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Fiscalité

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Effort fiscal : pour la CPME et le METI, c’est non / Une baisse des dépenses publiques d’abord

En plein arbitrage budgétaire, le Premier ministre, Michel Barnier, recevait cet après-midi à Matignon plusieurs organisations patronales, dont la CPME, en vue de la préparation du projet de loi de finances pour 2025. L’occasion pour cette dernière de s’ériger contre toute hausse d’impôts. Une position défendue également par le mouvement des entreprises de taille intermédiaire et qui semble en ligne avec la volonté du ministre du Budget, Laurent Saint-Martin, de prioriser le redressement des finances publiques par une baisse des dépenses, malgré certaines mises à contribution ciblées.
François Asselin, président de la CPME (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
François Asselin, président de la CPME (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Des organisations patronales en ordre bien dispersé. Si en début de semaine, le président du Medef a pu surprendre certains patrons, en se disant, "prêt à discuter" d’une hausse d’impôts des entreprises sous conditions (des efforts bien supérieurs de l’État sur ses dépenses par rapport à ce qu’il demande aux entreprises et que cet effort n’enraye pas la dynamique d’investissement), les autres organisations patronales ont rapidement allumé les contre-feux. "Toute hausse de la fiscalité ou augmentation du coût du travail alimenterait l’inquiétude des acteurs économiques que sont les entreprises, grandes ou petites […]. Et risquerait de se traduire par un ralentissement de l’activité, ravageur pour un bon nombre d’entreprises déjà fragilisées, comme le montre l’augmentation du nombre de défaillances", a alerté la CPME dans un premier temps avant de revenir à la charge en rappelant que "la France, avec 43,2 % du Produit intérieur brut (PIB) est championne d’Europe des prélèvements obligatoires". Selon l’organisation présidée par François Asselin, "imaginer que des hausses d’impôts régleraient le problème serait une profonde erreur. Il n’y a pas d’autre issue que de réduire massivement les dépenses publiques. On ne peut pas évoquer concrètement des hausses d’impôts sur le secteur privé et, virtuellement, des baisses de dépenses publiques", a-t-elle expliqué.

Un argument que la CPME devrait fait valoir au Premier ministre, Michel Barnier, ce jeudi, qui la recevait à Matignon et que semble avoir déjà entendu le nouveau ministre du Budget, Laurent Saint-Martin, qui a assuré, lors de son audition par la Commission des finances de l’Assemblée nationale ce mercredi, que "(sa) vision, c’est que nous ne redresserons pas nos finances publiques avec d’une part le levier fiscal et d’autre part la dépense publique. Non, nous redresserons les comptes en réduisant les dépenses", ajoutant que "la politique de l’offre a démontré son efficacité. […] il ne sera pas donc pas question de (la) casser. Il ne sera pas question de transiger avec […] la compétitivité des entreprises".

Il faut dire aussi que le METI, représentant les entreprises de taille intermédiaire (ETI), s’est également activé en coulisses pour défendre sa position. "Alors que l’environnement économique international, européen et français se tend, les critiques portées contre les aides aux entreprises et les appels à augmenter les prélèvements obligatoires ne sont pas de nature à libérer l’investissement et la création d’emplois au sein des ETI. Ce d’autant plus que les prélèvements sur la production et le travail en France restent considérablement supérieurs à ce qui se pratique en moyenne en Europe ", explique-t-il.

Et le METI de souligner que l’incertitude économique et sur les arbitrages budgétaires qui s’est installée depuis le début de l’été est préoccupante pour les perspectives de croissance des ETI et du pays. Qu’il s’agisse d’investissements ou de créations d’emplois, moins d’une ETI sur cinq pense, en effet, pouvoir être en mesure de les maintenir quoi qu’il advienne. Par ailleurs, une sur trois a suspendu ses investissements (en tout ou partie), plus de 37 % les ayant revus à la baisse et une sur cinq en a réorienté vers d’autres pays. "La tendance est identique en matière d’emplois : plus d’une entreprise sur quatre a suspendu tout ou partie des créations prévues en France en 2024, quatre sur dix ont revu leur nombre à la baisse et 17 % en ont réorienté vers d’autres pays", prévient le mouvement qui insiste : "Face à une conjoncture économique mondiale compliquée, une concurrence exacerbée, une scène géopolitique agitée, tout changement de cap porterait un coup d’arrêt à la reconstitution de Mittelstand français".

Ce jeudi matin, en déplacement, le ministre de l’Économie, Antoine Armand, a assuré que "l’emploi, l’attractivité, la croissance, le soutien aux entreprises, ça ne doit pas être une question idéologique mais une question sociale et économique. […] La consigne que nous a fait passer le Premier ministre, c’est d’écouter et agir pour ceux qui sont sur le terrain et travaillent ", a-t-il déclaré, promettant qu’il "ne sera pas le ministre de la confiscation fiscale". Verdict mardi prochain, le 1er octobre, lors du discours de politique générale de Michel Barnier à l’Assemblée nationale.

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