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Clariane / Orpea / emeis
Le renflouement de Clariane avance selon les plans / L’augmentation de capital suspendue au feu vert de l’antitrust
C’est une nouvelle étape importante de franchie pour Clariane dans le renforcement de son bilan, et vers la sortie de l’ornière financière dans laquelle les déboires de son concurrent Orpea (récemment rebaptisé emeis) l’avaient malencontreusement fait tomber. Réunis mardi en assemblée générale, les actionnaires du groupe de maisons de retraite médicalisées et de cliniques ont approuvé à une large majorité (98%) les résolutions relatives à son projet d’augmentation de capital de 300 millions d’euros. Cette levée de fonds pourrait ainsi se dérouler " fin juin 2024 ou en septembre 2024" prévoit la société, le temps de satisfaire différentes conditions suspensives.
Pour rappel, l’opération est le troisième volet d'un plan d’actions à court et moyen terme en quatre volets, présenté en novembre dernier, d’une ampleur de 1,5 milliard d’euros, visant à la fois à restaurer rapidement l'accès au financement de l'entreprise et à renforcer sa structure financière. Les deux premiers volets ont été finalisés fin décembre. Il s’agissait d’une part de boucler deux partenariats immobiliers d’un montant total de 230 millions d’euros avec Crédit Agricole Assurances (CAA), l’un portant sur les murs de 19 établissements sanitaires et médico-sociaux en France, l’autre sur des actifs au Royaume-Uni. Et deuxièmement de sécuriser un prêt relais immobilier de 200 millions d’euros, à échéance 31 janvier 2025, toujours auprès du groupe Crédit Agricole.
Bouffée d’oxygène
En parallèle, le quatrième volet, consistant en un programme de cessions d’un montant d'un milliard d’euros, a déjà enregistré des avancées malgré la position de "vendeur forcé" du groupe et la faible appétence des investisseurs pour des actifs de santé à l’heure actuelle (justement illustrée par la garantie apportée par Crédit Agricole Assurances sur les deals immobiliers signés en décembre). A fin février, Clariane a déjà signé la cession de l’ensemble de ses activités et de ses actifs au Royaume-Uni (le réseau Berkley Care), au fonds anglais Elevation Healthcare Properties, pour environ 243 millions d’euros. Le groupe a aussi conclu la vente pour 25 millions d’euros de sa participation dans un portefeuille de six actifs immobiliers aux Pays-Bas à son partenaire belge Aedifica.
En supposant le renouvellement en mai du prêt revolving (RCF) existant de 492,5 millions d'euros et la réalisation de l’augmentation de capital de 300 millions d’euros, et hors cessions supplémentaires à celles déjà signées, la trésorerie estimée au 30 juin prochain "devrait atteindre environ 763 millions d’euros ", calcule le cabinet Octo Finances. Soit, souligne-t-il, une "bouffée d’oxygène" pour l’entreprise, qui pourrait retrouver progressivement une situation financière soutenable. De 3,8 fois à fin 2023, l’ambition est en effet de ramener le levier financier sensiblement en-dessous de 3 fois à l’horizon 2025.
Feu vert anti-trust attendu
Une trajectoire qui acterait ainsi la sortie par le haut d’une période difficile. Car si le livre-enquête "Les fossoyeurs" sorti début 2022 sur les dérives de certains acteurs privés du secteur des maisons de retraite en France visait spécifiquement Orpea (désormais emeis), les retombées du scandale sur le secteur ont provoqué la fermeture du marché de la dette, y compris pour Clariane. Pour financer son développement, le groupe s’est retrouvé contraint pendant 18 mois de puiser dans sa trésorerie, passée de 1,2 milliard d’euros à fin 2021 à environ 200 millions d’euros au cours du second semestre 2023. Jusqu’à l’obliger à tirer début novembre 2023, en une seule fois, l’intégralité de ses lignes de crédit, situation extrême qui a conduit la société à déclencher son plan d’action et à se résoudre à recourir à une augmentation de capital.
Pour que celle-ci puisse être réalisée, il reste encore notamment à obtenir le feu vert des autorités de concurrence à l’éventuelle prise de contrôle de Clariane par Predica, filiale de Crédit Agricole Assurance, dans l’hypothèse où l’exercice de la garantie octroyée par Predica à l’opération la conduirait à prendre le contrôle de Clariane. Sachant que Predica détient déjà 24,7% du capital de Clariane et est par ailleurs actionnaire du groupe australien de cliniques Ramsay Heath Care. En février, l’Autorité des marchés financiers a pour sa part déjà accordé une dérogation à l’obligation de déposer un projet d’offre publique en cas de franchissement du seuil de 30% du capital ou des droits de vote.
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