes d’investissements pour 2024 hors de France, voire de les annuler. Un gâchis pour l’économie française quand la dynamique d’investissement de ces dernières avait été fortement revue à la hausse ces derniers mois.
Assemblée nationale (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Assemblée nationale (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Alors que les postes clés de l’Assemblée nationale ont été attribués en fin de semaine dernière, les ETI restent dans le flou le plus total. Il ressort en effet d’une enquête-flash menée du 11 au 17 juillet dernier par le Meti, que seules 6 % des entreprises de taille intermédiaire déclarent maintenir avec certitude l’intégralité de leurs investissements initiés ou prévus en France pour cette année. À l’inverse, 60 % ont décidé de suspendre tout ou partie de leurs investissements.

 

2024 avait pourtant bien commencé

 

Une perspective d’autant plus inquiétante qu’avant la dissolution décidée par le président de la République, 85 % des ETI avaient engagé (ou s’apprêtaient à faire) des investissements supérieurs à 2 millions d’euros sur le territoire. "L’enveloppe associée s’élevait à 11 millions d’euros en moyenne pour un nombre d’emplois générés à 50 en moyenne ", précise le Meti. Des chiffres prometteurs confirmés par l’Observatoire Trendéo qui notait une dynamique haussière de l’investissement de ces entreprises pour 2024, avec notamment 5 milliards d’euros d’investissements annoncés au deuxième trimestre, un montant en progression de 42 % sur un an et de 18 % au-dessus de la moyenne trimestrielle de ces trois dernières années.

Désormais, et dans le contexte politique actuel, la réaffectation des enveloppes prévues serait engagée. Selon l’enquête, 55 % des ETI les ont réduites, tandis que 28 % les ont réorientées vers d’autres pays (en tout ou partie) et 12 % ont tout simplement décidé d’arrêter leurs investissements. "Ces chiffres sont révélateurs de l’ampleur du choc pour les ETI, pourtant rompues aux aléas conjoncturels et particulièrement résistantes en temps de crise. (Elles) se trouvent comme paralysées par l’incertitude extrême qui caractérise la situation politique et les risques qui pèsent sur la ligne économique (politique de l’offre) et sur les réformes fiscales et sociales poursuivies de façon transpartisane depuis plus de dix ans ", déplore le Meti.

 

Des programmes politiques qui font peur

 

Et l’organisation patronale de prévenir : " alors que la rentabilité d’une ETI sur deux était en berne en juin, elles seraient bien en peine d’absorber de nouvelles hausses de coûts inspirées par des propositions dénuées de bon sens économique ".

De fait, dans un baromètre réalisé avec Banque Palatine et publié au lendemain du premier tour des élections législatives anticipées, les ETI étaient déjà nettement moins nombreuses qu’en mars dernier à avoir connu une amélioration de leur chiffre d’affaires sur un an (44 % contre 57 %). Par ailleurs, 4 sur 10 faisaient état d’un carnet de commandes moins rempli et la même proportion utilisait leurs lignes de crédit court terme. "Surtout, près de 5 sur 10 estiment que leur rentabilité d’exploitation s’est dégradée par rapport à juin 2023. Sans surprise, et bien que la situation de leur secteur d’activité leur paraisse moins problématique qu’en mars, la confiance des dirigeants d’ETI dans les perspectives de leur entreprise pour le second semestre connaît une baisse marquée : ils sont désormais 45 % à attendre une hausse de leur chiffre d’affaires en 2024 contre 51 % en mars dernier ", révèle le Meti.

Si la revalorisation du SMIC à 1 600 euros nets devait par exemple être décidée, comme le propose le Nouveau Front populaire, cela se traduirait, selon les ETI interrogées dans le cadre de l’enquête, par une augmentation de 7 % en moyenne de leur masse salariale, voire de 10 % pour un tiers d’entre elles. Si pour y faire face, 40 % de ces entreprises augmenteraient leur prix de vente, 14 % réduiraient leurs capacités d’investissement.

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