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Le laboratoire Valneva affiche un bénéfice bienvenu / Le vaccin contre la maladie de Lyme sera la clé de la profitabilité durable

S’il constitue assurément une bonne nouvelle, le bénéfice net dégagé par le laboratoire Valneva au premier semestre 2024, n’est que temporaire, dans la mesure où il découle de la vente du « bon de revue prioritaire » accordé par la FDA pour son vaccin contre le chikungunya. Pour autant, l’atteinte d’une profitabilité durable est un objectif envisageable à un horizon de trois ans, à condition que l’étude clinique en cours sur le vaccin contre la maladie de Lyme fournisse les résultats positifs attendus.
Valneva a publié un bénéfice net semestriel bien accueilli par les investisseurs - Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Valneva a publié un bénéfice net semestriel bien accueilli par les investisseurs - Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La seule entreprise du SBF 120 à publier ses résultats semestriels en plein milieu du mois d’août a réservé mardi une bonne surprise aux investisseurs. Le laboratoire Valneva, qui commercialise trois vaccins, dont le premier et le seul vaccin au monde contre le chikungunya, a dévoilé un résultat net bénéficiaire, d’un montant de 34 millions d’euros, à comparer à la perte de 35 millions d’euros enregistrée à la même période de 2023. Ce qui constitue un petit événement en soi - d’ailleurs salué par une hausse de 5 % environ du cours de Bourse, à 3,22 euros - puisqu’il faut remonter au premier semestre 2015 pour retrouver trace d’un résultat positif du groupe en première partie de l’année.

L’explication de cette rentabilité nette se situe dans le produit de la vente du "bon de revue prioritaire" ou "program review voucher" (PRV) lié au vaccin "Ixchiq" contre le chikungunya. Ce type de bon est une forme d’incitation financière octroyée par la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine du médicament, en récompense du développement d’un traitement répondant à un besoin non satisfait. En l’occurrence, le vaccin contre le chikungunya. Et plutôt que de conserver ce bon pour l’utiliser plus tard, afin de bénéficier d’un examen prioritaire sur un autre de ses traitements, Valneva a choisi de le monétiser, afin de financer ses projets de R & D.

En termes de ventes, le recul de 4 % du chiffre d’affaires, à 70,8 millions d’euros, est à relativiser. D’abord parce que le groupe a cessé de vendre son vaccin contre le Covid-19. Face à la baisse du volume des commandes des États membres de l’Union Européenne, Valneva a suspendu l’an dernier la fabrication du vaccin, déprécié l’intégralité de ses stocks et effectué ses dernières livraisons. Le produit avait généré des ventes de 5,7 millions d’euros au premier semestre.

 

Reprise de l’industrie du voyage

 

Également, les ventes du premier semestre 2024 (surtout au premier trimestre) ont été affectés par des contraintes d’approvisionnement, pour le vaccin contre l’encéphalite japonaise Ixiaro ou les produits commercialisés pour des tiers. Par ailleurs, les ventes du vaccin Dukoral contre le choléra ont reculé sous l’effet d’une baisse temporaire des investissements marketing.

Mais un rebond est attendu au second semestre grâce à une tendance de fond qui se poursuit depuis la fin de la pandémie : "Nous prévoyons de continuer à tirer parti de la reprise de l’industrie du voyage", a souligné Peter Bühler, le directeur financier. Celle-ci devrait en particulier profiter aux ventes du vaccin Ixchiq contre le chikungunya, dont le lancement aux États-Unis est en cours tandis que les premières ventes au Canada et en Europe sont prévues au quatrième trimestre 2024. C’est pourquoi le groupe a confirmé mardi sa prévision (relevée en mars) d’un chiffre d’affaires compris entre 170 millions et 190 millions d’euros pour l’ensemble de 2024.

Sur le front clinique, le principal enjeu repose sur le développement du vaccin contre la maladie de Lyme que le groupe développe avec son partenaire et premier actionnaire, le groupe pharmaceutique américain Pfizer. L’étude de phase III – soit la phase finale avant la mise sur le marché – se déroule comme prévu : la totalité des patients (9 000) ont reçu les trois premières doses (primovaccination), laissant "espérer des résultats fin 2025 et un dépôt de dossier d’autorisation de mise sur le marché en 2026", indique le cabinet Oddo BHF. Un programme clé, qui permettrait au groupe d’atteindre une profitabilité durable dès l’année d’après, soit en 2027. Et la position de trésorerie de 131,4 millions d’euros affichée à fin juin est jugée "suffisante " par Oddo BHF pour patienter jusque-là.

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