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L’Europe encore appelée à mettre la main à la poche pour la transition énergétique / La Chine et les États-Unis n’attendront pas le Vieux continent
"Si la part de l'Europe dans ces secteurs mondiaux est perdue, d'autres d'ailleurs la ramasseront simplement et cette prospérité y ira". Dimitri Papalexopoulos, président du TITAN Cement Group et président du Comité de l’ERT (table ronde des industriels européens) sur la transition énergétique et le changement climatique, ne fait pas faux semblant quant aux dangers qui guettent l’Europe. La question de la compétitivité est prédominante dans ses requêtes ainsi que celles de ses pairs.
À la traîne
La difficulté de l’Europe à imposer son agenda aux autres pays est également regrettée par les différents membres de l’ERT. Ces derniers soulignant qu’il "est également devenu évident que les méthodologies déployées par l'UE, les États-Unis, la Chine et d'autres varient énormément". Dans l’Union européenne, ils estiment que " le plus grand risque de l'approche [...] est qu'elle a mis l'industrie à forte intensité énergétique dans une situation de désavantage concurrentiel important".
Un regret d’autant plus fort que Dimitri Papalexopoulos constate que le Vieux Continent comptabilise nombre "d’entreprises leaders dans les secteurs à forte intensité énergétique tels que le ciment, les produits chimiques, les métaux et le raffinage, qui emploient des millions de personnes et alimentent diverses industries en amont et en aval, vitales pour notre autonomie et notre sécurité ". Les différents gouvernants ont beau faire des objectifs de souveraineté leur priorité ces dernières années, cela n’a pas calmé les requêtes des industriels.
Trop tard
Plusieurs secteurs semblent déjà avoir fait les frais de cette concurrence exacerbée, à l’instar de la production d’aluminium qui a diminué de 66 % ou encore d’une Europe passée d’un " statut d'exportateur de produits chimiques à celui d'importateur net ". Alors que la demande d'énergie renouvelable met une pression constante sur les infrastructures de production existantes, l’ERT juge que des "investissements massifs sont nécessaires dans les infrastructures nationales et transfrontalières pour les réseaux électriques, l'hydrogène et le CO2". L'objectif ? La disponibilité abondante d'énergie renouvelable à des prix compétitifs dans toute l’UE.
Pourtant, réaliser cette transformation ne se fera pas sans supporter un coût financier important. Les calculs des industriels parlent d’un " écart d'investissement [qui] nécessite un effort de collaboration entre les capitaux publics et privés : 800 milliards d'euros nécessaires d'ici 2030, à 2 500 milliards d’euros d'euros d'ici 2050". Les bénéfices potentiels seraient d’autant plus grands que l’Europe possède quelques atouts dans sa manche comme l'un des plus grands réseaux interconnectés au monde. A cette heure, son marché unique demeure sous-développé pour l’énergie et empêche d’en tirer pleinement profit.
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