Macro-économie / Taux / incertitude / dissolution / Banque de France / croissance
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Législatives anticipées : envolée de l’incertitude chez les chefs d’entreprise / Elle n’aurait toutefois pas pesé sur la croissance jusqu’ici
L’incertitude est repartie de plus belle pour l’économie française. La décision du président de la République Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale n’a pas été sans effet sur l’état d’esprit des chefs d’entreprise.
C’est ce qui ressort de l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France, dont la précédente remontait avant l’annonce du chef de l’Etat. Plus précisément, les économistes de l’institut d’émission ont échangé avec 8 500 entreprises ou établissements entre le 26 juin et le 3 juillet (pour moitié avant le premier tour des élections législatives anticipées, pour l’autre moitié avant le second tour).
"Notre indicateur mensuel d’incertitude, construit à partir d’une analyse textuelle des commentaires des entreprises interrogées, bondit fortement ce mois-ci, le principal facteur mentionné étant celui du contexte électoral ", indique la Banque de France. Dans le détail, il augmente au sein de tous les secteurs, et en particulier dans les services (notamment le travail temporaire, l’hébergement-restauration, le transport, la publicité) où il était initialement sensiblement le plus bas.
"De nombreux chefs d’entreprise expriment leur inquiétude découlant de l’incertitude politique nationale. Ils mentionnent l’attentisme de la part des clients, un report des investissements, y compris ceux venant de l’étranger, ainsi qu’un gel des recrutements faute de visibilité sur les évolutions possibles des coûts salariaux", souligne la Banque centrale française.
Tant et si bien que cet indicateur s’établit à ses plus hauts niveaux depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, pour l’industrie et le bâtiment, et il faut remonter au troisième confinement lié à la propagation de Covid-19 pour ce qui est des services marchands. Pour autant, cela ne devrait pas avoir pesé sur le chiffre de croissance du deuxième trimestre (de toute façon, seul le mois de juin aurait été touché). Au deuxième trimestre, le Produit intérieur brut (PIB) devrait avoir crû de 0,1 %, d’après la Banque de France.
"La question se pose peut-être pour le mois de juillet. En effet, dans certains secteurs des services, l’activité demeure ralentie, je pense notamment au travail temporaire dont les difficultés peuvent être liées à cette incertitude. Le travail temporaire est souvent un indicateur avancé, car le ralentissement des embauches le touche en premier", a déclaré Olivier Garnier, directeur général des statistiques, des études et des relations internationales de la Banque de France, à l’occasion d’une conférence de presse.
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