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La reprise des marges nettes d'intérêts des banques françaises se fait attendre / La réévaluation des bilans progresse lentement
Les résultats du troisième trimestre des banques françaises qui seront publiés entre fin octobre et début novembre seront scrutés sur un point en particulier : l’évolution de leur revenu net d’intérêt, une mesure clé des bénéfices sur les prêts moins les coûts des dépôts.
En début d’année, le raisonnement était simple. Après avoir souffert en 2022 et en 2023 de la très faible sensibilité de leur portefeuille de prêts (pour la plupart à taux fixes) à la hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE), les banques françaises devaient prendre leur revanche en 2024, l’écart entre la rentabilité de leurs prêts et le coût de leurs dépôts devant commencer à s’améliorer.
Or, comme le constate l’agence européenne Scope Ratings, "la réévaluation des bilans des banques françaises prend plus de temps que prévu, ce qui exerce une pression persistante sur leur rentabilité".
L’été 2024 aurait dû marquer le début d'une nouvelle ère d'augmentation des marges d'intérêt nettes (fortement influencées par la banque de détail nationale) des établissements tricolores qui aurait comblé l'écart avec les autres banques de l'UE. "Mais cela prend plus de temps en raison de deux vents contraires puissants", souligne l’agence de notation, même si toutes ne sont pas exactement logées à la même enseigne, la banque de détail française de Crédit Agricole SA s’étant distinguée par rapport à celle de ses consoeurs.
Le premier vent contraire est la production limitée de nouveaux prêts, en particulier dans la banque de détail nationale, qui est essentielle pour la réévaluation des prêts. Le second est la migration continue des dépôts des clients des comptes non rémunérés vers les comptes rémunérés, ce qui a un impact sur le bêta des dépôts (qui mesure la sensibilité du coût des dépôts aux variations des taux d'intérêt à court terme).
En outre, les perspectives économiques de la France restent incertaines, surtout dans le contexte politique tendu qui a suivi les récentes élections. Si la migration des dépôts devrait ralentir du fait que les déposants voudront conserver une partie de leurs fonds très liquide, le consensus penche en faveur de taux de politique monétaire plus bas à l'avenir, "ce qui aura un impact sur le bêta des dépôts, quel que soit le comportement des clients", pointe Scope.
Heureusement, les activités de banque de financement et d’investissement (BFI) ont fortement soutenu les résultats du deuxième trimestre. Les banques tricolores "ont également fait des efforts décisifs pour contenir leurs coûts, bien que les effets de ciseaux aient été modestes au deuxième trimestre", observe l’agence.
Par ailleurs, Scope estime que la période prolongée de faibles marges d'intérêt a encouragé les banques "à ajuster et à diversifier leurs modèles d'affaires au-delà de leurs bastions dans la banque de détail domestique". Une tendance illustrée par le projet stratégique Vision 2030 de BPCE notamment tourné vers la diversification de ses activités, ou encore les négociations exclusives entamées par BNP Paribas pour acquérir les gestionnaires d’actifs Axa IM.
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