WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Bonduelle

Entreprises / Actions
Bonduelle

Bonduelle veut revitaliser la conserve / Et retrouver des marges de manœuvre financières

Avec le lancement de son plan « Transform to Win », Bonduelle s’engage dans une transformation profonde pour améliorer sa rentabilité et repositionner ses produits. La nouvelle stratégie du groupe, présentée par Xavier Unkovic un peu plus d’un an après son arrivée, met l’accent sur l’excellence opérationnelle, l’innovation, et le redéploiement aux États-Unis. Sans oublier la dimension extra-financière avec l’objectif annoncé d’obtenir la certification B Corp pour la quasi-totalité du chiffre d’affaires d’ici 2025.
Xavier Unkovic, directeur général du groupe Bonduelle, et Céline Barral, directrice RSE et communication corporate, lors de la présentation du plan "Transform to Win"
Xavier Unkovic, directeur général du groupe Bonduelle, et Céline Barral, directrice RSE et communication corporate, lors de la présentation du plan "Transform to Win"

"Qu’est-ce que le haricot vert, les épinards, le céleri et le concombre ont en commun ?". Réponse, le silicium, oligo-élément ayant la capacité de stimuler la production naturelle du collagène, aux vertus anti-âge bien connues. Sans être bien sûr le sujet central, la diététique était présente lors de la présentation lundi par Bonduelle de son plan de transformation en trois ans, baptisé "Transform to win".

Ce plan visera évidemment en premier lieu à l’amélioration de la performance financière de l’entreprise, qui, elle, "passera obligatoirement par une excellence opérationnelle qui deviendra la norme chez Bonduelle", a souligné Xavier Unkovic, le directeur général du groupe. Et pour ce faire, il s’appuiera aussi sur une nouvelle façon de mettre en avant les bienfaits du produit lui-même.

 

"Faire savoir"

 

"Vous allez voir Bonduelle entrer de plus en plus dans une démarche de 'faire savoir', beaucoup plus qu’auparavant", a souligné le dirigeant arrivé à la tête du groupe en juin 2023. C’est pour cela que le groupe va mettre en place une équipe dont la mission sera tout spécialement de "revitaliser cette conserve, revitaliser les produits qui sont préservés dans cette conserve sans conservateurs. Il est de notre responsabilité de faire comprendre que ces légumes […] sont beaux et sont bons", a-t-il ajouté.

Cette stratégie autour des marques et de l’innovation qui "revient au cœur de l’entreprise", va s’accompagner d’objectifs précis par géographie. En Europe, il s’agit de préserver la rentabilité en se différenciant, en accélérant le développement du traiteur en France et en Italie, tandis que le groupe a tout récemment annoncé son intention de céder son activité salade en sachet en France et Allemagne, structurellement déficitaire.

"Nous étions obligés de le faire pour pouvoir investir dans d’autres activités où nous avons un vrai potentiel pour nos marques ", a justifié Xavier Unkovic.

 

Plein phare sur les États-Unis

 

En termes de géographie, le principal enjeu se trouve en Amérique du Nord, dont le dirigeant est un fin connaisseur pour y avoir passé la majeure partie de sa carrière (notamment chez Royal Canin et au sein du groupe Mars). En un peu plus d’un an aux commandes de l’entreprise, le dirigeant a ainsi pu élaborer la stratégie devant lui permettre de résoudre les difficultés de Bonduelle dans cette région stratégique.

On rappelle que le groupe s’était délesté en 2022 d’une participation majoritaire dans une activité très tournée vers les produits vendus sous marques de distributeur (MDD). Et le changement d’approche est radical. Bonduelle a mis en place en l’espace de six mois un plan de lancement de la marque historique Bonduelle aux États-Unis. "C’est de cette façon, nous en sommes persuadés, que la marque Bonduelle pourra redevenir profitable", a souligné Xavier Unkovic.

 

100 % B Corp en 2025

 

La nouvelle feuille de route de Bonduelle ne pouvait pas faire l’impasse sur l’aspect extra-financier, qui va dorénavant devenir beaucoup plus visible. Le groupe a annoncé lundi que plus de 80 % de son chiffre d’affaires était désormais certifié B Corp, ce label à la renommée internationale, lancé en 2006 aux États-unis avec l’intention de repenser la notion de succès en mettant les performances des entreprises au service de l’intérêt général. L’objectif est de labelliser l’ensemble du groupe d’ici 2025.

La transformation de Bonduelle a commencé alors que spécialiste français du légume sous toutes ses formes a connu un exercice 2023-2024 mi-figue mi-raisin. Le chiffre d’affaires s’est inscrit en hausse de 2,7 % à périmètre et taux de change constants, s’établissant à 2,37 milliards d’euros. Une croissance qui s’est faite avec des volumes en retrait de 3,5 %, raison pour laquelle le groupe n’est pas parvenu à atteindre la croissance de 5 % qu’il visait au début de son exercice 2023-2024.

En matière de rentabilité, l’amélioration de la marge opérationnelle courante passée en un an de 2,7 % à 3,2 %, a été rendue possible par " nos programmes d’amélioration de l’efficacité et de l’efficience de nos sites industriels, et d’autre part une extrême vigilance sur l’évolution de nos frais de structure et de nos frais généraux", a souligné Gregory Sanson, le directeur financier du groupe Bonduelle.

 

Des dépréciations pour tourner la page

 

Le résultat net est, lui, largement tombé dans le rouge, plombé principalement par la dépréciation d’une partie du goodwill des activités frais en Amérique du Nord. Soit l’écart entre la valeur des actifs au bilan du groupe et la génération attendue de flux de trésorerie actualisé sur un horizon de moyen terme. "Le chemin du redressement est engagé, il prendra un peu plus de temps qu’escompté et nous en tirons les conséquences", a expliqué Gregory Sanson.

Avec un levier d’endettement - correspondant au ratio de dette financière nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) récurrent - de 3,56, légèrement au-dessus du seuil maximal de 3,5 fixé par la famille fondatrice, qui contrôle toujours la majorité du capital de l’entreprise, "nous n’avons pas, aujourd’hui, de marge de manœuvre pour investir dans des développements ", a poursuivi le directeur financier. D’où "l’impérieuse nécessité, d’une part, d’améliorer notre rentabilité, mais également de travailler sur les capitaux employés, c’est-à-dire d’être plus économe des moyens qui sont mis à disposition de l’entreprise ", a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, le groupe a pour objectif, pour cette année 2024-2025 de transition, une stabilité de son activité et de son résultat opérationnel courant, en données comparables, "afin de pouvoir rebondir l’année prochaine puis d’accélérer", a indiqué Xavier Unkovic.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article