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Les marchés européens malmenés par la percée de l’extrême droite / La dissolution effraie la Bourse de Paris

Les marchés boursiers européens et l’euro reculent à la suite de la percée des partis d’extrême droite aux élections européennes. La place parisienne est la plus affectée, alors que le président de la République, Emmanuel Macron, a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale à la suite de la large victoire du Rassemblement national, les élections législatives anticipées à venir ouvrant une période d’incertitude économique.
L'instabilité politique pèse sur les marchés européens (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
L'instabilité politique pèse sur les marchés européens (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Montrant une poussée des droites radicales, les résultats des élections européennes de dimanche constituent un petit séisme qui se répercute lundi sur les marchés. En particulier en France, où la victoire du Rassemblement national a conduit le président de la République, Emmanuel Macron, à décider de dissoudre l’Assemblée nationale. A la Bourse de Paris, l’indice CAC 40, après avoir ouvert en baisse de 2,4 %, cédait 2 % lundi, à mi-séance, à 7840 points. Ailleurs en Europe, le DAX 40 allemand cède 0,9 % à Francfort, le FTSE MIB italien recule de 1 % à Milan, l’IBEX 35 perd 0,6 % à Madrid, tandis que l’AEX néerlandais abandonne 0,5 %.

"Le marché a toujours raison", aimait dire Jean-Marie Messier. Ce n’est pas tant l’élection européenne à elle-seule qui fait chuter le CAC 40, que la perspective d’une bascule du paysage politique français à l’extrême droite, lors des prochaines élections législatives anticipées qui devraient se tenir le 30 juin pour le premier tour et le 7 juillet pour le second.

Car pour le reste, "l’Union européenne conserve une majorité centriste avec 56 % du total des voix " et devrait donc "continuer à mener une politique centriste. Cela signifie que le processus législatif de l’UE sur les priorités politiques futures (intégration de la défense, stimulation de la compétitivité) ne devrait pas être entravé au cours de la prochaine législature de cinq ans", note Deutsche Bank. Moins optimiste, Berenberg estime que cette percée de la droite populiste et les élections anticipées en France "compliqueront encore davantage la prise de décision au sein de l’UE", pour qui les défis ne manquent pas, entre le conflit en Ukraine, l’amélioration de la compétitivité, la protection du climat, l’immigration, les négociations avec la Chine et la préparation d’un éventuel second mandat de Donald Trump aux États-Unis. L’euro perd ainsi 0,5 % par rapport au dollar à un plus bas d’un mois de 1,0750 dollar.

Dans le même temps, le spread entre les taux de rendement des obligations d’État à 10 ans françaises et allemandes s’élargit. Le rendement des obligations françaises à 10 ans grimpe de 8 points de base à 3,203 %, quand le rendement du Bund à 10 ans augmente de 3 points de base à 2,65 %, signe que le marché se prépare à un changement de cap aux conséquences incertaines en France, ce qui n’est pas le cas de l’Allemagne, même si la coalition du chancelier Olaf Scholz a été battue par la droite, arrivée en tête des élections européennes, devant l’extrême droite.

Au sein de l’indice CAC 40, les chutes marquées de certains secteurs montrent que les investisseurs ont en tête le programme économique du Rassemblement national et anticipent d’ores et déjà ses conséquences. A cette lumière, "les baisses sont d’une logique implacable ", observe Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud. Les banques sont attaquées, Société Générale chute de plus de 7 %, à 24,1 euros, sachant que le titre était récemment monté après des déclarations d’Emmanuel Macron se disant ouvert à son rachat hypothétique par une banque étrangère. A cela s’ajoute la tension sur les spreads, qui pénalise également les actions Crédit Agricole (-5 %) et BNP Paribas (-5,4 %).

Les autres secteurs les plus sanctionnés sont ceux de l’énergie et des concessions autoroutières. Engie perd 4,4 %, tandis que les titres Eiffage et Vinci chutent de 7,4 % et 5,4 % respectivement. En cause, d’une part, la volonté du parti de Marine Le Pen de sortir des règles de fixation des prix du marché européen de l’électricité et de redonner à la France la maîtrise de la fixation des prix du gaz. De l’autre, dans sa logique de rendre aux Français du pouvoir d’achat, le Rassemblement national remet aussi en question le modèle des concessions autoroutières en France, n’hésitant pas à taxer de "voleurs" ces sociétés d’autoroutes versant de "super dividendes".

Pour autant, la poursuite de la chute du marché parisien liée à ces secteurs bien spécifiques n’est pas certaine. L’exemple italien montre même le contraire, alors que l’indice FTSE MIB a progressé de 65 % depuis l’élection de Giorgia Meloni en octobre 2022, quand le CAC 40 a progressé d’un peu plus de 30 %.

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