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Macro-économie / Taux / Banque d'Angleterre / taux d'intérêt

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Banque d'Angleterre / taux d'intérêt

Royaume-Uni : des banquiers centraux en désaccord sur la politique monétaire / Querelle sur la première baisse des taux en quatre ans

Alors que la Banque centrale britannique a choisi d’abaisser son taux directeur de 25 points de base, ce qui constitue une première depuis la crise pandémique, quatre membres, dont le chef économiste, sur les neuf qui composent le Comité de politique monétaire se sont opposés à ce choix. Au cœur du débat : la persistance de l’inflation.
Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d'Angleterre - WPA POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d'Angleterre - WPA POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Au sein des plus grandes Banques centrales de la planète, c’est probablement chez celle du Royaume-Uni que les dissensions sont les plus importantes. Alors que la Banque d’Angleterre (BoE) a enclenché son cycle de baisse des taux d’intérêt ce midi en les diminuant de 25 points de base (à 5 %), cette décision est très loin d’avoir fait l’unanimité parmi les membres du Comité de politique monétaire (MPC).

Tandis que le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, les trois gouverneurs adjoints Sarah Breeden Dave Ramsden et Clare Lombardelli ainsi que Swati Dhingra ont plaidé pour cette baisse inédite depuis quatre ans (la dernière remontait au début de la pandémie), Megan Greene, Jonathan Haskel, Catherine Mann et Huw Pill, chef économiste de la BoE, s’y sont opposés.

Du côté des partisans de la baisse, on a fait valoir que l’impact des chocs extérieurs passés s’était atténué et que des progrès avaient été réalisés dans la modération des risques de persistance de l’inflation, peut-on lire dans le compte rendu de la réunion publié par la BoE. En outre, ils ont jugé que les anticipations d’inflation s’étaient normalisées et que les indicateurs prospectifs envoyaient le signal d’une diminution des pressions sur les salaires et les prix. Quant au rebond récent de l’inflation des services, ils estiment qu’il est lié en partie aux composantes plus volatiles.

Dans le camp d’en face, il a été affirmé que l’accélération de l’inflation des services mais aussi la vigueur du PIB tout comme la croissance assez élevée des salaires signifiaient que “les effets de second tour [avaient] un impact plus important sur le comportement de fixation des salaires et des prix dans l’économie, au-delà de ce qui était prévu dans les prévisions”.

En outre, les défenseurs d’un maintien des taux à 5,25 % ont fait part de craintes de nature plus structurelle. “Ces membres pensent que le risque est plus grand que des changements plus durables, tels qu’une hausse du taux d’emploi d’équilibre à moyen terme, une baisse de la croissance potentielle et une hausse du taux d’intérêt neutre à long terme, contribuent à la persistance de l’inflation intérieure”, indique le document. Aussi, "ils ont préféré maintenir le taux d’escompte à son niveau actuel jusqu’à ce qu’il y ait des preuves plus solides que ces pressions à la hausse ne se matérialiseront pas", explique le compte rendu.

Un tel désaccord sera-t-il de nature à empêcher toute nouvelle baisse lors des trois dernières réunions du MPC de l’année 2024 (19 septembre, 7 novembre, 19 décembre) ? Pour Ruth Gregory, économiste chez Capital Economics, la BoE devrait diminuer de 50 points de base ton taux directeur d’ici la fin de l’année. Et elle ne s’arrêtera pas là si l’on en croit James Smith, économiste chez ING, qui prévoit que le taux directeur s’établira entre 3 % et 3,50 % d’ici l’été 2025.

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