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Stellantis / Etats-Unis / Avertissement / Carlos Tavares

Stellantis jette un froid à la Bourse de Paris en révisant ses perspectives / En 2024, le constructeur ne délivrera pas de marge à deux chiffres

Après les résultats moroses, place à l’avertissement. Stellantis a annoncé lundi avoir révisé ses ambitions pour 2024 à la baisse, en tablant désormais sur une marge opérationnelle sous la barre des 7 % et sur un free cash-flow industriel dans le rouge. Un changement de cap brusque par rapport à ce qui avait été précédemment annoncé, reflet d’une situation nord-américaine décidément bien délicate et d’un marché automobile mondial peu arrangeant, sujet à la pression concurrentielle chinoise. Et cet assortiment de nouvelles semble bien inquiéter les opérateurs de marché.
 Carlos Tavares (Photo by MARCO BERTORELLO / AFP)
Carlos Tavares (Photo by MARCO BERTORELLO / AFP)

La sanction ne s’est pas fait attendre. Déjà en baisse de plus de 30 % depuis le début de l’année 2024, le titre Stellantis fait office de lanterne rouge du CAC 40 lundi : le constructeur automobile s’est enfoncé en territoire négatif dès l'ouverture de la séance en reculant d’environ 14 % dans la matinée, tout comme en début d'après-midi. À l’origine de la déception causée à la Bourse de Paris ? Une stricte révision des objectifs financiers du groupe dirigé par Carlos Tavares pour l’exercice 2024.

La marge opérationnelle courante de Stellantis est désormais attendue entre 5,5 % et 7 % sur l’année, alors qu’elle était précédemment visée à deux chiffres. Un niveau élevé de l’indicateur auquel les investisseurs commençaient à s’habituer et dont la prévision à cette échelle avait été réaffirmée plusieurs fois. Reste qu’au titre du premier semestre de 2024, alors que les difficultés nord-américaines de Stellantis avaient pesé sur ses résultats, sa marge opérationnelle courante s’approchait déjà d’un palier peu favorable à l’atteinte de cet objectif. En atterrissant à 10 %, elle avait perdu 4,4 points sur un an.

Ici, "environ les deux tiers de [sa prévision de] réduction est imputable aux actions correctives en Amérique du Nord. D’autres facteurs contribuent pour un tiers dont des ventes inférieures aux attentes au second semestre dans la plupart des régions", explique le groupe franco-italo-américain. Cette perspective de net recul de la marge opérationnelle courante, conjuguée à un fonds de roulement élevé au second semestre, aura aussi un impact sur le free cash-flow industriel de Stellantis. Et de manière significative : initialement attendu positif, il est maintenant prévu qu’il se situera dans une fourchette de -5 milliards à -10 milliards d’euros.

 

Plan d’action

 

Le groupe ne s’en cache pas. Les différents problèmes rencontrés aux États-Unis, ainsi que la détérioration de la dynamique du secteur automobile mondial, nécessitent d’entreprendre des actions qui pénalisent sa performance opérationnelle et financière. Le plan de normalisation des stocks aux États-Unis a par exemple été accéléré, afin que le nombre de véhicules chez les concessionnaires ne dépasse pas la barre des 330 000 unités à la fin de l’année en cours.

L’objectif avait initialement été fixé au premier trimestre de 2025. Ce plan comprend notamment une baisse des ventes au réseau en Amérique du Nord de plus de 200 000 véhicules au second semestre (contre 100 000 auparavant), une augmentation des promotions, des ajustements de coûts et de capacité.

D’autant que le contexte automobile mondial n’aide pas, rappelle Stellantis, ce dernier étant marqué par une prévision de marché 2024 en baisse par rapport au début de l’année et par une concurrence chinoise accrue. Le groupe semble donc bien avoir révisé ses priorités et être à la manœuvre pour résister à l’ensemble de ces vents contraires. En témoigne sa coentreprise avec le constructeur Leapmotor pour faire face à l’offensive électrique chinoise, les mesures prises aux États-Unis ou le report de certains autres investissements.

 

Une mise en garde attendue

 

Ces différentes actions n’auront néanmoins pas permis au groupe de dégager suffisamment l’horizon pour maintenir ses ambitions annuelles. Cet avertissement était "quelque peu attendu (et même espéré) compte tenu de l’affaiblissement de l’environnement macroéconomique et de la nécessité pour l’équipementier de résoudre ses propres problèmes", estime le cabinet Oddo BHF. Mais "l’ampleur de la réduction de ce matin est un choc […] et soulève des questions importantes sur la visibilité de la direction sur l’entreprise", poursuit-il.

Cette mise en garde prend, de plus, place dans un contexte où des échos concernant l’insatisfaction du président du groupe, John Elkann, quant à sa situation commerciale aux États-Unis ont fuité dans la presse. Il ne serait pas question d’un changement immédiat de direction, puisque le mandat de Carlos Tavares s’achèvera début 2026.

Mais le processus de succession de celui qui dirige le groupe depuis sa naissance, à la suite de la fusion entre Fiat et PSA, serait bel et bien lancé. Une réunion "prévue de longue date" devrait avoir lieu début octobre au siège américain du groupe, près de Détroit, où la question sera notamment à l’ordre du jour. "À un peu plus d’un an de l’échéance d’un contrat de cinq ans signé en janvier 2021, il est tout à fait normal qu’un conseil d’administration se penche sur le sujet avec la nécessaire anticipation au regard de l’importance du poste, sans que ceci présage de discussions futures", a indiqué Stellantis dans un bref communiqué adressé à l’Agence France Presse.

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