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Stellantis / Carlos Tavares / Sochaux / Analystes financiers
Carlos Tavares tente de calmer le jeu sur les difficultés de Stellantis / Mais les analystes financiers se montrent circonspects
Il fallait essayer de rassurer. Les dernières semaines n’ont pas été de tout repos pour Stellantis, entre la mise en lumière de ses difficultés nord-américaines, des rappels de véhicules défectueux, ou encore une grogne grandissante chez les syndicats américains et italiens. Et, surtout, la révision à grande échelle des perspectives annuelles du constructeur automobile lundi, dont l’ampleur a fait l’effet d’une douche froide aux marchés. Ce jeudi, en déplacement dans l’usine de Sochaux du groupe, son directeur général Carlos Tavares a donc semblé vouloir contenir les inquiétudes en affichant son sang-froid.
Attribuant l’avertissement sur la marge et le free cash-flow à une erreur opérationnelle aux États-Unis, le patron de Stellantis a indiqué que cela ne soulevait pas de question quant à sa stratégie. D’autant que la plupart des acteurs de son secteur se sont aussi prêtés à l’exercice, alors que Mercedes-Benz, BMW ou Volkswagen avaient tiré la sonnette d’alarme sur leurs résultats financiers avant Stellantis. Également interrogé sur son avenir à l’issue de son contrat (ce dernier prenant fin début 2026 et différentes rumeurs faisant état de l’insatisfaction du président de Stellantis, John Elkann, quant à la situation américaine du groupe), Carlos Tavares a simplement laissé entendre que son départ de l'entreprise en temps voulu pourrait être une option. Mais a aussi pointé qu’il avait amplement le temps de résoudre les difficultés du constructeur avant l’expiration de son contrat.
Peu de lumière au bout du tunnel
Il faut dire, néanmoins, que la situation de Stellantis aux États-Unis, regroupant des stocks excessifs, des problèmes de qualité et une baisse de sa rentabilité, semble bel et bien embourbée dans des difficultés croissantes. Certes, le groupe a regagné des parts de marché au mois d’août et ses ventes s’y sont légèrement reprises. Reste que sur l’ensemble du troisième trimestre, le constat est clair : FCA, sa filiale nord-américaine, a révélé cette semaine des performances en berne et notamment du côté de ses marques phares, Jeep et RAM.
La première a vu ses ventes reculer de 6 % sur la période, celles de la seconde ont même décroché de 19 %. Point positif ? Le niveau des stocks, qui a été réduit de 11,6 %. Un mouvement appelé à se poursuivre au fil de l’année, grâce à des opérations promotionnelles en cours, a assuré le constructeur. Mais le tableau général s'est assombri, puisqu'à fin septembre 2024, les ventes américaines du groupe ont chuté de 20 % sur un an.
Pendant ce temps-là
Autant de signaux qui n'auront pas échappé aux opérateurs de marché. Car pendant que Carlos Tavares s’exprimait dans le Doubs, à la Bourse de Paris, le titre de Stellantis continuait de trébucher. Après s'être incliné de 14,74 % lundi, à la suite de l’avertissement sur les résultats, le groupe issu de la fusion entre Fiat Chrysler et PSA clôturait la séance de jeudi sur une baisse de 4,09 %. En cause, cette fois, les changements de cap de la communauté financière à son égard. Déjà, en début de semaine, Oddo BHF dégradait son conseil sur le titre de "surperformance" à "neutre", s’inquiétant notamment de l’envergure de la révision des objectifs financiers et du manque de visibilité apparent de la direction de l’entreprise.
Jeudi, c’était au tour de la banque britannique Barclays de se montrer réservée sur Stellantis en rétrogradant son avis à "pondération en ligne", contre "surpondérer" auparavant. Admettant avoir tardé à prendre conscience des problèmes de stocks du groupe aux États-Unis et du recul de ses parts de marché, Barclays soulignait aussi son étonnement quant à l’ampleur de la revue des objectifs, alors même que ces derniers avaient été réaffirmés à plusieurs reprises. Le groupe franco-italo-américain n’aura néanmoins pas été le seul à être soumis à ce sort, puisque Barclays a également dégradé son avis sur Mercedes-Benz et Porsche. "2024 devait être une année de transition, mais elle pourrait simplement devenir l’année de la "chute de la grâce" pour Stellantis, dont le statut serait finalement revenu à la normale (par rapport à ses pairs)", commentait de son côté le bureau d’études de Stifel mercredi. Ce vendredi, malgré une évolution de son titre en territoire positif depuis l'ouverture de la Bourse de Paris, le groupe devrait en tout cas signer la pire performance hebdomadaire du CAC 40, en ayant perdu environ 16 % sur cinq jours.
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