Macro-économie / Taux / France / PIB / incertitude / Conflit Russo-ukrainien
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Conflit russo-ukrainien : l’industrie pénalise l’économie française
Affectée notamment par les retombées du conflit russo-ukrainien, l’économie française aurait réalisé de moins bonnes performances qu’escompté durant le premier trimestre. C’est le constat tiré par la Banque de France dans son enquête de conjoncture menée auprès de 8 500 entreprises ou établissements hexagonaux. La Banque centrale française a révisé à la baisse d’environ un quart de point sa prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) pour le premier trimestre : la progression de l’activité économique devrait atteindre aux alentours d’un quart de point par rapport au dernier trimestre 2021. "Cette estimation s’inscrit dans le cadre d’une légère dégradation de la situation de l’industrie à partir de février", expliquent les économistes de l’institut d’émission.
Le mois dernier, l’activité industrielle hexagonale s’est contractée alors que venait de se déclencher une guerre à l’est de l’Europe et que la Chine continuait de mettre sous cloche nombre de ses grandes villes pour lutter contre la propagation du coronavirus. En fait, les difficultés d’approvisionnement ont gravement pesé sur la production en ayant atteint un sommet depuis que la Banque de France les mesure (mai 2021) : 60 % des entreprises industrielles y étaient confrontées en mars contre 54 % en février. La quasi-intégralité des branches en souffre, bien qu’à des degrés divers. Les plus fortes dégradations se font jour dans l’automobile (neuf entreprises sur dix touchées contre huit en février), l’industrie agroalimentaire (hausse de 14 points) et les autres produits industriels (augmentation de 12 points).
Pour avril, les industriels interrogés anticipent une très légère progression de la production, avec une amélioration dans certains secteurs, notamment dans l’aéronautique, la chimie, et les autres produits industriels, et un nouveau repli dans la fabrication de produits en caoutchouc et plastique. En revanche, un brouillard certain entoure les perspectives à moyen terme. "Notre indicateur mensuel d’incertitude, construit à partir d’une analyse textuelle des commentaires des entreprises interrogées, affiche une nette progression, en raison de la guerre en Ukraine mais aussi de la dégradation du contexte sanitaire en Chine. Les niveaux d’incertitude atteints pour l’industrie et le bâtiment sont comparables à ceux mesurés lors du deuxième confinement", indiquent les équipes de la Banque de France.
"La croissance française semble résister mieux que chez nos voisins, mais incontestablement, nous allons devoir traverser des temps économiques plus difficiles. L’économie française avance sur une route qui est devenue plus glissante", a déclaré François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, dans une interview donnée à l’Est Républicain. Pour l’instant, la France résiste grâce à l'activité des services marchands qui continue de progresser (malgré des difficultés de recrutement encore fortes) en raison de la sortie de la crise sanitaire - ils représentent près de 60 % de l’économie contre 9 % pour la part de l’industrie dont l'activité s'est contractée en mars.
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