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Sophie Boissard / Clariane
Sophie Boissard à la tête de Clariane pour cinq ans de plus / Le redressement opérationnel suit son cours
Sophie Boissard va poursuivre son œuvre à la tête de Clariane. La directrice générale de l’entreprise qui se définit depuis quelque temps déjà non plus comme un simple gestionnaire de maisons de retraite mais "comme la première communauté européenne de soin dans les moments de fragilité", vient de voir son mandat renouvelé pour cinq années supplémentaires par son conseil d’administration, alors que ses responsabilités courraient jusqu'à fin 2024.
En presque huit ans, cette énarque, ancienne conseillère d’Etat, passée par les ministères du Travail, de l’Economie, et la SNCF, "a profondément transformé le Groupe Korian, devenu Clariane et société à mission en juin 2023", a rappelé à cette occasion Jean-Pierre Duprieu, le président du conseil d’administration du groupe désormais présent dans les maisons de retraite, les soins médicaux spécialisés et l’accompagnement à domicile.
Celui-ci a traversé une période difficile en 2023 lorsque, après le scandale du concurrent Orpea qui a fait se détourner du secteur de nombreux investisseurs, il a dû lancer un vaste plan d’actions pour restaurer son accès au financement et retrouver une structure de fonds propres plus adaptée à un environnement de taux élevé, beaucoup moins favorable aux sociétés endettées.
Ses opérations de recapitalisation achevées, l’entreprise a retrouvé une visibilité financière jusqu’à 2025, avec un capital recomposé autour de Crédit Agricole Assurances et HLD Europe. Un délai qui lui laisse le temps de poursuivre ses cessions d’actifs prévues.
Les cessions d'actifs sécurisées à 40%
Le groupe a sécurisé, à date, environ 40 % de ce programme de cessions, a-t-il rappelé mardi à l’occasion de la publication de ses résultats semestriels. Des comptes qui montrent que l’activité est demeurée solide avec une croissance organique de 6,8% sur les six premiers mois de l’année, pour un chiffre d’affaires de 2,64 milliards d’euros, bien qu’en léger retrait par rapport au premier trimestre (+7,4%).
Indicateur important, le taux d’occupation des maisons de retraites poursuit son amélioration. Il s’élevait à 90,5% à fin juin 2024, 89,6% à l’issue du premier trimestre, 88,5% en 2023 et 86,6% en 2022. La normalisation progressive de l’activité "post Covid" se poursuit donc, de même que la montée en puissance des capacités nouvellement mises en service.
L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) a progressé de 3,5%, à 290 millions d’euros, la marge se tassant légèrement à 11% (contre 11,4% un an plus tôt, pro forma des cessions), mais "montre une meilleure résistance que ce que nous anticipions", observent les analystes du cabinet Oddo BHF. Une marge mécaniquement pénalisée cette année par l’absence de contribution des activités de développement immobilier, les effets d’inflation embarquée, et la cession des activités au Royaume-Uni (annoncée en février).
Et tandis que le groupe confirme ses objectifs 2024, à savoir un chiffre d’affaires en croissance de plus de 5% en base organique et un Ebitda au moins stable en montant, la hausse sensible du cash-flow libre opérationnel (à 74 millions d’euros au premier semestre, contre 45 millions d’euros un an plus tôt) peut-être perçue comme "encourageante", note Oddo BHF.
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