Macro-économie / Taux / PLFSS / PLF / Laurent Saint-Martin / Antoine Armand
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PLFSS / PLF / Laurent Saint-Martin / Antoine Armand
Alerte : le PLF 2025 compte concilier croissance et redressement des comptes publics
Les ministres Antoine Armand, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, et Laurent Saint Martin, ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics, ont lourdement insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas de cure d’austérité en France et qu’ils estiment que le ciblage des mesures de redressement doit permettre de limiter l’impact de la politique budgétaire sur l’activité. Ils inscrivent également leur prévision dans le paysage des conjectures et que tant pour 2024 que 2025, elle ne se situe en aucun cas au-dessus de celles des différentes institutions.
Concernant l’an prochain, il est question d’une croissance de 1,1 % qui est inférieure tant à celle attendue par l’OCDE que par la Banque de France ou encore par la Commission Européenne. Le Haut conseil des finances publiques (HCFP) vient néanmoins de rendre son avis sur le projet de loi de finance (PLF) 2025 et considère la prévision comme apparaissant "en premier lieu un peu élevée" et ce "compte tenu de l’orientation restrictive du scénario de finances publiques associé, qui se traduit notamment par un repli de la demande publique".
La question de l’ampleur du redressement des comptes publics a été précisée à nouveau par les ministres, il ne s’agit pas à leurs yeux tant de répondre aux injonctions du pacte de stabilité et de croissance que de répondre à une nécessité pour l’Hexagone. Ils ont insisté sur le fait que cet ajustement était supérieur à ce qui était demandé par la Commission européenne. L’effort de 60 milliards d’euros connu depuis la semaine passée, aux deux tiers sur les dépenses et au tiers sur les recettes, doit permettre de revenir à 5 % de déficit en 2025 et à 3 % en 2029. Les ministres font le pari d’arriver à faire mieux avec moins d’effectifs et ne dégradant pas le service public.
Le HCFP estime quant à lui que cet effort proviendra principalement des hausses d’impôts et que sur un effort structurel de 42 milliards d’euros, il serait en effet à 70 % comme reposant sur des "mesures de hausse des prélèvements obligatoires (30 milliards d’euros, soit un point de PIB)" et à 30 % sur la dépense.
Tout en ne souhaitant pas dramatiser la question de la dette, son caractère éminemment politique a été martelé par Antoine Armand, qui a argué que " la question de la dette, c’est un enjeu de souveraineté car, si nous ne pouvons plus nous financer sur les marchés, nous ne pourrons pas continuer de préparer l’avenir avec le nucléaire et les nouvelles technologies, et nous dépendrons des autres ". La possibilité de voir la charge de la dette devenir le premier poste de dépense de l’État est réelle selon Antoine Armand "si nous ne faisons rien".
Confronté à la nécessité de protéger les piliers de la croissance, le projet de loi de finance 2025 sonne le glas d’aides liées aux crises et à l’inflation. Le PLF 2025 compte notamment amortir les effets du bouclier tarifaire, portant sur l’électricité, sur les comptes publics en adoptant les tarifs normaux d’accise. Pour rappel l’État avait renoncé à des recettes provenant de l’accise sur l’électricité de 2022 à 2024, comme annoncé de longue date la sortie de ce bouclier fiscal sera effective au 1er février prochain.
Les déconvenues dans le pilotage des finances publiques n’ont pas été éludées, il a été annoncé une amélioration des capacités tant de prévision que de suivi de la dépense et des recettes publiques. Une plus grande efficience qui sera également recherchée du côté du service public que ce soit par le biais de la numérisation, de la simplification normative ou encore de la fusion d’organismes.
A priorité nationale, effort partagé par l’ensemble des citoyens. La dynamique des prestations de retraite doit être maîtrisée avance le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025. Il a été rappelé aujourd’hui que la revalorisation des retraites de base en 2024 avait coûté près de 14 milliards d’euros. Le décalage de la revalorisation de ces dernières du premier janvier au premier juillet à compter de 2025, ouvre la voie à de nouvelles économies dans les années à venir. Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) salue l’amélioration du solde permise par la réforme des retraites en 2023, estimée à 4 milliards d’euros, tout en soulignant qu’il faudra en faire plus pour résorber le déficit de la sécurité sociale.
L’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) est également sujet à cette question de maîtrise, un objectif d’autant plus difficile à tenir qu’une nouvelle convention médicale a été signé en juin dernier. L’Ondam devrait progresser de 2,8 % en 2025. Néanmoins le PLFSS est confiant quant au redressement du solde de la sécurité sociale, évoquant des dépenses certes en progression de 2,8 % là où les recettes augmenteraient de 3,2 %.
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